Dans le sport, cette phrase frappe comme un ballon bien placé. Oui, les héroïnes existent – on les applaudit quand elles montent sur le podium –, mais il faut élargir le champ de vision. Derrière chaque performance, il y a une constellation de femmes trop souvent laissées hors cadre: entraîneures et soigneuses, analystes et arbitres, directrices de marketing, responsables des opérations, productrices télé, photographes de terrain, agentes… Celles qui tiennent la saison à bout de bras pendant que tout le monde suit le score.

Pourquoi est-ce si important de mettre les femmes en lumière? Parce que le sport n’est pas qu’un divertissement: c’est une fabrique de culture. Ce que nous choisissons de montrer devient l’image qui se fixera dans la tête des filles et des garçons. Quand on multiplie les visages féminins – sur la glace, au micro, en régie, en salle de crise, au comité de direction –, on envoie un message simple: ta place existe. Et cette place n’est pas une exception à la règle ni un quota à respecter. C’est le signe d’une compétence reconnue, d’une expertise désirée, d’une ambition accueillie.

Diriger les projecteurs sur les femmes, c’est d’abord regarder autrement. Arrêter de braquer le zoom exclusivement sur la victoire finale et raconter plutôt la chaîne invisible qui la rend possible. C’est nommer les rôles, donner les titres, reconnaître le travail accompli dans l’ombre. C’est aussi poser des questions plus fines: qui décide du calendrier? Qui négocie la diffusion des matchs? Qui conçoit l’expérience offerte aux fans? Qui a les clés du budget?

La visibilité suit souvent l’argent, mais l’argent suit également l’attention. Changeons ce vers quoi nous la portons.

Ensuite, c’est investir. Dans les programmes de développement, la formation des entraîneures, la sécurité, la recherche en performance sportive, la conciliation travail-études-famille, la santé mentale. C’est aussi investir dans une couverture médiatique qui n’est pas seulement en mode «tournoi de deux semaines». Il faut raconter la saison entière, ses hauts, ses bas, ses coulisses. Le sport féminin n’a plus à «prouver» qu’il mérite sa place: il faut lui donner l’espace nécessaire pour respirer, croître, inspirer.

Chez ELLE Québec, nous croyons que la beauté d’un sport se mesure en outre à la diversité de celles et ceux qui le rendent possible. Dans ces pages et sur nos plateformes, nous lançons le volet Les femmes et le sport, pour continuer à faire briller les athlètes qui nous émeuvent et les femmes qui les accompagnent, les guident, les protègent et les propulsent. Parce qu’au fond, mettre en lumière le sport féminin, ce n’est pas ajouter un ruban rose à un trophée: c’est réécrire les règles du jeu pour qu’elles reflètent enfin le talent des femmes. Et ça, c’est une victoire qui profite à tout le monde, aujourd’hui, et qui profitera à la prochaine génération, qui regarde.

ELLE QUÉBEC — NOVEMBRE 2025

ELLE QUÉBEC — NOVEMBRE 2025GARRETT NACCARATO

Photographie et direction artistique Garrett Naccarato Stylisme Amanda Lee Shirreffs Maquillage Leslie-Ann Thomson (The Project avec les produits Dior Beauté et SkinCeuticals) Coiffure Marcus Villeneuve (avec les produits Redken) Décor Lisa Yang Production éditoriale Sarah Akli Assistants à la photo Jean-Christophe Jacques, Renaud Lafrenière et Aljosa Alijagic Assistante au stylisme Isabel-Alessandra Duran

Le magazine ELLE Québec est offert en kiosque, en abonnement et en version numérique dès maintenant.

Pour Sophie Banford :
Photographie Andréanne Gauthier
Stylisme Vanessa Giroux
Mise en beauté Sophie Parrot
Vêtements veste (Tiger of Sweden), pull (Anine Bing), jean (Dr. Denim), bijoux (Drae Collection)