Un constat tristement clair

Selon une étude du Partnership for Women’s Health Research, seulement 7% de la recherche au Canada est consacrée à la santé des femmes. « C’est inquiétant, ce n’est pas normal », souligne Danièle Henkel. Et ce n’est que l’une des statistiques préoccupantes cumulées par la sénatrice au terme de ses recherches.

« J’ai découvert toutes les inégalités en santé de la femme, que ce soient des retards de diagnostic, des lacunes en recherche et les écarts d’accès aux soins qui se répètent partout au Canada », précise-t-elle. Un exemple? Dans huit provinces, les médecins sont payés en moyenne 26,7 % de moins lorsqu’ils opèrent les organes reproducteurs féminins, selon l’étude du Journal canadien de chirurgie.

Un impact humain et économique

Ces inégalités s’accompagnent de mauvais diagnostics autour des maux spécifiques aux femmes, que ce soit en lien avec la ménopause, les douleurs abdominales et de nombreux autres symptômes mal compris et/ou traités. La moitié de la population du pays étant directement et potentiellement concernée, l’impact sur la productivité est énorme… et le manque à gagner, tout aussi majeur : « Économiquement, on en paye le prix. Humainement, on en paye le prix. On paye le prix à tous les niveaux et il est très élevé. C’est 37 milliards que l’on perd, qu’on peut gagner chaque année », explique la sénatrice, qui poursuit « C’est un enjeu qui nous concerne tous, car la santé des femmes, c’est le cœur même de notre tissu social et économique.»

Améliorer l’accès aux soins des canadiennes

« Ce sont surtout les messages des Canadiennes qui me bouleversent : elles racontent, avec tant de courage, le prix de décennies de silence », explique Mme Henkel. Soutenue par l’Association canadienne pour l’équité en santé des femmes et se basant sur un rigoureux travail de terrain jalonné sur près d’un an, la sénatrice a donc rédigé le projet de loi S-243. 

Son objectif? Établir un cadre national en proposant une structure claire et juste pour toutes les canadiennes, en plus de sensibiliser le pays sur les bénéfices – pour les femmes comme pour la prospérité

«C’est un enjeu qui nous concerne tous, car la santé des femmes, c’est le cœur même de notre tissu social et économique.»

Les démarches envisagées

Voici ce que prévoit concrètement le projet de loi pour améliorer la situation:

  • Renforcer l’investissement dans la recherche et l’innovation.
  • Mettre en œuvre des solutions ciblées pour améliorer l’accès aux soins de santé des femmes – y compris celles qui vivent dans des collectivités rurales ou éloignées, qui appartiennent à des communautés autochtones ou 2SLGBTQI+, à des groupes méritant l’équité ou à des minorités visibles ou qui ne bénéficient pas d’un suivi médical régulier parce qu’elles ne sont pas rattachées à un fournisseur de soins.
  • Bonifier la formation et le perfectionnement des professionnels de la santé canadiens de toutes les disciplines afin d’accroître leurs connaissances et compétences en matière de santé des femmes.

Un accueil positif pour un enjeu de société majeur

Le projet de loi S-243 présenté par Danièle Henkel arrive à point nommé et a soulevé une onde d’enthousiasme: “J’avoue que je ne m’attendais pas à une telle résonance, tant au niveau politique que chez les professionnels de la santé, les associations et le public. Il a d’ailleurs été très encourageant de constater le soutien de mes collègues sénatrices, sénateurs et des députés”, souligne Mme Henkel. Si le projet est actuellement à l’étape de l’examen devant le Comité sénatorial, espérons que l’urgence de la situation mènera à son adoption dès que possible.