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Style de vie

10 nouveautés culturelles à ne pas manquer ce mois-ci

Littérature, musique, théâtre : on vous partage les nouveautés culturelles à découvrir.

par : Elle Québec- 11 avr. 2025

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Musique

10 nouveautés culturelles à ne pas manquer ce mois-ciLéa Taillefer

Après avoir incarné la figure royale de la fabuleuse tournée Le Roy, la Rose et le Lou(p), en compagnie de ses amis Lou-Adriane Cassidy et Thierry Larose, Ariane Roy nous revient avec Dogue, un album qui — excusez-la — ne manque pas de chien. Comme en témoigne le premier extrait, Agneau, les métaphores animales abondent dans ce deuxième effort, tantôt docile, tantôt sauvage. «Contrairement au premier album, qui était un peu plus introspectif, un peu plus en mode journal intime, il y a quelque chose de plus frontal dans celui-ci, dit Ariane. Je l’ai construit autour d’archétypes et de symboles qui représentent différents aspects de ma personnalité. On y croise des sorcières, des chiennes, des femmes en colère… mais c’est libérateur, ce n’est pas sombre. Je veux assumer mes contradictions et me réapproprier la colère, qui peut être un sentiment noble et un moteur.» 

Tout au long de son voyage initiatique, Ariane déroule son fil, dosant l’humour noir et la fragilité. Elle manie l’autofiction avec adresse, mais dévoile parfois franchement des pans de son intimité. Sur la magnifique Âmes sœurs, elle aborde l’amitié cosmique qui l’unit à sa complice Lou-Adriane Cassidy, qui avait amorcé un dialogue en chanson avec elle dans sa pièce Ariane. «C’est ma toune d’amour de l’album!, précise la chanteuse, enthousiaste. C’est l’une des premières chansons que j’ai composées et la préférée de Lou, alors que la pièce n’avait même pas encore de paroles. J’ai passé des mois à essayer de trouver un texte, et quand j’ai entendu Ariane, je me suis dit qu’il fallait que je réponde à mon amie; et les mots sont venus tout seuls.» 

À la fois plus dansant et plus obscur, Dogue propose une pop subversive, dont les rythmes électroniques sont ponctués de sons parfois incongrus (clavecin, harpe). Des ballades succèdent à des rythmes abrasifs, et ces contrastes sont enrichis par la réalisation de Félix Petit. «Je savais que je voulais coréaliser l’album et explorer un certain type de beats, et je me suis simplement demandé qui pourrait le mieux magnifier mon approche. Félix s’est vite imposé. Il est super créatif, et très sensible; son but premier est toujours de comprendre l’artiste, d’entrer dans son univers, et ça a cliqué entre nous.» 

«Je suis consciente que ça ne plaira pas à tout le monde, mais je suis vraiment fière de cet album, conclut Ariane. Il y a littéralement un fil conducteur, des phrases qui se répètent d’une chanson à l’autre, ce qui crée une véritable cohérence; c’est un voyage au cœur de mon petit royaume.» 

Dogue, d’Ariane Roy (La maison fauve)

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Balado

10 nouveautés culturelles à ne pas manquer ce mois-ci

Si Lobna, Razan et Amel ont quitté leur pays natal (respectivement la Syrie, le Soudan et l’Algérie) dans l’espoir de vivre une vie sécuritaire pour elles et leur famille, elles ne se doutaient pas que ce changement de vie radical allait leur permettre de s’émanciper à ce point. Même si tout était à reconstruire, elles sont arrivées ici avec, dans leurs bagages, la détermination incommensurable de s’affranchir, et de le faire en participant activement à la société qui les a accueillies. Grâce notamment à un programme de jumelage, qui leur a permis de prendre contact et de discuter en toute simplicité avec des femmes nées ici, elles ont pu tranquillement apprivoiser leur culture d’adoption, qu’elles enrichissent aujourd’hui à leur tour. Alors que l’immigration et l’intégration sont des sujets politiques à la mode, débattus par des gens qui, trop souvent, n’en connaissent que théoriquement les principes, cette courte série documentaire nous permet de mieux comprendre les sacrifices et les actes d’abnégation que font ces femmes, les obstacles qu’elles doivent surmonter, mais aussi l’immense fierté qui les anime. J’ai écouté les quatre épisodes de ce nouveau balado — un véritable bijou pour l’âme — en faisant de longues promenades dans l’hiver glacial de janvier, et je ne compte plus le nombre de fois où je me suis arrêtée malgré le froid pénétrant, totalement happée par leurs propos. Le deuxième épisode, qui aborde notamment l’impact de l’immigration sur le couple et la famille, m’a émue aux larmes. Ce balado est finalement une ode à l’amitié, à la sororité et à la solidarité interculturelles, et il mérite grandement notre attention. 

Le balado Faire sa place — Récits d’immigration et d’émancipation est offert sur OHdio.

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Cinéma

10 nouveautés culturelles à ne pas manquer ce mois-ciLes films opale

Dans les années 1960, Roland, le cadet d’une grande famille, voit le jour avec un pied bot, une malformation qui l’empêche de marcher. Sa maman, Esther, refuse qu’il porte l’étiquette de handicapé. Elle va de médecin en médecin afin de tenter de trouver une solution. Elle cherche le miracle qui permettra à son fils de suivre le cours d’une vie normale. Esther est une mère haute en couleur, qui est prête à tout pour son f ils. Elle lui voue un amour inconditionnel, qui basculera au fil du temps vers une relation surprotectrice, quasi intrusive. Basé sur une histoire vraie, Ma mère, Dieu et Sylvie Vartan est l’adaptation du roman de Rolland Perez, qui a fait sensation dans l’Hexagone en 2021. Une histoire touchante, tout en nuances, signée par le réalisateur québécois Ken Scott. Ce dernier a eu un immense coup de foudre pour le roman, ce qui lui a instantanément donné le goût de mettre cette histoire en images. Le film est porté par une distribution cinq étoiles, avec des comédiens tels que Jonathan Cohen, Joséphine Japy, Jeanne Balibar, Leïla Bekhti… et la chanteuse Sylvie Vartan. 

En salle depuis le 4 avril.

Littérature

10 nouveautés culturelles à ne pas manquer ce mois-ci

Grande joie de retrouver la plume sensible et intelligente de Mélissa Grégoire, cette discrète écrivaine québécoise qui compte sans doute parmi les plus lucides et les plus pertinentes de sa génération. Elle renoue enfin avec Marie, sa narratrice quadragénaire, la prof, l’amoureuse d’Antoine, et des chats, la rêveuse, dans un monde qui l’étonne et la déçoit tout à la fois. Marie reconnaît cependant la lumière quand elle la voit; dans les humains auxquels elle s’attache, dans les choses de la nature et de la terre, dans la littérature et les maisons, celles qui ont été perdues, celles dont elle a rêvé, et qui sont le sujet de son roman, au titre gracieux et remuant à la fois. Que disent de nous ces demeures significatives qui jalonnent notre existence? Celles qu’on a habitées, celles qui nous ont échappé et qui restent pourtant gravées, qui vivent en nous, comme l’écrit Gaston Bachelard, écrivain français disparu auquel Mélissa Grégoire fait souvent référence, à juste titre; «En nous, elles insistent pour revivre, comme si elles attendaient de nous un supplément d’être.» L’autrice sait quelle ficelle tirer, comment fixer le temps entre les pages pour qu’au sortir de son histoire, on envisage la vie sous d’autres auspices. L’époque en a besoin. 

Maisons perdues, maisons rêvées, de Mélissa Grégoire, Leméac éditeur

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10 nouveautés culturelles à ne pas manquer ce mois-ci

Elle s’appelle Mélissa Perron et la deuxième fois qu’elle est née, elle avait 38 ans. On venait de lui diagnostiquer une condition du spectre de l’autisme. C’était donc ça… J’ai l’impression que plusieurs femmes se reconnaîtront dans son histoire. Peut-être que, comme Mélissa, ces femmes ont souvent l’impression d’être dans un aquarium déposé dans la mer. Peut-être qu’elles aiment aussi regarder l’alignement des aiguilles des horloges, qu’elles trouvent ça beau. Surtout quand elles forment une ligne droite. Mélissa, elle, dit tout haut que c’est «l’heure propre». Jusqu’à sa «seconde naissance», elle s’est toujours sentie en décalage par rapport aux autres. Aujourd’hui, elle signe un récit illustré brillant et sensible, qui fait œuvre utile. Un bijou façonné à son image, mais qui touchera quiconque s’évertue à vivre coûte que coûte, avec les défis inhérents à ses différences. À chacun de ses anniversaires, elle a une pensée pour l’adolescente qu’elle était. Elle aimerait la prendre dans ses bras, lui dire que, grâce à leur résilience commune, elles sont heureusement encore là. Au-delà de sa peur de finir sa vie en réalisant que personne ne l’aura vraiment connue sans camouflage, l’écrivaine témoigne dans son œuvre de son parcours de combattante avec une franchise qui émeut. Un hymne aux êtres singuliers qui se sortent de la marge. 

Femme caméléon, de Mélissa Perron, KO Éditions

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Théâtre

10 nouveautés culturelles à ne pas manquer ce mois-ciSamuel Pasquier

Une pièce de théâtre venue d’Islande, on ne voit pas ça souvent dans la Belle Province. Celle de Tyrfingur Tyrfingsson, Helgi, est traduite en une langue résolument québécoise… et même plutôt colorée. «La vulgarité des personnages, leur grossièreté n’est pas littérale: ils se disent “je t’aime” en se lançant des mots durs», estime Marie-Ève Milot, qui signe la mise en scène de cet objet théâtral inusité. Celle dont on a pu admirer le talent de comédienne dans Les Pays d’en haut — où elle campait la pétulante Rosa Rose — résume ainsi l’histoire de la pièce: «Helgi reprend l’entreprise de pompes funèbres de son père, qui arrive abruptement un matin avec une prophétie. Helgi va à la fois se débattre contre ce présage et se laisser porter par lui.» Il est prédit qu’une personne brûlera, qu’une autre mourra et qu’une troisième se coupera la langue. Pas banal, disons. D’ailleurs, ce qui a tout d’abord plu à Marie-Ève dans cette œuvre, outre son suspense et son «humour assez redoutable», c’est qu’y est illustré «le pouvoir, la puissance du mythe. Particulièrement à notre ère de désinformation, ce qui est vrai nous échappe.» Cette metteuse en scène douée et prisée compare Helgi à une fable où l’on est «à mi-chemin entre fous rires et désillusion». Elle conclut dans un enthousiasme contagieux: «Ça fait du bien d’être franchement dans la fiction, de s’extirper du réel… pour peut-être mieux en parler.» 

Du 8 au 27 avril, au Théâtre de Quat’Sous.

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10 nouveautés culturelles à ne pas manquer ce mois-ciGerardo Alcaine / L'Éloi

On ne saurait mieux prendre conscience de l’apport monumental de Janette Bertrand à la société québécoise qu’en revisitant son existence épique. Une vie qu’elle raconte sur scène (par l’intermédiaire de Guylaine Tremblay), et grâce au texte de l’autrice émérite Rébecca Déraspe, auquel la centenaire a elle-même contribué. On la retrouve entourée de sa famille, de ses collègues, relatant comment elle a créé des émissions qui ont démystifié la sexualité des femmes et a contribué à faire tomber beaucoup d’autres tabous. Le spectacle Janette constitue donc une occasion rarissime de célébrer une légende de son vivant et, pour les plus jeunes générations, de redécouvrir notre histoire d’un point de vue féminin, savoureusement décomplexé. 

Du 9 avril au 11 mai, chez Duceppe

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Arts visuels

10 nouveautés culturelles à ne pas manquer ce mois-ci

Pour les néophytes, la revue Vie des arts, fondée en 1956, est l’un des meilleurs points d’entrée à l’art contemporain d’ici. Elle propose trois numéros par année, qui font la part belle aux humains derrière les œuvres, grâce à des dossiers sensibles nous emmenant dans l’atelier des artistes. Gros coup de cœur pour leur identité graphique incarnée et chaleureuse!

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10 nouveautés culturelles à ne pas manquer ce mois-ci

Pour les esthètes, incontournables dans le milieu de l’édition artistique, les revues Esse et Espace alimenteront votre passion. Elles combinent la critique et l’analyse des enjeux chauds dans l’actualité de l’art, et ce, en convoquant des spécialistes de partout dans le monde. Sans oublier que chaque année, Esse organise la populaire vente aux enchères Vendu–Sold, qui est un chouette tremplin pour commencer une collection!

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10 nouveautés culturelles à ne pas manquer ce mois-ci

Pour les adeptes de fluidité, la revue Spirale occupe une niche unique, à la croisée des arts, des lettres et des sciences humaines. Depuis 2024, l’arrivée d’une nouvelle direction en fait l’un des magazines les plus intéressants sur l’échiquier culturel. Son balado, Hiatus, propose des conversations sur des sujets variés, comme la bande dessinée, le cinéma, les arts de la scène et la poésie.

Pour un répertoire complet : sodep.qc.ca

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