Elle touche majoritairement les femmes

Selon l’Association canadienne de dermatologie, l’acné touche de 20 à 30% des adultes âgés de 20 à 40 ans; 75 % d’entre eux sont des femmes.

Ses symptômes diffèrent de l’acné juvénile

Le point en commun de l’acné juvénile et l’acné adulte? Une fluctuation hormonale qui augmente la sécrétion de sébum et bouche le follicule pilo-sébacé. Cet environnement invite la bactérie C. acnes, présente normalement dans le microbiome, à s’y loger pour se nourrir des acides gras du sébum. Une fois bien installée, elle relâche des molécules pro-inflammatoires qui causent la rougeur, chaleur, douleur et enflure des boutons.

La ressemblance s’arrête là, selon William Gauthier, formateur régional pour le groupe Pierre Fabre: «À la puberté, l’acné affecte principalement la zone T (menton, nez et front) et se présente sous forme de points noirs et points blancs. Elle touche surtout les peaux grasses et ne laisse généralement pas de marques. L’acné adulte touche plutôt la zone U (mâchoire, menton, cou et torse) et forme des microkystes, des nodules sans ‘têtes blanches’ qui peuvent être très douloureux. Elle ne nécessite pas d’environnement séborrhéique pour proliférer, ce qui signifie que tous les types de peau peuvent en souffrir. Et comme les tissus se régénèrent plus lentement avec l’âge, elle laisse souvent des traces comme des tâches pigmentaires ou des cicatrices atrophiques.»

Les causes exactes ne sont pas encore claires, mais on connaît plusieurs facteurs déterminants

Les changements hormonaux sont toujours à pointer du doigt, mais cette fois-ci, le grand coupable est le cortisol, communément appelé hormone du stress. «Plus on subit de stress, plus le corps sécrète de cortisol, qui à son tour augmente les niveaux d’hormones androgènes provoquant la surproduction de sébum, explique William Gauthier. Pour empirer les choses, le renouvellement cellulaire ralentit avec l’âge, ce qui signifie que les cellules mortes s’accumulent à la surface de la peau contribuant ainsi à la congestion.»

Certains gestes du quotidien peuvent aggraver cette condition

On doit à tout prix éviter de «crever» les boutons; la peau ne se répare plus aussi vite qu’avant, et les cicatrices engendrées resteront bien plus longtemps que l’éruption. Les gommages abrasifs sont aussi à proscrire, parce qu’un frottement sur la peau déjà irritée ne fera qu’empirer l’inflammation, en plus de propager les bactéries sur les autres zones du visage. «L’idéal est d’utiliser un cache-cernes pour camoufler les imperfections de façon locale, au lieu de couvrir le visage entier d’un fond de teint épais; les formulations grasses risquent de se mélanger aux cellules mortes et de créer de nouveaux ‘bouchons’, dit Chloe Smith, formatrice nationale et directrice des communications scientifiques pour SkinCeuticals. Se coucher sans nettoyer son visage est une autre recette gagnante pour faire suffoquer la peau et multiplier les bactéries responsables de l’acné. Une autre mauvaise habitude à proscrire est de laver ses taies d’oreiller trop rarement, considérant l’huile, la transpiration, les produits coiffants et autres résidus qui s’y accumulent.»

D’autres gestes ont démontré un impact positif sur l’acné

Faire de l’exercice favorise la santé générale de la peau en augmentant l’apport en sang et en oxygène aux couches superficielles. On doit cependant s’assurer de nettoyer son visage et/ou son corps dans l’heure suivant l’activité physique afin d’éliminer toute transpiration. Chloe Smith indique: «C’est évidemment plus facile à dire qu’à faire, mais il faut trouver des moyens de gérer son stress. Ça peut passer par la pratique du yoga ou de la méditation, se débarrasser des personnes ou situations toxiques dans sa vie, être plus doux envers soi-même ou prendre de quelques minutes à quelques heures pour soi au courant de la semaine. Une alimentation riche en légumes et en fruits aide aussi à réduire l’inflammation associée à l’acné, contrairement aux aliments transformés, pains raffinés et produits laitiers qui contribuent aux réactions inflammatoires cutanées.»

Trouver le bon traitement en vente libre peut occasionner bien des maux de tête

D’un côté, les soins anti-acné conçus pour la peau grasse sont beaucoup trop asséchants dans le cas de l’acné adulte; une peau déshydratée ou sèche se protégera des agressions extérieures en produisant davantage de sébum. On risque également d’affaiblir le microbiome cutané, soit la communauté de «bonnes» bactéries présentes à la surface de notre peau formant une sorte de bouclier protecteur contre les «mauvaises» bactéries extérieures, qui peuvent causer bon nombre de problématiques, incluant l’acné.

De l’autre, les soins anti-âge sont généralement riches en huiles susceptibles d’aggraver la congestion des pores, ce qui nous force à choisir entre une peau ferme parsemée d’imperfections ou une peau ridée sans boutons.

Les meilleurs soins ciblent aussi d’autres préoccupations cutanées de la femme adulte

Par chance, certaines molécules nous permettent de faire d’une pierre plusieurs coups. «Les rétinoïdes accélèrent le renouvellement cellulaire pour empêcher les pores de se boucher, en plus de cibler les signes de l’âge comme les ridules et les taches pigmentaires, affirme Chloe Smith. Je recommande particulièrement le Retinol 0.3 de SkinCeuticals, car il est assez doux pour être utilisé plusieurs fois par semaine sans subir l’irritation typique associée aux rétinoïdes. Les nettoyants contenants des ingrédients exfoliants doux comme l’acide glycolique, l’acide salicylique ou l’acide sulfonique sont d’une grande aide pour entamer le processus d’exfoliation dès l’étape du nettoyage.»

William Gauthier propose le sérum Keracnyl de Ducray, un soin spécialement conçu pour la femme adulte: «Sa force, c’est une triple action: anti-imperfections, anti-marques et anti-âge. Il contient de l’acide glycolique pour décoller les peaux mortes, une molécule antibactérienne qui agit directement au site de l’infection et de l’acide azélaïque qui réduit l’inflammation et atténue les signes de l’âge.»

Dernière chose: tous les experts s’entendent pour dire qu’il est crucial d’appliquer un écran solaire chaque jour de l’année afin de prévenir les nouvelles éruptions ainsi que la pigmentation post-inflammatoire tenace.