Marie-Philip, quelle est ta perception de l’évolution du hockey féminin dans la dernière année? 

L’arrivée de la nouvelle ligue de hockey féminin a donné une visibilité extraordinaire à notre sport et aux joueuses. La réponse des partisanes et des partisans est spectaculaire. Ça crée un effet d’entraînement, car plus de filles voient qu’il est possible de jouer au hockey de manière professionnelle et de gagner sa vie en le faisant. Elles ont maintenant des possibilités que les joueuses qui nous ont précédées n’ont pas eues. D’ailleurs, l’arrivée de deux nouvelles équipes pour la saison 2025-2026 prouve que ça fonctionne et que les gens sont au rendez-vous. 

Est-ce que l’enthousiasme et l’atmosphère électrique des matchs contribuent à la performance des joueuses de l’équipe? 

Le soutien de nos fans est tout simplement incroyable. Je le répète souvent: nous avons la meilleure foule de la ligue. Montréal est une ville de hockey et on le sent quand on joue devant les nôtres. C’est vrai ce qu’on dit: la foule peut devenir la septième joueuse. On n’a qu’à penser aux matchs que nous avons joués au Centre Bell. C’est un moment qui nous a donné des frissons et que nous allons nous rappeler toute notre vie. 

Quelles stratégies utilises-tu pour gérer la pression qui vient avec le fait d’être capitaine? 

Je dis toujours que la pression est un privilège, mais il faut être en mesure de la vivre sainement. Pour ma part, je me concentre sur les petites réalisations. Quand on s’applique à bien faire chaque étape, comme la préparation et l’entraînement, on sait qu’on est prête. Cela dit, je ne m’attarde pas à l’ampleur de ma tâche comme capitaine. C’est une belle reconnaissance, et j’accepte cette responsabilité avec humilité, parce que je ne suis pas la seule à contribuer au succès de mon équipe. Je m’assure que toutes les joueuses sentent qu’elles font partie intégrante de l’équipe et qu’elles savent que chacune d’elles a un rôle important à jouer. 

Marie-Philip Poulin

Marie-Philip PoulinMARC-ANTOINE CHARLEBOIS

Comment décrirais-tu un de tes étés types, une saison où l’équipe ne dispute pas de matchs? 

Je profite en général de la période estivale pour me reposer et passer quelques weekends en famille. J’aime beaucoup partir en camping; je peux donc le faire pendant la saison «morte». Sinon, je m’entraîne quand même, quoique de manière moins stricte. Cet été, ce sera un peu différent, parce que nous nous préparons aux prochains Jeux olym piques! Nous aurons donc des camps d’entraînement avec Hockey Canada; et, de mon côté, j’ai accepté plusieurs propositions liées aux Jeux. 

Comment aimerais-tu que le sport féminin évolue dans les années à venir? 

Je crois que nous sommes sur la bonne voie en ce qui a trait à l’évolution du sport féminin. Quand on constate les records d’assistance aux matchs de basketball, de soccer et d’une panoplie d’autres sports féminins, ici et ailleurs, on voit que les femmes ont leur place sur la scène sportive profession nelle. Ça prend des personnes qui y croient et qui mettent l’énergie nécessaire pour donner une tribune aux athlètes féminines. D’ailleurs, on a récemment atteint la parité hommes-femmes aux Jeux olympiques, ce qui n’était jamais arrivé dans le passé. C’est beau que les femmes puissent maintenant espérer atteindre un niveau professionnel dans leur discipline. 

Tu inspires des milliers de jeunes femmes et de futures athlètes. Y a-t-il une personne qui est une source d’inspiration pour toi? 

J’en ai plusieurs! Je dirais toutes les femmes fortes qui brisent les barrières en général. En avril dernier, nous avons eu l’honneur de recevoir Janette Bertrand pour la mise au jeu protocolaire. Ce sont des femmes comme elle qui ont tracé la voie pour nous. Et quand j’étais une jeune joueuse de hockey, j’avais aussi beaucoup d’admiration pour Caroline Ouellette.