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Le tour du Lac Saint-Jean

Auteur : Elle Québec

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Le tour du Lac Saint-Jean

 Au Lac-Saint-Jean, on peut se baigner en se croyant à la mer, lézarder dans un hamac, «kayaker» ou naviguer sur un voilier de plaisance en toute insouciance, randonner à pied sur le «petit Compostelle» ou à cheval sur la Route des fourrures. Mais tout le monde finit par s’offrir l’incontournable tour du lac, une chouette échappée bleue et verte, de ville en village.

Même s’il ne représente pas un ravissement de tous les instants, le tour du lac forme un itinéraire fort agréable où on part à la rencontre d’un Québec profondément authentique, sympathique et attachant. Seul dilemme que présente ce périple de plus de 200 km: faire le petit ou le grand tour? On dit en effet à la blague que, en empruntant la 169 dans le sens des aiguilles d’une montre, on effectue le petit tour, car on roule sur la voie intérieure de la route, plus proche du lac et à peine plus courte que la voie extérieure...



TOUR DES ATOURS

Je suis parti de Montréal en voiture et je roule depuis cinq heures... La route 155 se met à ondoyer avant d’atteindre un promontoire devant lequel s’étend tout le lac, comme s’il s’agissait d’une vaste scène liquide. Au croisement avec la route 169, je tourne à gauche: c’est dit, je ferai donc le «petit tour». Première étape: Roberval, où se termine chaque année la traversée du lac à la nage. Je compatis avec ceux qui se jettent à la flotte, car j’ai beau scruter l’horizon, je peine à voir l’autre côté de cette vaste mer intérieure.

 

PHOTO: Veloroute des Bleuets

 

Je m’arrête pour croquer un croissant à la boulangerie Perron (637, boul. Saint-Joseph), ouverte depuis 1903, avant de pousser jusqu’à Mashteuiatsh, la réserve montagnaise de Pointe-Bleue, où est situé l’enrichissant musée ilnu (www.museeilnu.ca).

Une fois repu de culture amérindienne, je continue jusqu’à Saint- Prime, où je tombe sur la célébrissime Fromagerie Perron (www.fromagerieperron.com), la plus vieille entreprise fromagère du Québec, dont l’ancien bâtiment a été transformé en musée (www.museecheddar.org). Rassasié plutôt deux fois qu’une, je mets ensuite le cap sur le Zoo sauvage de Saint- Félicien (www.zoosauvage.com).

Incontournable si on voyage avec des enfants, cette vénérable institution animalière regroupe plusieurs espaces naturels judicieusement aménagés où la plupart des 1000 animaux présents s’ébattent presque librement. Par endroits, ce sont même les visiteurs qui sont encagés et qui côtoient les ours noirs, les bisons et d’autres bêtes costaudes, tandis qu’ailleurs une passerelle de bois permet de s’approcher des grizzlis, des pumas et des carcajous.

Après Saint-Félicien, je m’arrête aux Grands jardins de Normandin (www.lesgrandsjardinsdenormandin.com), qui n’ont de grand que le nom et l’espace qu’ils occupent. Même si certains aménagements floraux et les parterres à l’européenne valent le coup d’oeil, on se sent un peu perdu – voire pilonné par le soleil – en déambulant dans ses larges allées.

Je poursuis mon chemin jusqu’à Dolbeau-Mistassini, dont l’ancien hôtel de ville étonne par sa façade d’inspiration vaguement hollandaise. Tout en relief, la nouvelle ville, située au confluent de deux rivières rugissantes, compte de surprenantes plages urbaines. En aval, aux abords du lac, les secteurs de Pointe-Racine et de Vauvert, eux, sont bordés d’incroyables étendues sablonneuses. Comme le dit le Guide du routard: Dolbeau-Mistassini, c’est la «nature sauvage dans un écrin d’urbanité et de vie joyeuse». Les plus belles plages de la région sont cependant un peu plus à l’est, dans le parc national de la Pointe-Taillon (www.sepaq.com), qui forme à lui seul une véritable bénédiction de la nature, avec ses ravissantes pistes cyclables odoriférantes.

 

PHOTO: Musée du Cheddard

AVE MARIA

Avant mon escapade dans le parc, je m’arrête à Péribonka pour visiter la pittoresque maison de l’auteur de Maria Chapdelaine, Louis Hémon. En fait, l’homme de lettres breton n’a passé que quelques mois ici, mais ça lui a suffi pour devenir un écrivain emblématique du Québec.

En reprenant la route, je croise le moulin à vent qu’un résident du coin s’est construit et la cowgirl géante en papier mâché de feu le bar Saint-Henri... Je mets le cap sur L’Ascension-de-Notre-Seigneur et son fabuleux Jardin Scullion (www.jardinscullion.com). Dans cet édénique domaine floral, des cascades de pétales provenant de variétés des quatre coins du monde déferlent de toute part, des sentiers s’insinuent entre mares et ruisseaux, des oiseaux migrateurs se mignotent les plumes. Un lieu splendide, rien de moins que les «Jardins de Métis» jeannois.

Un peu avant Alma, à l’entrée du secteur Saint-Coeur-de-Marie, je dépose mes valises au très sympathique gîte La maison de la rivière Mistouk (www.mistouk.com), et me rends me sustenter juste en face, au Resto des Collines (www.fetesgourmandes.com). Ce restaurant ne paie pas de mine de prime abord, mais il propose des plats du terroir absolument délicieux.

Une fois la panse bien remplie, je me donne comme mission de vérifier que la vie nocturne d’Alma est aussi intense qu’on le dit. Elle l’est! En pleine semaine, vers 22 h, les Almatois fourmillent dans les bars des rues Sacré-Coeur, Collard et Saint-Joseph, sanctuaire des noctambules de la ville.

 

PHOTO:  La maison de la rivière Mistouk

ÇA ROULE AU PAYS DES BLEUETS

Le lendemain, je tombe sur un couple de cyclistes en train de se farcir les 256 kilomètres de la Véloroute des Bleuets (www.veloroute-bleuets.qc.ca). Tous deux n’ont que de bons mots pour l’expérience, l’itinéraire (qui permet de voir le lac plus souvent que depuis la route) et l’efficacité du transport des bagages de gîte en gîte. Le point fort du circuit? La gentillesse des gens, me répondent-ils.

Je reprends la route et j’arrive bientôt à Saint-Gédéon, aux plages aussi jolies qu’animées, avec une petite ambiance du Sud. Pour me mettre dans le bain, je m’accorde une pause à la terrasse de la Microbrasserie du lac Saint-Jean (www.microdulac.com), où on sert de délicieuses et rafraîchissantes bières. Hélas, pas moyen d’en ramener: victime de son succès, la maison est en rupture de stock... Tant pis, je rapporterai du fromage. Je fais donc un crochet par Hébertville pour me procurer le succulent kénogami, qu’élabore avec maestria la Fromagerie Lehman.

Je poursuis mon chemin vers l’ouest, et je fais une génuflexion rapide devant l’église monumentale de Métabetchouan, entourée de mignardes demeures d’antan, non loin d’une autre plage digne de mention. Ici, la route 169 atteint bientôt un autre promontoire dominant le lac majestueux et, quelques dizaines de kilomètres plus loin, je débarque au village historique de Val-Jalbert (www.valjalbert.com).

Construit à partir de 1901 pour héberger les ouvriers d’une usine de pâte à papier, ce village a littéralement fermé ses portes en 1927 pour cause de difficultés économiques. Pourtant, c’était un modèle d’aménagement, avec ses jolies maisonnettes espacées, son eau courante et ses bornes d’incendie stylisées. L’école, le magasin général, le moulin, tout y était... et y est encore.

Pour clore divinement mon tour du lac, je me hisse au haut des 72 mètres de la chute Ouiatchouan, accessible en téléphérique, d’où la vue sur le lac est absolument éblouissante. En contrebas, j’aperçois la rivière, quelques baraques agenouillées sous le poids des années et les rues de Val-Jalbert. Et je me dis que je ne pouvais imaginer meilleure fin de périple que la visite de ce village fantôme. Pendant longtemps, je suis sûr que le tour du lac continuera de me hanter.

 

PHOTO: Village historique de Val-Jabert

CARNET DE VOYAGE

S’y rendre
En empruntant la route 155 ou la route169.

Dormir



Déguster
  • d’excellents burgers au Café du Clocher (19, rue Saint-Joseph Sud, Alma);
  • une cuisine internationale tout en regardant le lac à l’Auberge des Îles (250, rang des Îles, Saint-Gédéon);
  • de la ouananiche fraîche au resto de l’Hôtel Château Roberval (1225, boul. Marcotte);
  • des mets finement mitonnés au Rose et Basilic, à Alma (www.roseetbasilic.com).


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Rapporter
  • des bleuets sous toutes leurs formes de La maison du bleuet (www.lamaisondubleuet.com);
  • de l’artisanat amérindien de Mashteuiatsh.

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Déguster
  • d’excellents burgers au Café du Clocher (19, rue Saint-Joseph Sud, Alma);
  • une cuisine internationale tout en regardant le lac à l’Auberge des Îles (250, rang des Îles, Saint-Gédéon);
  • de la ouananiche fraîche au resto de l’Hôtel Château Roberval (1225, boul. Marcotte);
  • des mets finement mitonnés au Rose et Basilic, à Alma (www.roseetbasilic.com).


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  • des bleuets sous toutes leurs formes de La maison du bleuet (www.lamaisondubleuet.com);
  • de l’artisanat amérindien de Mashteuiatsh.

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PHOTO: Tourisme Alma
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