Les territoires virtuels de l’artiste Jon Rafman

Juin 10 2014 par
Categories : Société

Jon Rafman 9 eyes Des hommes armés se tenant sur le bord d’une route, un cheval se cabrant devant son maitre, un prisonnier en cavale, un tigre traversant un stationnement, une fourgonnette en flammes, un cerf galopant sur le bord d’un lac… Voilà quelques-unes des photos prises par l’artiste Jon Rafman. Pour capter ces images intrigantes, le Montréalais de 32 ans a parcouru la planète… sans jamais quitter son ordinateur.
Ces clichés sont en fait des captures d’écran du site
Google Street View, que Rafman a exploré pendant des jours et des nuits pour alimenter son projet
9 eyes. «Il existe une tension entre la caméra robotisée de Google, qui est totalement indifférente à ce qu’elle photographie au hasard, et le regard humain, qui décèle de la beauté, et du sens, dans ces images. On ne saura jamais vraiment dans quel contexte ont été prises chacune de ces photos, et c’est ce qui fait quelles sont entourées d’un aura de mystère», note l’artiste. Jon Rafman 9 eyes Rafman a aussi réalisé de nombreux courts-métrages à partir d’images tirées du site de géolocalisation (
You, the world and I), mais aussi de Second Life (
Codes of honor). «Mes projets sont souvent issus du désir d’explorer ces nouveaux mondes virtuels, que sont par exemple Google Street View ou Second Life», explique celui qui a également signé la vidéo
Still Life (Betamale) du musicien brooklynois Oneohtrix Point Never. Jon Rafman se perçoit comme un flâneur, selon la définition qu’en faisait Charles Baudelaire. Soit un artiste qui déambule dans la ville pour y observer, au gré du hasard, les manifestations de la modernité. «Internet a quelque chose du Paris que Baudelaire explorait au 19
e siècle. On peut y expérimenter tant de choses en une seule journée: tomber en amour, lire de la philosophie, regarder un match sportif… C’est un monde à la fois riche et fragmenté.» Ces jours-ci, l’artiste a délaissé les mondes virtuels pour concevoir par ordinateur une série de dessins modélisés qu’il s’applique ensuite à matérialiser en
sculptures et en
installations, afin que ces œuvres existent à la fois réellement et virtuellement. «Les limites entre le virtuel et le réel sont plus floues que jamais, affirme-t-il. Par exemple, les émotions que l’on ressent lorsque l’on explore ces mondes virtuels ne sont pas moins réelles… C’est cette frontière incertaine qui m’intéresse.» Jon Rafman New Age Demanded
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