Je suis avec mon chum depuis six ans. Six belles années de complicité, de rires et de petites routines qui font du bien. Un soir, alors qu’on mangeait au resto, une idée s’est glissée entre deux verres de rouge: explorer notre sexualité avec une autre femme. Pas par manque ni par ennui, mais plutôt par curiosité et envie de vivre une nouvelle aventure.

Pendant quelques mois, le fantasme nous est revenu en tête, doucement mais sûrement, nourrissant notre imaginaire. De mon côté, je n’étais pas totalement étrangère à ce genre d’expérience. J’avais déjà vécu un trip à trois par le passé. Mon chum, jamais.

Au fil de nos conversations, un principe s’est imposé. Si on faisait un threesome, ce serait avec respect. Hors de question d’« utiliser » une personne comme accessoire à notre fantasme. On voulait rencontrer une femme qui en aurait autant envie que nous, et qui se sentirait bien, désirée et épanouie.

Pour concrétiser notre plan coquin, on a décidé de s’inscrire sur une application de rencontres. Alors qu’on faisait défiler les profils et qu’on tendait quelques perches virtuelles, Amélie est apparue. Dès les premiers échanges, on a ressenti un petit je-ne-sais-quoi dans le bas-ventre. On la trouvait jolie, intéressante, et ses envies semblaient s’harmoniser parfaitement avec les nôtres. On a convenu de se rencontrer autour d’un verre, sans pression, pour voir si le courant passait.

Quelques jours plus tard, dans le bruit enveloppant et la lumière tamisée d’un bar, Amélie passait la porte, un sourire franc aux lèvres. Malgré la nervosité, la conversation a coulé naturellement. On a parlé de nos vies, de nos passions, de nos attentes. Il n’y avait rien de forcé. C’était simple, fluide et très agréable.

Au bout d’une heure et demie, Amélie s’est levée pour aller aux toilettes. Mon amoureux et moi, on s’est regardés, sans même avoir besoin de s’épancher. « Elle me plaît », me dit-il en chuchotant. « À moi aussi », dis-je, l’œil brillant.

Comble de joie, on avait l’impression de lui plaire, nous aussi. Une fois la bouteille de vin terminée, on lui a proposé de venir prendre un dernier verre chez nous. Toujours sans pression. Elle a accepté.

À notre arrivée à la maison, l’ambiance s’est transformée subtilement. On était dans le salon, tous assis proches, mais pas trop. Amélie a glissé son pied contre ma jambe. Un geste presque innocent, mais qui a envoyé une décharge dans tout mon corps. Elle me regardait, puis regardait mon chum. Quelque chose d’agréable se construisait. À un moment, je suis allée à la salle de bain un court instant. Quand je suis revenue, Amélie et mon chum s’embrassaient sur le sofa. J’ai ressenti une profonde vague d’excitation. C’était une vision que j’avais déjà imaginée, et là, elle existait devant moi. Je les ai rejoints. Les lèvres d’Amélie étaient délicieuses.

Au bout de quelques minutes, entre baisers et rires nerveux, on est allés dans la chambre. Avant que tout aille plus loin, Amélie nous a demandé s’il y avait des choses que l’on préférait éviter. J’ai trouvé sa question incroyablement délicate. On lui a répondu qu’on était ouverts, qu’elle pouvait se laisser aller. Elle aussi était prête à s’abandonner au moment.

Nos vêtements se sont très vite retrouvés sur le plancher. Les regards, les gestes, les baisers, les respirations : tout s’enchaînait avec un naturel presque déconcertant.

Je me suis surprise à être profondément excitée de regarder mon chum éprouver du plaisir avec une autre femme. Et je n’étais pas en retrait, loin de là. Amélie et moi, on a trouvé notre propre espace, notre propre rythme. Il y avait une douceur dans le contact, dans la découverte de nos corps. Pendant que mes doigts se promenaient entre ses cuisses particulièrement douces, elle m’a murmuré que j’avais du talent. Savoir que je lui faisais autant d’effet m’a terriblement allumée. Son plaisir décuplait le mien. Et j’adorais voir l’excitation dans les yeux de mon chum, qui ne se privait pas du spectacle. On s’explorait tour à tour, dans une danse instinctive où chacun trouvait sa place.

Quand tout s’est calmé (au bout de trois heures!), on s’est allongés tous les trois, emplis d’un mélange de fatigue et de plénitude.

Le lendemain, en y repensant, j’avais l’impression d’avoir rêvé, tant le souvenir me paraissait irréel. Ce qui m’a le plus marquée, ce n’est pas seulement l’expérience elle-même, mais la manière dont on l’a vécue. Avec respect, écoute et légèreté.

On a partagé une expérience follement érotique, mon chum et moi, et surtout, ça nous a rapprochés. Ç’a été comme une parenthèse… qu’on pourrait peut-être, un jour, choisir de rouvrir.