L'écrivain le plus lu en France vient de publier son huitième roman. Un autre succès de librairie en vue?
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Toutes ces choses qu'on ne s'est pas dites (Robert Laffont) n'est pas sans rappeler le premier roman de Marc Lévy, Et si c'était vrai... Cet enfant chéri du cinéma flirte encore une fois avec le surnaturel. Entre New York, Berlin et Montréal, un homme d'affaires donné pour mort tente de rattraper le temps perdu avec sa fille, qui avait coupé tout contact avec lui.
Montréal occupe une place importante dans votre roman. C'est une ville qui vous inspire?
J'aime profondément Montréal, c'est une ville où j'aimerais vivre. J'y ai mes habitudes, mes lieux préférés, mes repères. Je m'y sens extrêmement bien. À défaut de pouvoir y vivre, je m'y retrouve dans l'écriture, et c'est un grand bonheur!
Un homme qui revient à la vie grâce aux nouvelles technologies, vous y croyez?
Anthony Walsh ne revient pas à la vie. Grâce à la technologie, il a été capable de laisser à sa fille, après sa mort, autre chose qu'un message vidéo. Il a transféré sa mémoire dans un androïde; il n'est¸pas pour autant revenu à la vie. À moins que...
L'importance de la famille est au coeur de votre livre. Vous avez un message à transmettre aux pères absents... et aux enfants ingrats?
Je ne me suis jamais senti la capacité ni l'autorité de passer des messages mais, au lendemain de la parution de ce roman, j'ai reçu un courriel d'une lectrice qui disait: «Je n'avais pas parlé à mon père depuis 11 ans. En refermant votre livre, j'ai compris que je n'aurais pas la deuxième chance de Julia. J'ai appelé mon père et, demain, nous déjeunons ensemble.» Ce message m'a beaucoup touché. L'écriture, dans la plus stricte humilité, c'est aussi de partager des points de vue et des émotions.
On a adoré:
L'été funambule, Louise Dupré (XYZ)
Son écriture à fleur de peau nous émeut, nous chavire. Tant dans ses romans que dans sa poésie, Louise
Dupré sait trouver les mots pour dire la blessure, la cassure. Il y a quelques années, son texte sur les relations
mère-fille, Tout comme elle, porté à la scène par Brigitte Haentjens, nous avait soufflées. Mais là où l'écrivaine québécoise nous a complètement, c'est quand elle glisse du côté de la sensualité exacerbée. Comme dans ce passage de L'été funambule, un recueil de nouvelles qui tient de l'orfèvrerie.
Extrait :
«[...] elle observe à la dérobée les bras nus de cet homme, elle aimerait être tenue entre ces bras-là, elle le croit du moins, mais peut-elle prévoir, est-ce qu'on est jamais sûre de l'effet que suscitera le glissement des mains sur ses épaules, le premier moment où les paumes se moulent à la courbe des hanches, le tout premier moment, celui où on ne sait pas encore si le corps acquiescera?»




