On l’appelle « l’île intense » et le surnom lui va comme un gant. Ancré dans l’océan Indien, à l’est de Madagascar, ce département français a vu 42 % de son territoire inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO pour ses paysages époustouflants! On y va pour prendre un bain de nature, explorer d’adorables bourgades et déguster les spécialités culinaires locales entre deux escales à la plage. En prime, ce dépaysement se vit sans barrière linguistique et à l’écart du surtourisme : La Réunion, qui compte 900 000 habitants, n’a accueilli que 580 000 visiteurs l’an dernier…

Le Nautile
Serge Gélabert

Sur les terres du volcan

Dominant l’est et le sud-est de l’île, le piton de la Fournaise (2632 m), l’un des volcans les plus actifs de la planète, façonne le relief par le feu.

Serpentant au-dessus des nuages, la route du Volcan nous rapproche de ses cratères. Au pas de Bellecombe, on pourrait presque s’attendre à voir surgir Zendaya dans Dune… Près de la plaine des Sables, le Gîte du Volcan est une superbe adresse, qui mise en plus sur l’autonomie durable. On y casse la croûte ou on y séjourne pour mieux découvrir ce monde lunaire.

Caroylne Parent

Gîte du volcan

Gîte du volcanGîte du volcan

On pourrait aussi s’offrir le luxe du spectaculaire Diana Dea Lodge & Spa, situé au cœur d’un domaine forestier. Ce serait même l’étape parfaite avant de mettre le cap sur le Sud Sauvage. En empruntant la route des Laves, entre Sainte-Rose et Saint-Philippe, nous voilà aux premières loges des coulées qui strient le massif jusqu’à l’océan. Un rare panorama.

Diana Dea Lodge

Cirques, remparts et villages

Le relief n’est pas moins tourmenté au centre de l’île. L’effondrement du piton des Neiges (3070 m), un volcan endormi, et l’érosion ont créé trois cirques aux remparts (falaises) vertigineux, qu’on explore en randonnée. J’ai emprunté le sentier du col des Bœufs jusqu’à La Nouvelle, un hameau du cirque de Mafate uniquement accessible à pied ou par hélicoptère. Gran-di-o-se !

Martin Huré

La Nouvelle

La NouvelleEmmanuel Virin

Autre zarlor (trésor) : les cases créoles aux dentelles de bois. Transformées en maisons d’hôtes, musées ou boutiques, elles ponctuent le paysage. Ma trifecta ? À Saint-Denis, la rue de Paris en est une vraie vitrine. L’office de tourisme occupe d’ailleurs la Maison Carrère, joliment restaurée. À voir : sa touchante exposition sur les nénènes (nounous, d’abord esclaves, puis engagées) des grandes familles locales.

À Hell-Bourg, la Maison Folio ressemble à une maison de poupées. Le bon plan pré- ou post-visite : savourer un gratin de « chouchou » (chayotte) et autres saveurs péi au bistrot Ô jardin d’A2 et passer la nuit à l’hôtel de montagne Sarana.

La Maison Folio

La Maison FolioSerge Gélabert

Côté lagon

À Saint-Paul, bienvenue à la Villa Rivière, la plus belle de toutes! Son aménagement intérieur et les commentaires du guide nous plongent dans la vie de la bourgeoise coloniale. Fascinant ! Comme cette petite ville donne aussi envie de flâner, direction Calicoco pour goûter au calisson local, fait de papaye verte et de noix de coco.

Le Nautile

La Villa Rivière

La Villa RivièreLa Villa Rivière

Filons ensuite à la mer par la route des Plages et le Cap de la Houssaye, pour un panorama sur l’océan qui fait dire « wahou ». À noter : en raison du risque requin, on privilégie la baignade dans le lagon et les plages protégées par des filets anti-squales.

Carolyne Parent
Lionel Ghighi

Équipée d’un tel filet, la plage de Boucan Canot est sublime. Mention spéciale pour sa petite esplanade animée de bars et restos. Et tout comme à Manapany-les-Bains, dans le Sud Sauvage, on y trouve un bassin de roche volcanique alimenté par l’eau de mer, où la baignade est sécuritaire.

Le lagon principal s’étire, lui, de L’Hermitage à Saint-Leu. Installons-nous au Nautile, à La Saline-les-Bains : c’est l’endroit rêvé pour barboter dans cette eau de cristal !

 

Le Nautile
Cédric Étienne

La logistique

  • Le bon moment : toute l’année, sauf en janvier et février, gare aux cyclones !
  • Le transport idéal : avec French bee via Paris. Le tarif de base permet d’apporter 12 kg de bagage avec nous, en cabine.
  • L’activité unique au monde : entre juin et octobre, l’observation respectueuse des baleines à bosse… en apnée!
  • Les plats à goûter, à l’image du métissage local : les « bouchons », inspirés des dim sum; les caris de tradition indienne; les rougails à base de tomates et d’épices, 100 % créoles; et la salade de palmiste (cœur de palmier), raffinée. Trop miam, celle que j’ai mangée au Grand Large, à Saint-Pierre.
  • Le produit à rapporter : la vanille Bourbon. On l’achète chez un producteur, comme l’Escale bleue, à Saint-Philippe, ou au marché de Saint-Paul.
Serge Gélabert
Carolyne Parent

À l’agenda

Le 20 décembre, c’est la Fèt Kaf, qui commémore l’abolition de l’esclavage. On se laisse alors envoûter par le maloya, à la fois chant, musique et danse des esclaves des plantations de canne à sucre, classé à l’UNESCO.

Carolyne Parent

L’auteure était l’invitée d’Île de la Réunion Tourisme, qui n’a eu aucun droit de regard sur ce texte.