C'est mon histoire

C'EST MON HISTOIRE: «J’ai vécu mon rêve au Festival de Cannes»

Auteur : Elle Québec

C'est mon histoire

C'EST MON HISTOIRE: «J’ai vécu mon rêve au Festival de Cannes»

Quand on est une danseuse, on rêve d'être étoile à l'opéra. Quand on est comédienne, on rêve de jouer dans un film en compétition au Festival de Cannes et de monter les marches du palais. Je m'appelle Jennifer, j'ai 28 ans, je suis comédienne et je viens de vivre mon premier Festival de Cannes! J'y étais déjà allée une fois, en observatrice de ce grand cirque médiatique, mais cette année, j'y suis retournée trois jours, bien décidée à profiter du festival pour faire avancer ma carrière.
    
J’ai commencé par perdre ma valise à l’aéroport de Nice.
Qu'à cela ne tienne. Je prends très vite mon rythme de croisière, pardon, de «Croisette», ce long boulevard qui longe la mer et les hôtels luxueux, comme le Carlton ou le Martinez. Passage obligé de tous les festivaliers, on y croise des touristes en short, des journalistes pressés, des paparazzis fouineurs et des stars (si on ouvre l'œil et qu'on est chanceux).  

Le matin, j'ai fait la rencontre d'un producteur de films «Bollywood». L'après-midi, j'ai parlé avec un jeune réalisateur anglais de 22 ans qui m'a confié qu'il préparait le tournage de son premier film. À la piscine de mon hôtel, j'ai nagé avec deux productrices anglaises qui m'ont donné les coordonnées d'une amie à elles, directrice de casting!

Une journée à Cannes ne se termine pas à 22h00 mais plutôt à 3h00 du matin. Après avoir dansé, je rentre chez moi, par la Croisette, et je tombe nez à nez avec le réalisateur espagnol Pedro Almodovar, mon idole! Il est seul. Mon esprit revient… et je lui tends une clé USB qui contient mon book et mon CV, en bredouillant en anglais: «J'adore tous vos films, je suis comédienne, voici mon book». Il m'a remerciée, a pris la clé USB, l'a mise dans sa poche et est reparti dans la nuit. Magique, tout simplement.

LA MONTÉE DES MARCHES

 Même si monter les marches au Festival de Cannes n'est pas en soi un acte cinématographique très artistique, c'était pour moi un rêve que je chérissais  depuis très longtemps.

Me voilà donc partie à la recherche du «Graal rectangulaire»: une invitation! Mais pour monter les marches, il faut soit connaitre des personnes bien placées, soit avoir de la chance. Assise à une  terrasse, je passe une heure à envoyer des textos et à laisser des messages dans des boites vocales, espérant un retour d'appel rapide. Il est 11h00 du matin: dans sept heures, je dois être sur le tapis rouge : il le faut!

Une heure avant l’ultime moment, je regarde mon cellulaire une millième fois, comme pour l'encourager à sonner, mais rien n'y fait. Je me résous donc à rejoindre une amie quand, sur le chemin, je surprends une conversation pour le moins… intéressante. Un couple est en pleine discussion à propos de la montée des marches de ce soir. D'autant plus que le thème de la discussion est «on ne peut pas y aller, on fait quoi des billets?». Je leur propose donc de les aider en acceptant ces billets. Ils se regardent et, sans un mot, me tendent ce après quoi j'ai couru toute la journée. La chance!

Le moment tant attendu arrive, j'avance vers les barrières situées en bas des marches, où de zélés fonctionnaires distinguent ceux qui ont le «Graal» de ceux qui ne l'ont pas. Tout va ensuite très vite, «Allez-y», me dit-on. Des centaines de personnes crient un prénom qui n'est pas le mien, des photographes agglutinés font de même en mitraillant une fille en robe de lumière. Je me sens paradoxalement très détendue. Je n'entends plus rien autour de moi. Je suis dans ma bulle, dans un monde de rêve, je me fais mon cinéma, je suis la star d'un film qui va remporter la Palme d'or et je vais recevoir le Prix d'interprétation… évidemment! Le rêve s'achève en haut des marches, un dernier regard vers l'arrière, la vue est hallucinante. J'ai les larmes aux yeux, tout ceci est faux, mon rêve est une illusion, mais quelle belle illusion... J'ai monté les marches de Cannes, des étoiles plein les yeux.

De retour chez moi, deux jours plus tard, mon téléphone sonne : c'est le réalisateur anglais... Il veut me voir pour me faire passer un casting... Je repense à la victoire d'Obama et je me dis: «Yes I Cannes!».

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