CATHERINE H., 23 ANS, ÉTUDIANTE

«Je poursuis des études en médecine à temps plein. J’ai eu la chance d’être soutenue par mes parents, qui avaient ouvert un REEE à ma naissance. Ce fonds m’a permis de payer plusieurs sessions sans stress. Aujourd’hui, mes revenus viennent surtout de mes prêts et bourses, mais j’ai encore un coussin de sécurité.

Pendant mon baccalauréat, j’ai appris à vivre de façon très économe. Je partageais un 4 et demie minuscule avec trois colocataires. Ces années m’ont appris à faire attention lors de chaque dépense. Maintenant, je n’ai qu’une coloc, mais je garde les mêmes réflexes: planifier, comparer, économiser.

Je sais que ma future carrière me permettra de bien gagner ma vie, mais je veux surtout éviter de me sentir pressée par l’argent. Mon souhait, c’est de conserver un bon équilibre: ne manquer de rien, pouvoir soutenir mes proches et, un jour, offrir à mes enfants la même sécurité que j’ai connue.»

 

Conseils d’experte pour la vingtaine

«Durant la vingtaine, les ressources sont souvent limitées, mais elles évoluent vite», rappelle Catherine Patenaude, vice-présidente, Stratégie d’investissement à la Banque Nationale. «C’est une période charnière où se fixent les bases de la vie adulte. Définir clairement ses objectifs aide à maintenir le cap et à éviter les dépenses impulsives.»

Les priorités s’enchaînent: études, carrière, dettes, premiers projets d’indépendance. L’experte conseille de bâtir un budget réaliste et de commencer à épargner tôt, même modestement. «Un simple fonds d’urgence, dit-elle, peut faire une énorme différence quand un imprévu survient – un déménagement, une voiture brisée ou une session plus coûteuse que prévu.»

ISABELLE S., 40 ANS, PIGISTE

«Mon parcours n’a rien de linéaire. Je travaille comme secrétaire médicale à temps partiel, mais, il y a deux ans, j’ai repris des études en écriture humoristique. Je me suis, par la suite, lancée comme pigiste et j’ai découvert la liberté (et la réalité) de vivre en partie de ses contrats. Je n’ai pas d’économies, mais je n’ai plus de dettes, et c’est une grande victoire. Dans ma trentaine, j’ai travaillé fort pour m’en libérer. Je vis avec mon copain dans un petit appartement, et on mène une vie simple: pas de voiture, pas d’enfants, pas de prêt hypothécaire. J’aime me déplacer à pied et dépenser à bon escient.

Ma priorité, c’est de mieux planifier mes revenus irréguliers et de commencer à cotiser pour ma retraite. Je veux aussi me protéger si ma santé flanche: je vis avec un diabète de type 1 et je veux m’assurer d’avoir accès aux soins nécessaires. À 40 ans, j’ai l’impression d’avoir trouvé mon rythme: je me sens solide, lucide et plus en contrôle que jamais.

 

Conseils d’experte pour la quarantaine

«La quarantaine est une période charnière pour faire un vrai bilan financier, dit Catherine Patenaude. Souvent, les dettes étudiantes ou personnelles sont réglées et les objectifs évoluent. C’est le moment d’adapter ses stratégies et d’aligner ses priorités sur sa réalité actuelle.»

Pour les travailleuses autonomes ou les pigistes, le défi est la régularité. «Un fonds d’urgence de trois à six mois de dépenses courantes, précise-t-elle, peut être un véritable filet de sécurité.» La quarantaine est aussi l’occasion d’amorcer la planification de la retraite: revoir ses régimes et sa stratégie d’épargne et réfléchir à la qualité de vie souhaitée pour la suite. «Cette décennie-là, c’est celle où on consolide ses finances et où on se projette», conclut-elle.

JOSÉ G., 64 ANS, RETRAITÉE

«J’ai pris ma retraite il y a 4 ans, après une carrière de 30 ans comme cadre dans le domaine des technologies de l’information. J’adorais mon travail, mais j’avais peur de m’ennuyer; finalement, mon nouvel horaire me convient parfaitement! Je considère la soixantaine comme la décennie des récoltes: celle où l’on savoure le fruit de nos efforts. J’ai toujours géré les finances de la famille; encore aujourd’hui, je passe mes relevés au peigne fin chaque mois. Je rencontre aussi mon conseiller une fois l’an pour revoir mes placements et mon taux d’imposition.

Je crois qu’il faut profiter de la jeune retraite pendant qu’on a la santé. J’aime voyager avec ma fille, la gâter un peu et vivre de belles expériences, plutôt que d’épargner uniquement pour l’héritage. Mais je garde toujours assez d’argent de côté pour mes besoins futurs, surtout en santé. Ce sentiment d’indépendance financière, c’est une tranquillité d’esprit inestimable.

 

Conseils d’experte pour la soixantaine

«À la soixantaine, notre santé financière est aussi importante que notre santé physique, indique Catherine Patenaude. Il ne s’agit pas seulement d’être prête pour la retraite, mais aussi de définir ce qu’on veut en faire. Certaines personnes rêvent de voyages, d’autres, d’un engagement communautaire ou d’un nouveau projet. L’important est de continuer à planifier ses finances en fonction de son rythme de vie et de sa santé.»

Elle insiste aussi sur la transmission des connaissances: «À ce stade, on a accumulé une expérience précieuse. Partager ses apprentissages sur les finances avec ses enfants ou ses proches aide à briser les tabous autour de l’argent et à renforcer la confiance financière de la prochaine génération de femmes.»