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Stéphane Dompierre se balance de l’apparence

Martine Doyon Photographe : Martine Doyon Auteur : Elle Québec

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Stéphane Dompierre se balance de l’apparence

J'ai beaucoup de femmes pour amies et, en cela, je me sens privilégié. (En échange, je sais garder un secret et je change le nom de celles dont je dévoile tout dans mes romans.) Mais il y a un sujet de conversation qui m'énerve avec les femmes, c'est le poids et l'obsession de la minceur. «Je suis grosse», me disent des amies qui pèsent 120 livres, ou encore «Il faut que je file au gym, j'ai mangé un hamburger hier soir!»

Quand vient le temps de les rassurer, soit elles sont atteintes de surdité temporaire, soit l'information ne se rend pas au cerveau. Et tenter la psychologie inversée en m'autodénigrant ne fonctionne pas plus. «Une bedaine? Ben voyons, t'as pas de bedaine», qu'elles me répondent. Aveugles, en plus. Je fais partie du 48 % d'hommes qui considèrent comme «excessif, inutile ou énervant» que les femmes surveillent en permanence leur poids.

Voir des femmes minces et belles qui se trouvent moches et pour qui se nourrir est une suite de privations et de culpabilité, c'est plutôt triste. J'ai eu beau essayer, il n'y a aucun moyen de les convaincre du contraire. Avoir une piètre image de soi ne peut venir que de soi, des critères trop élevés qu'on s'est fixés.

 

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Et si c'est ennuyant d'aller au restaurant avec une femme qui n'est pas en paix avec son corps, je n'ose imaginer ce que c'est d'aller au lit avec elle. Je me rappelle un moment où je sirotais un café à une terrasse, dans un quartier branché de Paris.

Je regardais passer toutes ces femmes très belles, ultraminces, habillées à la dernière mode, aux coupes de cheveux asymétriques et à l'attitude désinvolte, en me demandant pourquoi elles ne m'attiraient pas du tout. Puis est arrivée cette femme époustouflante, follement sexy; certains diraient qu'elle était grassette, disons plutôt qu'elle était plantureuse. Tous les hommes l'ont suivie du regard, les femmes aussi.

 Elle portait une robe banale, ses cheveux étaient relevés en queue de cheval, mais elle accaparait toute l'attention en raison de son sourire craquant et de sa démarche pleine d'assurance. Je n'ai entendu personne critiquer ses rondeurs. C'était de toute évidence une bonne vivante, bien dans sa peau, qui ne se gênait pas pour manger tout ce qui lui faisait envie. D'ailleurs, je serais bien allé au restaurant avec elle.

 

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