En mars dernier, COS a fait son grand retour sur les podiums en présentant sa collection printemps-été 2026, et ce, pour la toute première fois à Séoul, en Corée du Sud. Installé dans un ancien bain public de style brutaliste, en périphérie de la ville, le défilé offrait un décor saisissant : les mannequins évoluaient autour de bassins enveloppés d’une brume vaporeuse, sur une trame sonore captée dans le métro de Séoul — un clin d’œil à l’effervescence sonore de la capitale.

À travers 40 silhouettes (désormais offertes en ligne et en boutique), une palette de gris ardoise, de crèmes et de bruns chaleureux était ponctuée d’éclats de bleu et de rouge oxblood. Tailoring sculptural, lignes fluides et jeux de matières — soies trompe-l’œil imitant le denim, cuir texturé, mailles côtelées en dentelle transparente — évoquaient un croisement entre le power dressing des années 1980 et le minimalisme des années 1990. Le vestiaire féminin misait sur des structures adoucies et une transparence éthérée, tandis que le vestiaire masculin revisitait les essentiels du tailoring avec une précision décontractée et une utilité discrète.

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Parmi les invités de marque installés au premier rang figuraient les vedettes de la campagne actuelle Alexander Skarsgård et Gyuyoung Park, l’actrice américaine Emma Roberts, l’acteur mexicain Diego Calva, le chanteur thaïlandais Mile Phakphum Romsaithong et la chanteuse coréenne Sohyun Kim. « Je porte du COS de la tête aux pieds », confie Emma Roberts à propos de son look monochrome gris colombe, composé notamment d’une jupe portefeuille en cuir, d’une jupe en soie texturée, d’une pochette et de chaussures assorties. « Je crois bien que je vais tout ramener à la maison, je suis complètement obsédée par mon look. »

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La créatrice de contenu canadienne Cassandra Lanrick a opté pour une approche plus ludique. « Ceci est une chemise COS pour homme, et j’en porte une autre [nouée à la taille] simplement pour me couvrir un peu et rendre le tout plus intéressant », m’a-t-elle expliqué, en l’associant à un sac style paper bag et à des accessoires COS.

Après le défilé, avant le dîner célébratoire organisé plus tard en soirée au Korea Furniture Museum, nous avons discuté avec la directrice artistique Karin Gustafson de l’inspiration derrière cette collection, de son choix de lieu et du dialogue entre podium et style de rue.

COS

Quel était le point de départ de cette collection ?

« La collection explore des thèmes de beauté cinématographique, en revisitant les années 1980 et 1990 à travers des silhouettes raffinées et une sensation de fluidité. Ancrés dans le savoir-faire et la matérialité — des effets légèrement satinés aux textures froissées, presque papier, en passant par des éléments transparents — les classiques ont été réinterprétés pour la saison, avec des épaules affirmées et un tailoring fluide. »

Comment voyez-vous l’évolution de la marque ?

« Le savoir-faire, la durabilité et la fonctionnalité sont au cœur de notre approche depuis le début, et cette collection s’inscrit dans cette continuité. Nous puisons constamment notre inspiration dans les saisons et dans le monde en perpétuelle évolution qui nous entoure — qu’il s’agisse d’art, de design, d’architecture, de cinéma, de musique, de nature ou de culture contemporaine — ce qui nous pousse à expérimenter avec les silhouettes et les matières. Au final, ce sont ces influences qui font évoluer nos collections, en veillant à ce que chaque pièce demeure réfléchie, pertinente et raffinée, saison après saison. »

Karin Gustafson

Karin Gustafson

Avez-vous des pièces favorites ?

« Pour moi, tout tourne autour des essentiels de garde-robe qui trouvent l’équilibre entre élégance et aisance. Je suis particulièrement attirée par les pièces en soie trompe-l’œil effet denim, ainsi que par le haut en soie tailleur porté avec un bermuda — des looks qui revisitent l’ensemble coordonné de manière moderne et inattendue. La soie reste centrale dans notre collection printemps-été, offrant légèreté et polyvalence, permettant d’habiller ou de décontracter chaque pièce selon l’occasion. À l’atelier, nous avons expérimenté des constructions délicatement plissées, que nous avons sculptées en une robe épaules dénudées et une chemise signature — des classiques réinterprétés à travers le prisme COS. Je suis également très enthousiaste à propos des accessoires en cuir sculptural introduits cette saison, conçus pour être mixés et assortis afin d’élever chaque look avec une touche contemporaine et raffinée. »

Pourquoi avoir choisi Séoul ? Que représente cette ville pour vous ?

« En tant que pôle créatif mondial, Séoul constituait un décor idéal pour cette collection. Le lieu, un espace d’inspiration brutaliste en périphérie de la ville, comportait des bassins inutilisés réimaginés pour créer une toile architecturale presque surréelle, tandis que le décor offrait une intervention spatiale épurée et géométrique permettant à la collection de prendre vie, en mettant l’accent sur les silhouettes, le savoir-faire et les détails finaux. En tant que premier défilé de COS en Corée, il s’agit d’une étape marquante, dans l’un des centres les plus dynamiques au monde en matière de mode, d’art et de culture contemporaine. »

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Le stylisme des fans vous surprend-il parfois ?

« C’est toujours extrêmement inspirant — il n’y a rien de plus excitant que de voir une pièce conçue d’une certaine manière être stylisée sous un tout nouveau jour. Chez COS, nous créons avec cette polyvalence en tête, en concevant chaque pièce pour encourager l’expérimentation et permettre à chacun d’exprimer son identité. Voir les gens à travers le monde superposer, adapter et personnaliser nos créations, souvent de façons auxquelles nous n’avions pas pensé, continue de nous inspirer. »

Le street style influence-t-il le podium, ou l’inverse ?

« Pour nous, c’est un dialogue. Le street style révèle souvent comment les vêtements sont réellement portés — comment les gens bougent, superposent et s’expriment. COS se situe entre les deux : suffisamment raffiné pour le podium, mais assez pratique et fluide pour s’intégrer au quotidien. »

Quel est le “secret” de COS ?

« Pour moi, la magie réside dans l’attention portée aux détails. Chaque saison, nous cherchons à approfondir notre exploration du savoir-faire et des matières, en expérimentant avec les silhouettes pour créer des pièces emblématiques. Nous jouons avec des superpositions inattendues et manipulons soigneusement les formes et les proportions afin de développer une diversité d’expressions, tout en faisant évoluer notre langage esthétique et en réinterprétant les classiques avec une touche contemporaine. Le savoir-faire rencontre la modernité — créant des pièces intemporelles, mais toujours pertinentes. Elles sont discrètes, mais jamais simples ; chaque design recèle une fonctionnalité réfléchie, une construction innovante ou une exploration des matières qui se révèle progressivement. C’est cette approche qui donne naissance à des pièces de grande qualité, qui marquent les esprits et traversent le temps. »

Quel a été votre moment préféré du défilé ?

« Voir la collection prendre vie à Séoul était véritablement spécial. Au moment où la bande sonore a envahi l’espace et où les mannequins ont émergé de la brume, tout s’est aligné : la ville, l’architecture, la collection, l’atmosphère. »

Pour découvrir l’ensemble de la collection, rendez-vous sur cos.com