Quand on pense à la fille Simone Rocha, « sportive » n’est pas le premier adjectif qui vient à l’esprit. Pourtant, pour son défilé automne-hiver 2026, la créatrice a surfé sur la vague de l’athleisure en collaborant avec Adidas pour réinventer avec coquetterie certains classiques de la marque, notamment des vestes de survêtement munies d’une fermeture éclair ornée d’une perle ou encore des chaussettes rappelant des protège-tibias, embellies de cristaux et de broderies.

Le défilé de Rocha a présenté une version raffinée de la tendance « blokecore », l’une des nombreuses façons dont la mode adopte récemment le sport dans une approche plus décontractée et désinvolte. Les ensembles coordonnés, les leggings et les autres symboles de l’athleisure sont en perte de vitesse depuis quelque temps déjà, remplacés par des associations inattendues et décalées ainsi qu’un intérêt renouvelé pour les fibres naturelles. Ce n’est qu’une autre manifestation du rejet grandissant de l’ordre et de la perfection au sein du milieu de la mode.

En dehors du gym, cela se traduit par un style de rue qui marie les influences sportives à des touches plus traditionnellement féminines. Juste à temps pour que la Coupe du monde envahisse nos écrans et nos fils d’actualité, les maillots de soccer se portent avec des volants rappelant les jupons, tandis que des sneakerinas élégantes viennent compléter des robes à volants étagés. Olivia Rodrigo a même associé son maillot du FC Barcelone, issu de sa collaboration avec Spotify, à un short bouffant à volants.

Et il semble que cette tendance s’invitera aussi dans les gradins. Le rapport des tendances estivales de Pinterest met en lumière la mode inspirée du sport : les recherches pour « tenue de survêtement baddie » ont augmenté de 276 %, tandis que celles pour « maillots de la Coupe du monde » ont bondi de 840 %. Les recherches portant sur l’association de maillots ou de survêtements avec des talons sont également en hausse, signe que les vêtements sportifs s’intègrent désormais à des pièces plus habillées.

 

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Bien que le maillot de soccer soit sans doute la pièce phare de la saison, explique Sydney Stanback, responsable mondiale des tendances et des analyses chez Pinterest, « ce qui est le plus intéressant, c’est la façon dont les gens les portent. Nous voyons des maillots superposés à des jupes ballon, raccourcis, rentrés dans des pantalons cargo ou encore associés à des accessoires de sortie qui leur donnent une allure sophistiquée et personnelle. »

Rocha n’était pas la seule habituée des podiums à faire un clin d’œil au monde du sport. Willy Chavarria a présenté des pièces issues de sa collaboration avec Adidas sur les passerelles, tandis que la marque colombienne MAZ, fondée par Manuela Álvarez, s’est également associée au géant du sport. Cette fois, l’esthétique artisanale d’Álvarez — caractérisée notamment par les perles et les franges — s’est invitée sur le terrain. (En tant que commanditaire officiel de l’événement, attendez-vous à voir Adidas partout dès le coup d’envoi.)

Farm Rio a également lancé une capsule souvenir pour la Coupe du monde, intitulée « Together We Play », composée de t-shirts, de casquettes, d’accessoires et de vêtements arborant les couleurs de son pays d’origine, le Brésil. Pendant ce temps, la crédibilité mode de l’événement continue de prendre de l’ampleur : Loewe habillera l’équipe espagnole, tandis que Gabriela Hearst conçoit les uniformes de l’équipe uruguayenne.

Des célébrités comme Dua Lipa et Addison Rae ont été aperçues portant des maillots de soccer, mais selon Stanback, « ce sont de plus en plus les athlètes eux-mêmes qui mènent la conversation. L’esthétique WAG demeure très présente, mais elle adopte désormais une touche footballistique, comme en témoigne l’augmentation de 225 % des recherches pour “esthétique Georgina Rodriguez”. »

 

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Les vêtements aux couleurs d’une équipe procurent également un sentiment d’appartenance dans un monde de plus en plus fragmenté, une façon de faire partie de quelque chose de plus grand que soi, même lorsqu’on est l’une des milliers de personnes présentes dans un stade.

« Il s’agit de moins en moins de s’habiller comme une supportrice ou un supporteur, explique-t-elle, et de plus en plus de construire une identité. »

Cet article a d’abord été publié dans ELLE US et a été traduit de l’anglais vers le français.