Sport
Stravache : le nouveau défi de Jay Du Temple
C’est aujourd’hui que l’humoriste, animateur — et désormais athlète d’endurance — Jay Du Temple se lance dans son tout nouveau projet : Stravache.
par : Alex Gonthier- 10 juil. 2026

Drowster
Un périple hors norme de 1200 kilomètres de course et de vélo à travers le Québec, dessiné sur la carte en forme de vache (oui, oui!) grâce à l’application Strava. En partenariat avec les Producteurs de lait du Québec, ce défi invite le public à rejoindre le club virtuel « Le Troupeau ». L’objectif commun est d’atteindre 5 millions de km pour remettre 200 000$ aux Banques alimentaires du Québec.
Entre deux entraînements, Jay Du Temple nous a accordé un moment pour parler de dépassement, d’acceptation et de cette fameuse quête d’identité. Entrevue avec un homme qui redéfinit ses propres limites.
Courir à la rencontre de soi
Qu’est-ce qui te motive à relever des défis d’une telle ampleur ?
Honnêtement, ce qui me pousse à continuer, c’est le plaisir. J’ai commencé tranquillement par courir trois ou cinq kilomètres il y a six ans, avant d’augmenter les distances jusqu’à traverser le Canada. Aujourd’hui, j’ai compris qu’il n’existera jamais une distance assez longue pour régler tous les enjeux de ma vie. Cette réalisation m’a ramené à l’essentiel : je cours parce que j’aime ça.
L’ultra-endurance m’apprend énormément sur moi-même. C’est presque une forme de méditation face à mes forces et mes limites. Au fond, courir ou pédaler, c’est une façon de jouer dehors. Il y a quelque chose de très simple, presque enfantin, dans cette liberté-là.
DrowsterMême sur un simple 5 km, il y a des passages difficiles. Comment fais-tu pour continuer quand le physique ou le mental flanche ?
Mon approche a beaucoup évolué. Pendant ma traversée du Canada, la cause de la santé mentale donnait un sens à chaque foulée. Sur le plan personnel, je m’inspire beaucoup de l’athlète de trail Courtney Dauwalter, qui dit : « Je ne souffre pas, j’ai mal. » La nuance est capitale. J’ai choisi d’être là, d’embrasser cette difficulté. Ce ne sont pas des moments de souffrance, mais d’apprentissage.
Dernièrement, j’ai beaucoup travaillé sur l’acceptation avec ma psychologue. Lors d’une course exigeante en Gaspésie, plutôt que de lutter contre le terrain technique, je me répétais : accepte. C’est ça, le parcours. J’essaie d’appliquer cela dans ma vie : accepter les imprévus et accepter que certaines journées soient simplement plus difficiles.
Le mental est-il plus important que le physique dans ce genre d’épreuve ?
Les deux sont indissociables. Quand le corps répond bien, il soutient le mental. Quand le corps faiblit, c’est la tête qui prend le relais. Lors de ma dernière course, j’avais une vive douleur à la jambe. Je me répétais simplement : un pas à la fois. C’est une philosophie de vie. Face aux tempêtes, inutile de regarder tout le chemin qu’il reste à parcourir ; on avance une étape à la fois.
À quoi ressemble ta préparation concrète pour un projet comme Stravache ?
Ce défi s’inscrit dans une année complète d’entraînement. Je suis très bien entouré, notamment par mon entraîneur Charles [Castonguay]. Il m’apporte une structure essentielle pour éviter les blessures et, surtout, pour m’aider à accepter les journées de repos. Au début, ne rien faire me stressait. Aujourd’hui, je comprends que la récupération fait partie intégrante du travail.
DrowsterEt qu’en est-il de la nutrition ?
En ultra-endurance, la nourriture devient ton carburant principal. Je consulte des nutritionnistes pour assimiler les grands principes de récupération, mais je refuse de peser mes aliments. Je ne veux pas que ma passion devienne une source d’anxiété. Je garde une approche flexible. Je ne suis pas un athlète professionnel : je tiens à préserver le plaisir avant tout.
Redéfinir son identité, au-delà des étiquettes
Tu as longtemps été identifié comme humoriste. Comment as-tu vécu cette transition vers le monde du sport ?
Quand on fait le même métier pendant longtemps, on finit par s’y identifier complètement. Je me demandais : si je ne fais plus de spectacles, je suis qui ? Ma psychologue me répétait souvent : « Tu es un athlète. » Au début, j’avais du mal à l’assumer par respect pour les professionnels. Puis, j’ai réalisé que mon quotidien s’organise entièrement autour de l’entraînement, du sommeil et de la récupération. On est toujours plus complexe que le métier que l’on exerce. Adolescent, je touchais à tout : le sport, l’art, l’implication sociale. Pendant un moment, les gens ont vu mon côté artistique ; aujourd’hui, ils découvrent mon côté sportif. Mais ces deux facettes ont toujours coexisté en moi.
Ressens-tu la pression de devoir toujours aller plus loin ou d’annoncer constamment un nouveau projet ?
Cette pression existe, mais elle vient surtout de moi. Après la traversée du Canada, je me suis imposé une pause pour retrouver le pur désir de courir. Je crois énormément aux bienfaits de l’entre-saison, ces périodes sans objectif précis, pour garder la flamme active. J’ai des projets jusqu’à l’automne, mais je vais ralentir ensuite. Même avec le succès de ma chaîne YouTube et les opportunités qui se multiplient, je reviens toujours à la question essentielle : « Qu’est-ce que j’ai réellement envie de faire ? » Mon moteur reste l’envie, pas l’obligation. Je me garde des rêves pour plus tard.
Courir pour une cause commune
Qu’espères-tu retirer personnellement de l’aventure Stravache ?
Je veux rester profondément authentique. C’est ma première campagne d’une telle envergure, et je souhaite la faire à ma manière. J’ai surtout hâte de connecter avec les gens sur le terrain. Contrairement aux réseaux sociaux ou à la scène, les rencontres se feront ici en plein effort, dans les sentiers ou sur les routes. C’est une dynamique brute et généreuse qui me ressemble. Au fond, je suis le visage de ce projet, mais il ne parle pas de moi. Il sert à mettre en lumière une cause cruciale qui me dépasse.
Le défi Stravache se déroule du 10 au 24 juillet prochains. Pour soutenir la cause et cumuler des kilomètres au profit des Banques alimentaires du Québec, rejoignez le club de course « Le Troupeau » sur l’application Strava.
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