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Les femmes entre elles

Auteur : Elle Québec

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Les femmes entre elles

Je connais un gars qui a travaillé dans l'entourage d'une femme de pouvoir. Une femme sexy, intelligente, indépendante et riche. Très riche. Bien sûr, je ne vous dévoilerai pas l'identité de la dame.

Vous insistez? OK d'abord, je vais vous le dire: Belinda Stronach.

«C'est une des femmes les plus intelligentes et les plus allumées que j'aie rencontrées», m'a dit mon ami, un trémolo dans la voix.

Hélas, une partie de la population haït cette femme. Vous savez qui? Je vous le donne en mille: les femmes.

En général, les hommes sont impressionnés par Belinda. Mais les femmes la détestent. Elles lui tournent le dos dès qu'elle entre dans une pièce. Pourquoi? Simple: Belinda Stronach est sexy, intelligente, indépendante et riche. Tout ce qu'elles voudraient être.

On dit souvent que les femmes sont solidaires, qu'elles s'entraident, s'encouragent, se supportent.

Foutaise.

En général (je dis bien «en général», car je connais des femmes qui échappent – heureusement – à cette règle), les femmes se détestent entre elles. Personne n'est aussi critique envers une femme qu'une autre femme. Ce ne sont pas les hommes qui jugent les femmes sur leur apparence: ce sont les femmes.Les femmes détestent les femmes sexy. Elles détestent les femmes intelligentes. Elles détestent les femmes indépendantes. Et elles détestent les femmes riches.

Tous les gars vous le diront: les femmes sont extrêmement cruelles entre elles. Elles voient toutes les autres femmes comme des rivales potentielles.

Faites le test: la prochaine fois que vous irez dans un party, regardez la réaction des femmes lorsqu'une jolie fille entre dans la pièce. Elles font le dos rond, froncent les sourcils, montrent leurs dents et aiguisent leurs griffes. Tout juste si on ne les entend pas siffler comme des chattes.

Je connais une fille qui a travaillé dans un milieu presque exclusivement féminin. Et cette amie adorait son boulot. «Mais il manque de gars, m'a-t-elle confié. Un bureau essentiellement composé de filles, c'est l'enfer. Quand les gars ont des conflits à régler, ils n'y vont pas par quatre chemins. Alors que les filles, elles, font toujours les choses par en dessous...»

Cela dit, si les femmes sont hyper compétitives entre elles, c'est peut-être parce que les hommes attisent cette compétition.

Regardez les galas, par exemple. Tous les gars sont habillés de la même façon: ils portent tous un smoking noir, une chemise blanche et un noeud papillon. Personne ne grimpe dans les rideaux quand un pingouin rencontre un autre pingouin. C'est normal. C'est comme ça que ça se passe dans le merveilleux monde des pingouins.

Mais si deux femmes qui portent la même robe se croisent malencontreusement devant les caméras, c'est le scandale. Les journaux à potins en font leurs choux gras, les canaux télévisés repassent la scène en boucle – bref, ça devient une histoire nationale.

D'où ma théorie: les femmes sont cruelles entre elles parce qu'on leur en demande davantage.

Un homme a beau être gros comme un porc, laid comme un pou et s'habiller comme la chienne à Jacques, s'il est drôle, hétéro et qu'il veut des enfants, on le considère comme un dieu grec, alors qu'une femme, elle, doit performer dans plusieurs domaines si elle veut attirer le regard des hommes. Elle doit être jolie, avoir une belle personnalité, de la conversation et savoir bien s'habiller... sans parler de la performance au lit!

Elles se jalousent entre elles, les femmes? Oui. Mais c'est peut-être parce qu'elles en ont ras le bol de se faire larguer pour quelqu'un de plus jeune, de plus sexy et de plus riche qu'elles.


Article publié originalement dans le numéro de mai 2007 du magazine ELLE QUÉBEC
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