Société

Est-ce que seules les filles minces ont le droit de faire l’amour?

Elle Québec
Société

Est-ce que seules les filles minces ont le droit de faire l’amour?

[caption id="attachment_17715" align="aligncenter" width="650"] Photo de la série Les garçons, de Julie Artacho Photo de la série Les garçons, de Julie Artacho[/caption] Des draps froissés, des sous-vêtements balancés sur le plancher, des cheveux emmêlés, des cuisses, un sein… Pendant des mois, la photographe Julie Artacho a documenté les traces de sa vie sexuelle pour la série Les garçons. Cette collaboratrice de ELLE QUÉBEC dit avoir eu envie de faire ces photos pour se donner le droit d’être désirable et désirée malgré le fait que son corps ne corresponde pas aux standards de beauté. «J’ai grandi avec des films et des émissions de télévision où une femme ronde avait rarement le premier rôle, où elle était toujours l’amie, la mère de famille, la fille drôle ou la baise un peu trash ou weird, dont on est gêné le lendemain matin, confie Julie. Il y a si peu d’exemples de femmes rondes qui vivent une sexualité simple et normale dans la culture populaire qu’on se demande si c’est possible. Et, parallèlement, il y a peu d’exemples montrant aux hommes qu’il est tout à fait correct de trouver un corps rond beau et désirable.» La semaine passée, Julie a publié de nouveaux clichés de sa série sur le Tumblr This is better than porn, qui cherche à présenter des images de sexe différentes de celles que nous propose la porno. On la voit nue, au lit, avec un gars. La photo que vous voyez était du nombre et elle a également été publiée sur le compte Instagram du site, où elle a été signalée comme inappropriée. «Pourtant, une photo similaire d’un couple avec des corps “normaux” apparaît aussi sur ce compte Instagram et n’a jamais été censurée», déplore la photographe. Si Julie Artacho constate que le fat shaming sévit sur les réseaux sociaux, et que les gens réagissent dès qu’ils voient des corps différents, elle ne regrette pas d’avoir osé se mettre à nu. «Le commentaire que j’ai reçu le plus souvent est “Merci”. C’est, pour moi, la preuve irréfutable que ce projet est nécessaire. Peut-être qu’à force de voir des corps différents, les gens vont finir par s’en foutre du corps des autres, et s’autoriser à trouver beaux qui ils veulent. Il faut apprendre à se trouver beau pour soi, pas pour plaire aux autres.» À DÉCOUVRIR: Phénomène: génération porno 18 raisons de croire en l'avenir Sexiste, le Web? Culture du «bitchage»: les femmes sont-elles leurs pires ennemies?
Commentaires
Partage X
Société

Est-ce que seules les filles minces ont le droit de faire l’amour?