On parle beaucoup d’entrepreneuriat féminin. Mais on parle encore trop peu de repreneuriat, c’est-à-dire le processus par lequel une personne reprend une entreprise existante pour continuer de la faire grandir et avancer. Et pourtant, les prochaines années vont être décisives pour l’économie québécoise et canadienne: des milliers d’entreprises, solides et rentables, ancrées dans leurs communautés, chercheront une relève. Ces PME ne demandent pas seulement à continuer, elles attendent d’être transformées, propulsées, réinventées. Par qui? Par plus de femmes.

Trop souvent, même devant des occasions en or, on hésite. On doute de notre légitimité, de notre expérience, de notre capacité financière. On attend le moment parfait pour nous sentir «prêtes». Et pourtant! Reprendre une entreprise, ce n’est pas tout savoir. C’est savoir apprendre, s’entourer des bonnes personnes, prendre des décisions courageuses, se fier à notre instinct. C’est oser entrer dans la pièce, s’asseoir à la table, même avec la peur au ventre.

Les études le montrent: quand les femmes reprennent des entreprises, elles ne se contentent pas de les faire croître. Elles transforment la culture organisationnelle, réinventent la gouvernance, insufflent des pratiques plus humaines et durables – sans sacrifier la performance. Dans une économie en transition, ce style de gestion change tout. Il fait la différence entre une simple continuité et une vraie réinvention.

Le repreneuriat au féminin est l’occasion de redessiner à notre façon l’économie québécoise et canadienne. Il faut plus de femmes qui achètent, qui négocient, qui signent. Pas plus tard, pas «quand on sera rendues là». Maintenant.

Parce que le repreneuriat, ce n’est pas seulement le fait de reprendre une entreprise. C’est de nous choisir. C’est choisir de croire en nos capacités, en notre vision et en l’influence qu’on peut avoir. C’est nous approprier une place dans l’économie, tout en métamorphosant la manière dont le marché fonctionne. Chaque femme qui ose franchir ce pas devient à la fois entrepreneure et instigatrice de changement.

Lançons-nous!

Photo Andréanne Gauthier

Stylisme Vanessa Giroux

Mise en beauté Sophie Parrot

Vêtements: chemisier rayé bleu-blanc-rouge (Loewe, chez Holt Renfrew), deni, bleu (Zimmerman, chez Holt Renfrew), bijoux (Drae collection et Simons).