Culture
11 janv. 2013

Zero Dark Thirty : quand les filles vont en guerre

Par Veronique Alarie
Zero Dark Thirty

Zero Dark Thirty : quand les filles vont en guerre Auteur : Elle Québec

Culture
11 janv. 2013

Zero Dark Thirty : quand les filles vont en guerre

Par Veronique Alarie

Si Jessica Chastain ( The Help, The Tree of Life, Lawless...) s’attire les éloges de tous les critiques, depuis quelques années, c’est vraisemblablement son plus récent effort qui lui vaudra son tout premier oscar.

Dans Zero Dark Thirty, la jolie rouquine joue une agente de la CIA caractérielle qui tente de faire sa place dans un univers masculin et qui se croit investie d'une mission plus grande qu’elle: celle de venger l’Amérique des actes terroristes revendiqués par Al-Quaïda. Et à mesure que son enquête et sa traque d’Oussama Ben-Laden avancent (ou stagnent), à mesure qu’elle assiste à d’atroces séances de tortures et qu’elle subit la disparition de ses collègues et amis, on la voit s’endurcir, devenir agressive. De fil en aiguille, son personnage se déshumanise. Dans la salle de cinéma, j’ai cru percevoir quelques éclats de rire lors de certaines scènes où on la voyait, enragée, invectiver ses supérieurs. Un peu comme si le fait qu’une femme d’apparence aussi douce et délicate se mette en colère était forcément drôle. Pour ma part, je ne suis pas parvenue à reconnaître le caractère cocasse de ces scènes. Je ne pouvais m’empêcher de penser que sa rage n’avait rien d’amusant. Ni de glorieux, d’ailleurs. C’était avant tout celle d’une femme brisée. À ce titre, Jessica Chastain livre selon moi une performance mémorable. Quant à la réalisatrice Kathryn Bigelow ( The Hurt Locker), elle signe une œuvre importante qui «rentre dedans» et qui, en filigrane, questionne. Une œuvre qui, à sa façon, m’a gonflé le cœur d’un petit sentiment de fierté féministe.
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