C’est mon histoire: « Je vis à 6 000 km de mon amoureux »

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Juin 12 2019 Par
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Depuis maintenant neuf ans, Isabelle entretient une relation passionnée Avec Mikel, un bel espagnol. Une histoire d’amour qui contredit l’expression « loin des yeux, loin du coeur »!

C’était au printemps 2010. Je dînais avec des collègues du centre hospitalier montréalais où je travaillais comme infirmière. Quand je leur ai annoncé que j’avais été invitée à participer à une conférence en France quelques mois plus tard, Charles, un microbiologiste, m’a alors lancé que son ami basque pourrait me faire visiter Hendaye, pas très loin en train. Je l’ai remercié en ajoutant que je prévoyais plutôt visiter Grenoble, Annecy ou Chamonix… et que je pouvais très bien organiser moi-même mon voyage.

Un mois plus tard, mon collègue me montrait une photo de son fameux ami, qui s’appelait Mikel. «Il a l’air sympathique», ai-je dit spontanément. Il n’en fallait pas plus pour qu’il nous mette en contact. Pendant l’été, j’ai échangé quelques courriels avec Mikel. Il m’offrait de m’héberger chez lui lors de mon passage à Vitoria, en Espagne, me spécifiant qu’il devrait travailler, mais qu’il pourrait prendre quelques jours de congé pour me faire visiter la côte basque. Je me trouvais audacieuse de loger chez un inconnu, mais je me disais que je pourrais toujours aller à Barcelone si ça ne se déroulait pas comme prévu.

Le 1er octobre 2010, j’ai pris le train de Nantes à Hendaye, comme mon collègue Charles l’avait si bien prédit. Le lendemain, j’ai vu apparaître un homme élégant et souriant à la piscine de mon hôtel. C’était Mikel. Il avait eu la gentillesse de venir me chercher pour qu’on fasse la route ensemble jusqu’à Biarritz. «¡Holà Isabelle!» On s’est arrêtés à une terrasse qui donnait sur la mer, tout près d’un phare. Devant un magnifique coucher de soleil, on a pris un verre de vin, tout en discutant en anglais. Ma première impression était très positive. Mikel m’inspirait confiance. Il m’a plus tard avoué que plus la discussion évoluait, plus il se disait: «Attention Mikel, cette femme est intéressante, mais elle habite au Canada.» Malgré ses réticences, le charme n’a pas tardé à faire son effet: deux jours plus tard, on s’embrassait pour la toute première fois.

Dans les jours qui ont suivi, Mikel s’est libéré du travail beaucoup plus souvent qu’il ne l’avait prévu. On a fait des randonnées en montagne, visité San Sebastián, Bilbao et les vignobles du Rioja, mangé des pintxos – des tapas basques – et bu de nombreux verres de vin. Il m’a présenté à sa famille et à ses amis. Malheureusement, mon séjour tirait à sa fin. À l’aéroport, les adieux ont été très difficiles. Après avoir franchi les douanes, je l’ai aperçu à travers la vitre, immobile au milieu de la foule, pleurant comme un enfant. J’avais le coeur en mille morceaux et la tête remplie de questions. J’ignorais s’il y aurait une suite
à notre idylle. Ce qui était clair, c’est que Mikel correspondait parfaitement au type d’homme que je cherchais… et que 6 000 km nous séparaient!

Les semaines ont passé sans qu’on ne cesse de s’écrire et de se parler. Mikel m’a proposé de me visiter à Montréal pour Noël. Ce serait l’occasion de valider nos sentiments. Je l’ai accueilli à l’aéroport avec mon collègue Charles, à qui on devait cette si belle rencontre. Le moment de nos retrouvailles a été magique. Mikel m’a confié plus tard que dès l’instant où il a touché ma main, il a su qu’il était vraiment amoureux. Il y avait une telle chimie entre nous! Mais au bout d’une semaine, il a dû retourner en Espagne. En septembre 2012, j’ai pu prendre un congé à traitement différé pour passer six mois avec lui au Pays basque. Pendant ce séjour, on a enfin pu enfin vivre au quotidien ensemble. On en a savouré chaque seconde. Une fois de plus, on avait la confirmation qu’on voulait poursuivre cette relation atypique.

Depuis ce temps, on se donne rendez-vous de part et d’autre de l’Atlantique, quatre à sept fois par année. Mikel possède une entreprise dans le domaine du commerce international et peut se libérer de son travail plus facilement que moi. Il n’est d’ailleurs pas rare qu’il me fasse des visites surprises, comme ce soir de décembre où il est arrivé chez moi, en pleine tempête, avec un chapeau de père Noël sur la tête. C’est un grand romantique et malgré l’éloignement, il me fait sentir sa présence de multiples façons. Il a fait livrer un magnifique bouquet et une photo de nous deux à l’hôtel de Québec où je logeais pour assister à une conférence. Un soir, alors que je mangeais au restaurant avec des copines, la serveuse est arrivée les bras chargés de fleurs pour chacune d’entre nous. Pour mon anniversaire, il a fait publier un mot doux dans le journal Métro. Pendant un concert de Bïa, il m’a dédié la chanson Besame mucho. Ces petites attentions, Mikel les orchestre de l’Espagne. Avec les années, il a même appris à parler français!

Les conjoints de mes amies trouvent que mon bel Espagnol met la barre bien haut! Il y a certainement désavantages à ne pas partager le quotidien de quelqu’un: chaque fois qu’on se revoit, on a l’impression de vivre une lune de miel. Reste que les jours qui précèdent notre séparation sont particulièrement difficiles. Ce qui nous aide à tenir est de savoir qu’un autre séjour ensemble nous attend bientôt. En 2017, alors que j’étais en vacances au Pays basque, Mikel m’a proposé de retourner à la terrasse de Biarritz où nous avions passé notre première soirée. Au coucher du soleil, nous sommes descendus sur la plage, près du phare. Il m’a alors tendu un écrin. En ouvrant, je suis restée sans mot – ni en français, ni en anglais, ni en basque, ni en espagnol. Il s’agissait d’une bague de fiançailles. Chaque fois qu’on se quitte, on se demande si on a envie de poursuivre cette relation si particulière. Depuis neuf ans, la réponse est «oui». Il ne nous reste plus qu’à patienter jusqu’en 2027, le moment prévu de notre retraite. Alors, il n’y aura plus d’adieux déchirants à l’aéroport. On partagera nos vies entre le Pays basque et le Québec. Ensemble.

Illustration: Elsa Rigaldes

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