Elle s’apprête à remonter sur les planches en juillet, pour présenter un nouveau spectacle d’humour. Mais c’est une tout autre facette de sa personnalité que Lise Dion, 55 ans, dévoile dans son premier ouvrage, Les secrets du coffre bleu (Libre Expression). Et pour cause. Elle y retrace la vie tragique de sa mère adoptive, élevée dans un orphelinat, devenue religieuse en France à l’aube de la Seconde Guerre mondiale et internée dans un camp nazi pendant quatre ans.

1. Vous racontez dans le livre qu’à la mort de votre mère vous avez découvert dans un coffre des cahiers écrits par elle, une lettre qui vous était adressée, et toutes sortes d’objets lui ayant appartenu. Est-ce vrai?

Il n’y avait pas de cahiers. Ma mère m’avait raconté son expérience dans le camp, par bribes. J’ai brodé à partir des faits réels et des recherches que j’ai effectuées pendant plusieurs années. Le coffre ne contenait pas non plus de lettre à mon nom, mais il y avait des papiers, dont celui témoignant de son arrestation en Bretagne. D’autres documents dévoilaient qu’elle avait été religieuse. Elle avait gardé ça secret; c’était la première fois que j’en entendais parler…

2. Qu’est-ce qui vous a motivée à écrire cette oeuvre?

Je voulais rendre hommage à ma mère, à son courage. C’était une battante. Bien sûr, elle avait de la peine, de la rage en elle. Mais elle a transformé ça en volonté de vivre. Elle est devenue épicurienne: elle avait tellement manqué de tout.

3. Comment avez-vous vécu cette première expérience littéraire?

Baigner dans le drame plutôt que dans la comédie, c’était nouveau pour moi. D’habitude, je suis plutôt du genre à penser au punch, alors que là, je devais donner des détails, développer mes personnages… J’avais peur d’être trop fleur bleue, trop gnangnan. Quand j’ai écrit les premiers chapitres, j’avais un pot de Rolaids à côté de moi! Maintenant que c’est terminé, je peux dire que je suis contente. Contente d’avoir fait ça pour ma mère: j’ai l’impression d’avoir mis un baume sur ses blessures. Et puis ça m’a donné envie de continuer à écrire, probablement de la fiction pure.

 

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