Lorsque j’ai eu 40 ans, je me suis promis que je n’allais plus me taire, que j’allais oser prendre la parole sur des sujets plus importants, quitte à ne pas plaire à tout le monde. En tête de liste de mes priorités? Les inégalités, les droits des femmes et les violences faites aux femmes. Je me suis même fait tatouer le mot SORORITÉ sur l’avant-bras, comme un rappel de cette volonté de prise de parole.

Cela dit, hier matin, lorsque j’ai publié une storie en soutien à Léa Clermont-Dion — qui avait reçu un flot de commentaires odieux et misogynes suite aux propos dégradants du parolier Stéphane Venne découlant d’une simple photo de l’autrice —je n’avais aucune stratégie en tête. J’étais simplement outrée desdits propos qui laissaient sous-entendre que la tête penchée et la bouche ouverte de Léa sur ce cliché était une invitation à l’acte sexuel.

J’ai donc publié une de mes photos professionnelles, où j’avais, moi aussi, grande tentatrice du diable que je suis, osé prendre la pose « bouche ouverte et tête penchée ». Léa a immédiatement repartagé ma storie en invitant ses abonnés à suivre mon exemple et à entrer dans le mouvement #boucheouverte.

Et c’est à ce moment que la beauté a trouvé un chemin pour se faufiler dans les craques de la laideur. Instantanément, des dizaines et des dizaines de femmes (et quelques hommes!) ont répondu à l’appel et le mot-clic #boucheouverte a envahi les réseaux sociaux.

Jamais je n’aurais pu imaginer qu’une initiative provenant d’un profond ras-le-bol personnel pourrait prendre cette ampleur. J’ai passé les 24 dernières heures avec l’œil humide de fierté. Mais pas à mon égard. Je suis fière de nous toutes. Fière de voir les femmes s’épauler, se réconforter, et surtout, fière de les voir prendre la parole, la bouche grande ouverte.

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