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Les territoires virtuels de l’artiste Jon Rafman

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Les territoires virtuels de l’artiste Jon Rafman

[caption id="attachment_14532" align="aligncenter" width="650"] Jon Rafman 9 eyes Rv888, Finnmark, Norvège, 2010 de Jon Rafman (Gracieuseté de l'artiste)[/caption] Des hommes armés se tenant sur le bord d’une route, un cheval se cabrant devant son maitre, un prisonnier en cavale, un tigre traversant un stationnement, une fourgonnette en flammes, un cerf galopant sur le bord d’un lac… Voilà quelques-unes des photos prises par l’artiste Jon Rafman. Pour capter ces images intrigantes, le Montréalais de 32 ans a parcouru la planète… sans jamais quitter son ordinateur. Ces clichés sont en fait des captures d’écran du site Google Street View, que Rafman a exploré pendant des jours et des nuits pour alimenter son projet 9 eyes. «Il existe une tension entre la caméra robotisée de Google, qui est totalement indifférente à ce qu’elle photographie au hasard, et le regard humain, qui décèle de la beauté, et du sens, dans ces images. On ne saura jamais vraiment dans quel contexte ont été prises chacune de ces photos, et c’est ce qui fait quelles sont entourées d’un aura de mystère», note l’artiste. [caption id="attachment_14533" align="aligncenter" width="650"] Jon Rafman 9 eyes Nacozari De Garcia, Montezuma, Sonora, Mexique, 2011 de Jon Rafman (Gracieuseté de l'artiste)[/caption] Rafman a aussi réalisé de nombreux courts-métrages à partir d’images tirées du site de géolocalisation ( You, the world and I), mais aussi de Second Life ( Codes of honor). «Mes projets sont souvent issus du désir d’explorer ces nouveaux mondes virtuels, que sont par exemple Google Street View ou Second Life», explique celui qui a également signé la vidéo Still Life (Betamale) du musicien brooklynois Oneohtrix Point Never. Jon Rafman se perçoit comme un flâneur, selon la définition qu’en faisait Charles Baudelaire. Soit un artiste qui déambule dans la ville pour y observer, au gré du hasard, les manifestations de la modernité. «Internet a quelque chose du Paris que Baudelaire explorait au 19 e siècle. On peut y expérimenter tant de choses en une seule journée: tomber en amour, lire de la philosophie, regarder un match sportif… C’est un monde à la fois riche et fragmenté.» Ces jours-ci, l’artiste a délaissé les mondes virtuels pour concevoir par ordinateur une série de dessins modélisés qu’il s’applique ensuite à matérialiser en sculptures et en installations, afin que ces œuvres existent à la fois réellement et virtuellement. «Les limites entre le virtuel et le réel sont plus floues que jamais, affirme-t-il. Par exemple, les émotions que l’on ressent lorsque l’on explore ces mondes virtuels ne sont pas moins réelles… C’est cette frontière incertaine qui m’intéresse.» [caption id="attachment_14534" align="aligncenter" width="450"] Jon Rafman New Age Demanded Leaned Kline de la série New Age Demanded de Jon Rafman (Gracieuseté de l'artiste)[/caption] Également à lire: Black Atlass signe la trame sonore d'une pub pour Yves Saint-Laurent La programmation supersonique de POP Montréal Téléchargez la playlist estivale d'Elle Québec
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