Entre les remises en argent, les programmes de points liés aux voyages, au cinéma ou à l’épicerie, les frais annuels, les gratuités et les taux d’intérêt, l’offre est vaste. Pas étonnant qu’il soit difficile de déterminer la carte la mieux adaptée à notre quotidien. Bien utilisée, elle devient un outil précieux; mal maîtrisée, elle peut rapidement devenir une source de stress financier.

Selon un sondage mené en avril par The Harris Poll pour NerdWallet, près de trois Canadiens sur quatre ont payé leurs achats essentiels avec une carte de crédit au cours des 12 derniers mois. Sans devoir être expert en finances, comprendre quelques notions de base peut réellement contribuer à notre bien-être financier.

Comment fonctionne notre carte de crédit?

La limite de crédit correspond au montant maximal que nous pouvons dépenser. Elle est établie lors de l’obtention de la carte. On peut ensuite demander à l’émetteur de l’ajuster, mais celui-ci ne peut l’augmenter sans notre consentement.

Chaque carte fonctionne avec un cycle de facturation, soit la période entre deux relevés, généralement de 28 à 31 jours. À la fin de ce cycle, un délai de grâce de 21 à 25 jours permet de rembourser le solde complet sans payer d’intérêts. Idéalement, c’est la voie à privilégier. Sinon, il reste important de régler au moins le paiement minimum, dont le calcul est défini dans la convention de crédit.

Avec l’incertitude et l’inflation persistantes, plus de la moitié des Canadiens avaient une créance sur leur carte de crédit, selon l’enquête publiée par NerdWallet. Les millénariaux sont par ailleurs les plus touchés: 72 % d’entre eux traînent une dette, n’ayant pas remboursé leur solde complet à la fin du cycle de facturation.

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Quels sont les pièges à éviter?

Rembourser seulement le paiement minimum

La tentation d’un achat coup de cœur est grande, mais si un solde demeure impayé, mieux vaut s’abstenir. Les modes changent, les dettes restent – surtout avec un taux d’intérêt moyen autour de 19 %.

Utiliser sa carte pour des avances de fonds

Un restaurant n’accepte que les paiements en espèces et le montant disponible dans notre compte-chèques est de 18 sous? Retirer de l’argent avec sa carte de crédit est une mauvaise idée étant donné que les intérêts sur les avances de fonds sont encore plus élevés que ceux sur les achats. Pire, ils sont calculés dès le moment où l’argent est obtenu.

Oublier sa date de paiement

Un simple rappel dans l’agenda (ou mieux, un remboursement automatique!) suffit pour écarter cette erreur aux conséquences coûteuses.

Utiliser plus de 30 % de sa limite de crédit

Plus le solde se rapproche du plafond autorisé, plus ça risque de miner notre cote de crédit. Ce pointage qui varie entre 300 et 900 évalue la capacité d’une personne à rembourser ses dettes. Plus il est élevé, plus la personne est considérée comme fiable.

Payer les transactions effectuées à l’étranger en devises canadiennes

Pour «faciliter la vie» de leur clientèle, certains commerces proposent de régler la note dans la devise d’où la personne est originaire. Par exemple, à Paris, si un cappuccino ou un verre de vin coûte 3 euros, on pourrait plutôt choisir de payer 4,87 $ canadiens. Mais attention! Non seulement le taux de change n’est pas avantageux, mais notre émetteur peut ensuite facturer des frais additionnels. Il vaut donc mieux régler l’addition en euros. De toute façon, le montant qui apparaîtra sur le relevé de carte de crédit sera affiché en dollars canadiens.

Cumuler les cartes de crédit

Aux yeux d’une institution financière, 10 cartes de crédit avec chacune une limite de 10 000 $, même vides, représentent un risque de s’endetter de 100 000 $. Multiplier les cartes peut compliquer l’accès à un prêt hypothécaire ou tout autre type de financement, par exemple. Et, chaque demande pour une nouvelle carte requiert une vérification de notre dossier de crédit par la banque, ce qui peut légèrement faire baisser notre cote.

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Comment bien magasiner notre carte de crédit?

Tout dépend de nos objectifs. Souhaite-t-on réduire nos dépenses d’épicerie et d’essence? Ou accumuler des points pour un voyage à Bali? Avant de comparer les options, il est utile d’identifier les catégories où l’on dépense le plus. Si nos déplacements professionnels sont fréquents, on a tout intérêt à choisir parmi les cartes assorties de primes-voyages. Celles-ci incluent souvent des assurances, des accès aux lounges dans les aéroports ou, encore, des nuitées gratuites à l’hôtel, en échange d’un certain nombre de points. De leur côté, celles offrant des remises en argent à l’épicerie donnent davantage de gains tangibles chaque mois. Une option intéressante si on veut éviter de se casser la tête à essayer de trouver la meilleure stratégie pour accumuler le plus de points possible.

Ensuite, on détermine si on compte (et si on peut) régler la totalité de notre solde chaque mois. Dans le cas contraire, les options proposant un taux d’intérêt plus bas sont plus appropriées.

Certaines cartes sont gratuites, alors que d’autres imposent des frais annuels, parfois de plusieurs centaines de dollars. Or, le jeu n’en vaut pas toujours la chandelle: les avantages qui en sont tirés doivent supplanter les frais payés. Par exemple, si on paie 500 $ par an pour une carte de crédit axée sur les voyages, mais qu’on obtient pour la même période l’équivalent de 100 $ de rabais sur un vol, on économise 400 $ en possédant plutôt une carte sans frais annuels. Parmi elles, certaines requièrent aussi un revenu annuel minimum.

Pour simplifier le tout, le gouvernement du Canada propose un comparateur de cartes de crédit aidant à cibler celles qui conviennent le mieux à notre situation. Quel que soit le choix final, une chose demeure: avec les cartes de crédit, tout se joue dans les détails! Et les comprendre, c’est transformer cet outil en un véritable allié de notre portefeuille.