Parler d’argent reste encore, pour beaucoup, une source de stress. On s’intéresse de loin à nos finances, ou on évite carrément de s’y pencher. On finit souvent par s’y plonger quand ça va mal… ou quand ça va très bien! Entre les deux, pourtant, se trouve une zone grise où les décisions financières se prennent sans véritable clarté.

Dans son nouveau livre Finance consciente – Et si l’argent servait enfin tes rêves?, Audrey Turgeon propose une approche différente pour gérer notre argent: plus humaine, plus accessible et, surtout, plus adaptée à la réalité de chacun. Entrevue.

 

Audrey, à qui s’adresse ton livre?

À toute personne qui souhaite avancer dans sa relation avec l’argent. Il n’y a pas de profil précis – ça peut être pour rembourser des dettes, pour épargner, investir ou concrétiser des projets. L’objectif est de se laisser plus de marge de manœuvre pour ce qui compte vraiment. Cet ouvrage, je l’ai voulu accessible. Il permet d’ouvrir la réflexion en douceur et de poser de bonnes bases, peu importe où nous en sommes financièrement. Je vulgarise certains concepts afin que tout soit clair et bien assimilé. Il faut retenir cette idée simple: s’intéresser à ses finances, c’est se donner les moyens d’avancer.

Quel rôle souhaites-tu que ce livre joue dans la vie de tes lecteurs et lectrices?

Un rôle de repère. C’est un outil auquel on peut revenir à différents moments de notre vie, pendant une période de questionnement ou de transition, afin de clarifier notre vision, de mieux gérer nos dépenses ou de prendre des décisions plus en accord avec nos priorités, nos valeurs. C’est un ouvrage qui propose des exercices pratiques, des pistes de réflexion et des outils pour utiliser l’argent comme un levier vers nos priorités.

Quel message souhaites-tu véhiculer?

Que peu importe d’où l’on part, il y a toujours un pas de plus qu’on peut faire vers la vie qu’on souhaite mener. Les finances, l’argent, ce ne sont pas des sujets réservés aux experts ni aux riches. On peut progresser à notre rythme, à notre manière.

En quoi ton approche se distingue-t-elle des livres de finances traditionnels?

La plupart des ouvrages sont très techniques. Ici, on est dans quelque chose de plus humain, de plus aspirationnel. On parle de réflexion personnelle, de relation à l’argent, de priorités. L’idée n’est pas de se culpabiliser, mais de mieux se comprendre et de se repositionner. Ce n’est pas une méthode rigide, mais un point de départ humain, accessible et structuré pour propulser nos ambitions.

Pourquoi est-ce important de s’intéresser à nos finances même quand elles vont bien?

Parce que c’est souvent là qu’il y a un manque de clarté. On peut être dans une situation stable sans vraiment savoir où l’on va. Faire le point permet parfois de réaliser qu’on a plus de possibilités qu’on le croyait, mais qu’on se limitait sans s’en rendre compte.

Quels sont les objectifs financiers les plus fréquents de ta clientèle et de ton lectorat?

Voyager davantage, acheter ou rénover une propriété, changer de carrière, rembourser des dettes, avoir des enfants, épargner ou investir… Avec ce livre, on peut travailler sur des moyens concrets pour mieux atteindre ces objectifs, comme la gestion des dépenses, l’augmentation des revenus et la planification. Ça peut se faire de façon positive, une étape à la fois.

Tu parles de «mindset financier». Qu’est-ce que ça veut dire pour toi?

Ce sont les croyances qu’on entretient face à l’argent. Par exemple, penser qu’on ne mérite pas d’en avoir ou qu’on n’est pas capable de le gérer. Ces idées influencent directement nos comportements. Le travail consiste à s’en libérer pour adopter une vision plus saine de nos finances, de nos moyens.

Le sentiment de ne pas mériter l’argent revient souvent. Il y a aussi l’idée de ne pas être «bons» en finances. Bien des personnes doutent de leurs capacités, même lorsqu’elles ont les ressources pour faire de bons choix.

Est-ce que cet état d’esprit est différent chez les femmes?

On remarque qu’elles ont souvent moins confiance en elles en matière financière, qu’elles sont plus prudentes face au risque et ont une certaine culpabilité liée au fait de vouloir gagner plus d’argent. À cela s’ajoutent des réalités comme la charge mentale ou les interruptions de carrière en raison de la maternité… Ça pose des défis supplémentaires, c’est certain.

Ton livre est-il un outil pour permettre aux femmes de renforcer leur autonomie?

Oui, totalement. Il s’adresse à tout le monde, mais aux femmes en particulier, qui pourraient y trouver des moyens de reprendre le pouvoir sur leurs finances. Cet ouvrage nous permet de comprendre que notre situation financière repose sur nos choix, nos actions et notre façon de voir l’argent. Il propose des outils concrets pour reprendre confiance en nous et passer à l’action.

Qu’est-ce que le bien-être financier évoque en toi?

La légèreté. Un sentiment de paix intérieure, de sécurité et d’apaisement. Quand le stress financier diminue, on libère de l’espace mental pour se concentrer sur ce qui compte vraiment.