Avez-vous déjà eu des fuites urinaires en riant, en toussant, en éternuant ou en sautant? L’incontinence est une condition fonctionnelle plus commune qu’on pourrait le croire; elle affecte une femme sur trois, en fait. Il y a une foule de moments où elle peut se manifester: durant la grossesse, après avoir accouché, pendant la périménopause, lorsqu’on prend certains médicaments ou, encore, lorsqu’on est régulièrement constipée. Bien que l’expérience de chaque personne soit unique, un élément relie la réalité des femmes: c’est l’isolement social qu’entraîne l’incontinence, ce qui fait qu’on parle très peu de la santé de la vessie et de la façon naturelle dont le corps féminin change.

Pour souligner le Mois de la sensibilisation à la santé de la vessie en novembre et aider à dissiper la honte entourant des enjeux importants liés à la santé féminine, ELLE Canada a organisé un évènement de dorlotage et de discussion en partenariat avec TENA, la première marque de produits d’incontinence au Canada. Ce rendez-vous s’est déroulé au Majesty’s Pleasure, dans le quartier Yorkville, à Toronto.

Brandon Dacosta

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Les invitées ont profité de petits moments de détente (en recevant un minimassage et une manucure!) pendant que Melissa Fejtek, animatrice de l’évènement et cheffe de contenu numérique au ELLE Canada, lançait une conversation amicale avec elles au sujet de leur corps, des changements qui s’y produisent et des façons de venir à bout du mal-être qu’occasionne toujours l’incontinence. Les participantes? Kim Vopni (« The Vagina Coach »), qui, par son programme d’exercices, aide les femmes depuis plus de 15 ans à renforcer leur plancher pelvien, et qui accompagne celles qui vivent une grossesse, qui ont accouché et qui sont en ménopause; Roxy Earle, vedette de la télévision, entrepreneuse qui a cofondé The Ana App, une application conçue pour améliorer la confiance en soi en lien avec le cycle menstruel et la fertilité; et Sonia Jhas, experte en bien-être.

Brandon Dacosta

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Ensemble, elles ont parlé de la manière de contrer l’isolement que provoque l’incontinence, de la gestion de la santé de la vessie, du sens réel du mot « incontinence» (il n’est pas toujours clair pour bon nombre d’entre nous). « On nous dit souvent que cela fait tout simplement partie de la condition féminine – que c’est ce qui arrive quand on vieillit ou après qu’on a donné naissance à un enfant, dit Kim Vopni. Oui, ce sont des causes potentielles. Et bien que les fuites ne soient pas normales, elles sont très communes, mais elles peuvent être traitées .»

Brandon Dacosta

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Il ne fait aucun doute que la stigmatisation contribue énormément à la culture du secret. Mais qu’arriverait-il si au lieu de dissimuler cette expérience commune aux femmes, on la mettait en lumière? « Il est déjà assez difficile d’être une femme: pourquoi perpétuer la nature taboue d’un état qui, bien qu’il ne soit pas normal, est si répandu? demande Sonia Jhas. Cette culture du secret nous mène vers une voie sans issue. On essaie de régler ce problème seule, de faire comme si de rien n’était et d’en rire, alors qu’en réalité, des sentiments de honte et d’échec y sont rattachés. Le côté tabou n’est pas nécessaire. »

Parler – à nos amis, à nos familles, à des gens en qui on a confiance – de nos difficultés relatives à l’incontinence peut nous aider non seulement à nous libérer de cette insécurité, mais aussi à encourager les autres à se confier. Et comme on passe beaucoup de temps en ligne, ce conseil s’applique aussi aux espaces numériques. À l’ère où les comportements sur les médias sociaux vont davantage vers la transparence – et non seulement vers la perfection –, les plateformes peuvent être utiles pour venir à bout de la honte à grande échelle ou à un échelon plus local. «Quand les femmes voient d’autres femmes fonder des entreprises, rester actives et faire toutes les choses qu’elles croyaient impossibles à réaliser parce qu’elles étaient limitées ou gênées par une dysfonction de leur plancher pelvien, ça ouvre un espace sans jugement et ça les incite à explorer d’autres possibilités», dit Kim Vopni.

Brandon Dacosta

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Cette valorisation de l’honnêteté est une priorité pour l’experte Sonia Jhas, qui s’est engagée à parler des facettes plus difficiles de sa vie. En s’exprimant avec un plus grand degré de franchise sur sa plateforme, elle espère que « les gens se sentiront beaucoup moins seuls et beaucoup moins désespérés. »

Retrouver la confiance nécessaire pour aller chercher de l’aide, afin de pallier nos difficultés liées à l’incontinence, peut être un autre obstacle. Kim Vopni recommande de consulter une physiothérapeute formée en rééducation pelvienne et périnéale, car, selon elle, ce genre de spécialiste est « la ressource la plus sous-utilisée en matière de santé chez les femmes. » La bonne nouvelle: pas besoin d’obtenir une ordonnance médicale pour y avoir accès, et cette rencontre est une excellente occasion d’en apprendre plus sur notre corps et de le faire dans un environnement sécuritaire.

Brandon Dacosta

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Finalement, réussir à surmonter notre honte et à nous occuper de la santé de notre vessie de manière globale dépend de notre capacité à être à l’écoute de nous-mêmes. « Lorsqu’on est aux prises avec des difficultés physiques comme l’incontinence, il faut aborder chaque jour en cherchant à accorder notre corps et notre esprit », dit Sonia Jhas. À cette fin, elle propose des activités d’écriture dans un journal, de médiation et de respiration. « Il est important d’essayer d’être connectée avec soi-même au quotidien – même si ce n’est que pour comprendre comment on se sent ce jour-là. »

Brandon Dacosta

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