Selon les plus récentes projections, d’ici 2030, près de 45 % des femmes américaines âgées de 25 à 44 ans seront célibataires et sans enfants. Un portrait social qui tranche nettement avec celui des générations précédentes. Plus autonomes, plus scolarisées et plus présentes sur le marché du travail que jamais, les femmes redéfinissent les modèles de la vie adulte, et ce, dans un contexte économique de plus en plus exigeant.

Depuis 2021, 15 % des ménages sont constitués de personnes seules. Dans un monde pensé pour les couples ayant deux revenus, la réalité économique d’une personne seule est truffée de défis, notamment celui de devoir assumer l’entièreté des coûts de base: le loyer, l’électricité, la voiture, les assurances, entre autres. La tâche n’est que plus lourde pour les femmes, en raison des inégalités structurelles dont elles font les frais, à commencer par l’écart entre leur salaire et celui des hommes.

Il est estimé que, à qualification égale, un homme gagnera de 500 000 $ à un million de dollars de plus qu’une femme au cours d’une carrière de 35 ans. À cela, il faut ajouter la «taxe rose» (soit le surprix d’un produit et d’un service destiné aux femmes) et la pression sociale implicite d’investir davantage dans son apparence pour être perçue comme «professionnelle». Vêtements, maquillage, coiffure, soins esthétiques; autant de dépenses qui grugent le portefeuille des femmes. Les femmes, qui ont en moyenne une espérance de vie plus longue que les hommes, doivent également prévoir qu’elles passeront davantage d’années à la retraite.

Mais vivre en solo n’a pas que des désavantages. Avoir le contrôle absolu de ses décisions, financières et personnelles, c’est un privilège auquel trop peu de femmes ont eu accès par le passé. De plus, lorsqu’elles font les choix de ne pas avoir d’enfants, elles peuvent maintenir plus facilement un bon niveau de vie avec un seul revenu et jouir de la flexibilité d’une planification financière qui n’affecte qu’elle-même.

Noémi, 43 ans, travaille dans le secteur du jeu vidéo et gagne un peu plus de 130 000 $ par année. Après avoir effectué un changement de carrière radical au début de la trentaine, elle a depuis fait l’achat d’un condo et considérablement haussé son niveau de vie. «Même avec un bon salaire, dit-elle, je dois faire des choix réfléchis et je n’arrive pas à économiser autant que je le voudrais. Je n’ai pas de régime de retraite de mon employeur, mais j’ai de bonnes assurances et je cotise à un REER depuis maintenant 10 ans. Ce qui me préoccupe le plus, c’est de pouvoir subvenir à mes besoins en cas de maladie ou de perte de revenus, d’avoir une retraite décente et d’être en mesure d’aider ma mère vieillissante lorsqu’elle en aura besoin.»

Maîtriser ses finances, en tant que femme seule, ça commence par poser un regard lucide sur sa situation. En d’autres mots, ça signifie se mettre les deux mains dedans. Des logiciels de calcul comme Excel sont de bons outils pour surveiller ses «habitudes de consommation». Ces mots sèment sans doute la terreur dans l’esprit de plusieurs d’entre nous, mais la connaissance et l’engagement demeurent le meilleur remède à l’incertitude chronique!

Faire appel aux services d’une ou d’un conseiller financier, c’est aussi une excellente façon d’évaluer ses revenus, ses dépenses et ses dettes afin de dresser un portrait juste de sa situation, de se fixer des objectifs clairs et d’élaborer un plan d’action personnalisé. Ce plan devrait être revu annuellement et adapté à ses besoins, à ses ressources et à sa réalité, par exempls un changement de carrière, une importante promotion, un retour aux études, ou tout autre projet personnel (achat d’une propriété, d’un nouveau véhicule, voyage, rénovations, plan de traitement dentaire…).

Une ou un professionnel sera aussi en mesure de démystifier les différentes stratégies de placement (qu’il vaut généralement mieux diversifier, afin de répartir les risques et d’optimiser la croissance à long terme), d’épargne et de planification de la retraite.

Soixante-dix-sept pour cent des femmes canadiennes disent ne pas se sentir assez informées ou qualifiées pour parler d’investissement. Un pourcentage peu étonnant quand on se rappelle qu’une femme ne pouvait même pas posséder son propre compte en banque il y a quelques décennies à peine. Mais les choses ont changé, et les femmes visent plus haut que jamais. Une révolution de la culture financière au féminin, ça vous dit?