De quoi sera fait 2026? Chaque année, la même question se profile. On a envie de faire le point, de savoir où l’on s’en va, de prendre le pouls de ce qui est tendance ou démodé. Dans l’univers du design, les modes s’ancrent plus profondément et durent plus longtemps que celles du prêt-à-porter. On ne change pas de salon comme de chemise, après tout.

En 2026, plusieurs tendances continuent donc sur leur lancée. C’est le cas des meubles aux lignes courbes et aux rondeurs invitantes, dont on raffole toujours autant. On aime encore le brun chocolat, gourmand à souhait, le bordeaux pigmenté et les teintes terreuses (terracotta, verts profonds) qui évoquent la nature, source de réconfort. Le chrome est également toujours présent mais son côté industriel — trop froid, trop impersonnel — commence à s’essouffler: on lui préfère le style artisanal du métal travaillé, soudé et façonné. Quant aux prochaines tendances, qui marqueront 2026, on prédit déjà le retour de la loupe de bois et des blocs de verre, avec une prédilection pour le color capping (un nom à retenir!). En bref, voici nos prévisions pour l’année à venir.

L’Art déco revisité

Entre architecture et design d’intérieur, l’Art déco (pour «Art décoratif») a profondément marqué les années 1920 et 1930. Si on le nommait déjà dans les tendances de l’automne 2025, le style continuera d’imposer son élégance et son opulence épuré en 2026. Dans notre intérieur, il privilégie les formes géométriques, les matières riches (velours, soie, laque) et les nuances profondes qui évoquent celles des gemmes, du grenat à l’émeraude en passant par le saphir et le jade, à la manière de «Bijou caché», nommée couleur de l’année 2026 par la marque de peinture Behr (n’en déplaise à Pantone et son blanc immaculé).

La loupe de bois à foison

À la base, la loupe est une maladie qui forme des excroissances sur le tronc ou les branches d’un arbre, donnant lieu à un veinage unique et irrégulier. Le bois qui en résulte permet de créer des meubles de caractère… longtemps perçus comme démodés. Ce n’est plus le cas aujourd’hui: si la loupe d’orme ou de noyer faisait partie intégrante du style Art déco, comme du design des années 1970, elle promet de revenir en force en 2026, éclipsant au passage le mobilier minimaliste scandinave en bois pâle qui n’a désormais (presque) plus sa place dans nos intérieurs.

Le retour des blocs de verre

Les aires ouvertes lassent. Voir la vaisselle salle qui traîne dans l’évier quand on passe à table a tendance à démoraliser les troupes. Le cloisonnement pur et dur n’est pour autant pas la clé à celles et ceux qui désirent retrouver une certaine forme d’intimité. Aux murs blancs qui s’élèvent avec trop de rigueur, on préfèrera désormais des cloisons translucides, à la manière des blocs de verre utilisés des années 1960 aux années 1980. Leur atout: elles permettent de délimiter un espace tout en laissant filtrer la lumière. La séparation n’est pas radicale: elle se fait en douceur. Il y a là une certaine bienveillance qui fait du bien à notre espace… et à notre moral!

Les tapisseries réconfortantes

Ces dernières années, on a cherché à habiller nos murs blancs de différentes façons. D’abord avec la peinture à la chaux, puis à l’aide de papiers peints et de muraux aux motifs floraux, évoquant le romantisme du style rococo toujours en vogue. En 2026, une autre forme d’habillement compte bien prendre les devants: les tentures et tapisseries, qui apportent de la douceur tactile et une chaleur réconfortante à notre intérieur, quand le monde au-dehors semble s’assombrir de jour en jour.

La fin des meubles intégrés

Est-ce l’uniformité d’une cuisine ou d’un salon parfaitement léchée qui a fini par nous ennuyer? Ou le besoin de se réapproprier notre intérieur, de le faire vivre et de le personnaliser selon nos règles? Toujours est-il que les grandes armoires intégrées, parfaitement ajustées à l’espace qu’elles occupent, sont désormais en passe d’être démodées. Aujourd’hui, on leur préfère des meubles — buffets, commodes, vaisseliers — qui, à défaut d’optimiser l’espace, lui apportent un charme certain (s’ils sont vintage, c’est encore mieux!).

Le «colour capping» en beauté

En 2025, on ne jurait que par le colour drenching, cette technique qui consiste à peindre nos murs dans une seule couleur, des plinthes au plafond. En 2026, la méthode se fait plus précise, moins uniforme, grâce au colour capping («plafonnement de couleur»). De quoi s’agit-il exactement? Plutôt que de privilégier une seule nuance, le colour capping utilise différents tons d’une même famille afin de créer un dégradé subtil du bas vers le haut (la teinte la plus sombre est utilisée pour le plafond). Le but: créer un espace enveloppant, attirer le regard vers le haut (ce qui a pour effet d’agrandir l’espace) et mettre en valeur le cinquième mur et ses moulures (qui reviennent d’ailleurs en force).