Sport en vacances: oui ou non?

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Juin 18 2019 par
Categories : Santé et forme

L’été, nos horaires varient et nos habitudes aussi. Est-ce le moment rêvé pour se laisser aller au farniente ou pour enfiler plutôt nos espadrilles? On a sondé l’avis de divers pros. Un, deux, trois… go!

 

Vous venez d’arriver à destination. Êtes-vous du genre à partir jogger chaque matin, à peine le soleil levé? Ou préférez-vous recharger vos batteries de workaholique en levant à peine le petit doigt pendant tout votre séjour? De l’avis des experts, l’été est la saison rêvée pour décompresser, faire le plein de bons moments… et pour tonifier sa silhouette au passage! Bref, cette ambiance de vacances – exempte de tout stress – serait propice à la remise en forme. Mais comment y arriver et à quels résultats aspirer? Tour d’horizon.

DÉCROCHER DU GYM: UNE BONNE IDÉE?

Ugo Legrand, ex-judoka français et cofondateur de l’application Yogowo, juge nécessaire de prendre le temps de souffler, l’été. «Ça fait partie intégrante de la pratique sportive, soutient-il. Ne pas prendre de pause peut, dans les faits, être contreproductif en engendrant une lassitude. Or, le but premier du sport est de se faire plaisir, pas de souffrir!» Lucile Woodward, entraîneuse personnelle, défend aussi l’idée d’un temps d’arrêt, qu’elle avoue d’ailleurs s’offrir à cette période-ci, annuellement. «Quand on pratique la même activité sportive deux ou trois fois par semaine, c’est bien de lever le pied 15 à 20 jours d’affilée durant l’été, pour permettre à l’organisme de se reposer et de réparer ses petits bobos, affirme-t-elle. Cela vaut pour les sportifs de haut niveau autant que pour monsieur et madame Tout-le-Monde qui combinent boulot, voyagement, vie de famille et séances d’entraînement hebdomadaires. C’est même bénéfique côté performances: quand on se remet à la tâche, les fibres musculaires répondent bien et on a le sentiment d’avoir progressé», assure la coach. Une coupure salvatrice, en somme, mieux connue sous l’appellation de «phénomène de surcompensation».

C’EST RISQUÉ DE SUSPENDRE L’ENTRAÎNEMENT?

Carine avoue éprouver une crainte légitime: «J’ai peur, en suspendant mon programme quelque temps, de prendre du poids et de me ramollir!» Elle ne cesse donc jamais de courir. Or, le Dr Patrick Bacquaert, médecin-chef à l’Institut de recherche du bien-être, de la médecine et du sport santé (IRBMS), situé en France, se fait rassurant. «On ne grossit pas parce qu’on cesse de s’entraîner pendant 15 jours! Physiologiquement, la régression survient au bout de trois semaines d’arrêt total, comme on a pu le mesurer chez les athlètes blessés», précise le docteur. Et soyons honnêtes: on n’est pas immobilisée quand on est en vacances! On continue de bouger quotidiennement, même si on suspend l’entraînement. «C’est d’ailleurs indiqué de le changer un peu», avoue Valérie Orsoni, auteure de Body Challenge (éd. Marabout) et fondatrice du site LeBootCamp. «Par exemple, pourquoi ne pas remplacer les squats de nos cours de gym par de la nage en eau vive? Ou décider de laisser la voiture garée pour se déplacer à pied, sachant qu’on a du temps devant nous et qu’on désire explorer?» Et si on est accro aux efforts physiques? «On augmente alors notre temps de marche et on teste d’autres activités, recommande le Dr Bacquaert. Car pour améliorer notre pratique à la rentrée, la variété est nécessaire, estime-t-il. C’est la polyvalence qui améliore les capacités physiques.» Pour preuve: le soccer, le golf et même le yoga se retrouvent au calendrier de préparation physique des hockeyeurs des Canadiens de Montréal, entre deux matchs sur glace. Si c’est bon pour nos Glorieux, ce doit l’être pour nous aussi…

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Crédit photo: Max Abadian

AU CONTRAIRE! C’EST LE MOMENT IDÉAL

L’idée derrière la pause estivale? Faire du sport sans s’en rendre compte! «On se sent tout aussi bien après un quart d’heure de jogging qu’après une heure de marche», note Alexandra Dalu, médecin et auteure de 100 idées reçues qui vous empêchent d’aller bien (éd. Leduc. S). «Le sport est un plaisir spontané, ajoute-t-elle. L’effet se fait tout de suite ressentir sur nos émotions et notre bien-être.» Et la Dre Dalu va plus loin: «Plusieurs études démontrent même que les sportifs adoptent inconsciemment une alimentation plus saine.» C’est tout bon, en somme! Jeanne, 31 ans, partage avec nous son vécu de jeune maman. «Je ne fais pas de sport tout au long de l’année, car le soir après le travail, je préfère rentrer sans tarder afin de retrouver mon petit garçon. Et ne me parlez pas d’entraînement matinal: c’est pour moi synonyme de torture! Cela dit, en vacances, je chausse mes palmes et je nage deux kilomètres chaque jour afin de faire travailler mes cuisses et mes muscles fessiers. Je saute aussi sur un trampoline. Résultat: au bout de 10 jours, je me sens tout de suite plus tonique et musclée. C’est tout ce qu’il me faut!» explique-t-elle. La preuve en est qu’il devient plus facile de se motiver quand on a du temps devant soi, qu’on ne ressent aucune pression et que l’environnement est inspirant. «Je choisis toujours mon lieu de vacances en fonction des activités de plein air qu’on y propose», précise France Carp, consultante en forme et bien-être, et auteure du livre Anatomie d’une vie de femme épanouie: le journal hormonal de mon corps (éd. Hugo & Cie). «Nage, randonnée, sports aquatiques… J’ai vraiment l’impression de me ressourcer quand je suis fouettée par la mer! Ça m’amuse aussi beaucoup. » Pour tirer un maximum de satisfaction (et quelques bénéfices) de notre programme de vacances, une condition prévaut cependant: il faut y aller à son rythme, sans présumer de ses forces, surtout en début de séjour quand  la fatigue est à son comble. «C’est important d’écouter son corps, de repérer les moments où ce dernier a besoin de relâcher tout et de récupérer», juge la Dre Dalu. «Attention à la randonnée à pied ou à vélo avec un copain en meilleure condition physique que soi, pour qui tout paraît facile, prévient le Dr Bacquaert. On ne commence pas par une balade en montagne de six heures, pas plus qu’on ne roule 40 kilomètres à vélo sans entraînement préalable. Il faut être raisonnable et savoir s’arrêter en cas de douleur, somme le médecin. On pense aussi à bien s’hydrater: c’est la clé pour prévenir les blessures.» Balade en kayak, partie de volleyball de plage… Si on doit retenir une leçon, c’est celle-ci: on peut AUSSI se faire plaisir sans souci de performance. «Pratiquer en dilettante est bénéfique pour la santé et la physiologie, considère l’entraîneuse Lucile Woodward. Surtout si on adopte, en parallèle, une bonne hygiène de vie.» À bon entendeur…

ON BOUGE COMMENT?

«S’il est rare d’arriver à se mettre au sport classique quand on n’aime vraiment pas ça, ça ne nous empêche pas de prendre conscience de ses bienfaits et de nous motiver à accorder une place, dans notre quotidien, à une quelconque activité physique», note la Dre Dalu. Ses conseils afin de bouger avec plaisir cet été?

MARCHER une heure par jour, dont une demi-heure à un rythme rapide, quitte à trottiner pendant un quart d’heure.

MONTER et descendre des escaliers pendant une dizaine de minutes. Ça huile les articulations, ça fait tout fonctionner et ça améliore tant le gainage musculaire que la concentration mentale.

ALTERNER musculation (quelques exercices pratiqués sur sa serviette de bain) et cardio (jeux de ballon ou de raquette sur la plage) afin de développer toutes nos fibres musculaires.

NOS PISTES SPORTIVES ESTIVALES

Suggestions d’activités à tester en famille ou entre amis pour bouger tout en s’amusant.

À MONTRÉAL

1) On s’offre une leçon de paddle board et yoga sur le fleuve Saint-Laurent. parcjeandrapeau.com

2) On chausse nos patins à roues alignées et on longe le canal de Lachine. Un parcours urbain et verdoyant de 13,5 km nous attend. pc.gc.ca

3) On navigue sur le lac aux Castors, dans le parc du Mont-Royal. Chaloupes et bateaux téléguidés nous sont proposés. lemontroyal.qc.ca

DANS LE RESTE DU QUÉBEC

1) On emprunte la Véloroute du Fjord, depuis Chicoutimi. Longue de plus de 400 km, elle permet aux cyclistes débutants ou aguerris de rouler tout en admirant les splendeurs du Saguenay–Lac-Saint-Jean. quebecvacances.com

2) En quête de sensations fortes? Le parcours de cinq tyroliennes Ziptrek, qui surplombe le mont Tremblant, est époustouflant, nous donnant à voir – du haut des airs – des paysages à couper le souffle. tremblant.ziptrek.com

3) On se laisse tenter par une escapade en amoureux dans les Cantons-de-l’Est. Le lac Massawippi et ses abords regorgent d’options sportives pour tous les goûts (pistes cyclables, sentiers de randonnée pédestre ou équestre, balades en kayak, etc.). cantonsdelest.com

 

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