Sophie, d’où t’est venue l’idée d’adapter ce roman?

J’ai été approchée par les producteurs de micro_scope, qui possédaient les droits du livre. J’ai lu le roman et je me suis dit que l’histoire était unique. J’ai complètement embarqué dans ce récit sur un changement de vie parsemé d’apprentissages. C’est une critique du monde du travail, de notre société de performance. J’ai eu envie de me lancer là-dedans, sans savoir que ce serait une aventure aussi longue; un vrai travail de persévérance.

Quel genre d’embûches as-tu rencontrées?

L’aspect le plus ardu a été la préparation, c’est-à-dire de trouver les gens avec qui on allait travailler. Il a fallu tout décider au moins un an d’avance, parce que les bergers ont un cycle de travail rythmé par les saisons. On ne devait pas changer leur routine. Nous devions aussi trouver plusieurs troupeaux de moutons. Et même si on avait des bergers aguerris avec nous, ç’a été complexe de planifier les déplacements des moutons pendant les scènes. Tu peux essayer de prévoir ce que feront 2000 bêtes, mais ça ne veut pas dire que ça va se passer exactement comme tu l’avais décidé.

Félix-Antoine Duval tient le rôle principal. Était-il un bon berger?

Il a fait un entraînement dans le sud de la France avant de commencer à jouer. Cela dit, je ne tenais pas à ce qu’il soit bon au début, parce que le personnage ne l’est pas, et on tournait de façon chronologique. Félix-Antoine a un passé de cascadeur. Non seulement il est très enthousiaste, habile et endurant, mais il adore aussi se pousser physiquement. C’est vraiment agréable de travailler avec lui.

Le métier de berger semble difficile…

C’est une partie de l’histoire. Ce sont des gens qui vivent une situation précaire, difficile économiquement, humainement et physiquement. Ceux qui décident d’être bergers le font par passion, pour l’amour d’être à l’extérieur. Et il y a le lien qu’ils créent avec les bêtes. Ce n’est pas un attachement individuel comme avec un chien, mais un rapport plus communautaire qui s’établit avec un troupeau.

Ça évoque l’envie de mettre notre vie sur pause, d’aller voir ailleurs si on y est, n’est-ce pas?

Absolument. Je pense qu’on a tous un peu ce désir-là. Pas nécessairement de devenir bergers, mais on a tous, à un moment, eu l’envie de changer de vie. Certains font le saut. Ça demande du courage et, dans le cas qui nous intéresse, une bonne dose de persévérance.

En première au Festival CINEMANIA le 6 novembre et en salle le 15 novembre.

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