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Docle Vita a Roma

Fototeca ENIT Auteur : Elle Québec Crédits : Fototeca ENIT

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Docle Vita a Roma

Rome, c’est bien sûr le Colisée, le Vatican, la chapelle Sixtine, la Villa Borghese. C’est aussi la populaire fontaine de Trevi, magnifique, démesurée, réalisée par Niccolò Salvi en 1732 et immortalisée par Federico Fellini dans La Dolce Vita.

Les touristes l’admirent, le souffle coupé, puis se dépêchent de faire un voeu en y jetant une pièce de monnaie. Le mien? Venir souvent à Rome, cité si festive, si gourmande. Entre les auberges, les restaurants, les pizzérias, les pasticceria (pâtisseries) et les enoteca (à la fois boutiques et bars à vin), mes papilles sont ivres de bonheur. Par où commencer cet itinéraire gastronomique sinon par une visite chez le plus célèbre glacier de Rome, Il Gelato di San Crispino ( www.ilgelatodisancrispino.it), situé à quelques pas de la fameuse fontaine. Le lieu est à la hauteur de sa réputation.

Malgré le temps frisquet, nous sommes nombreux à faire la queue devant le commerce pour goûter aux glaces d’une onctuosité incroyable. Je conserve un souvenir ému de la mienne, aux figues et au miel, savoureuse... et riche.

Une petite marche s’imposait, bien évidemment, pour faire descendre cette gâterie, d’autant plus que j’allais sans hésitation pécher à la cena (le souper). Je suis partie admirer le Palazzo del Quirinale (palais du Quirinal), l’ancienne résidence d’été des papes, le Palazzo Massimo alle Terme, le musée d’art antique, et la basilique millénaire Santa Maria Maggiore (Sainte- Marie-Majeure), en songeant aux milliards de gens qui ont arpenté ces lieux au fil des siècles. À Rome, peu importe où on va, tout est magnifico! Comme le restaurant Al Ceppo ( www.ristorantealceppo.it), situé dans Parioli, le quartier chic du nord de la ville. Le décor est composé de boiseries, de miroirs, de grandes draperies et de toiles anciennes, surtout des portraits de femmes, aussi belles que Marielle, mon amie québécoise qui vit à Rome et qui m’accompagnait ce soir-là. La table était raffinée: elle comprenait des charcuteries accompagnées d’olives frites, du risotto à la courgette et au parmesan vieilli, des gnocchis aux fruits de mer, du lapin à la sauce au chocolat noir et de fines lamelles de boeuf grillées au romarin. L’addition était salée, mais la qualité des plats et la beauté du lieu valaient leur pesant d’or. L’ÉLÉGANCE À LA ROMAINE

Tout aussi cher – et mentionné dans tous les guides touristiques –, le resto Il vero Alfredo ( www.alfredo-roma.it), ouvert en 1908, au style Art déco, étrange et suranné. Rien ne semble avoir bougé depuis l’époque où Ella Fitzgerald, Kirk Douglas, Frank Sinatra et Sophia Loren fréquentaient l’endroit.

C’est archikitsch – il faut voir les photos des stars baignant dans un éclairage rosé! – mais totalement irrésistible. Si vous y allez, vous devez absolument essayer les fettuccinis Alfredo, dégoulinants de beurre et délectables.

Non loin de là, près du mausolée d’Auguste (Piazza Augusto Imperator), se trouve le fameux Gusto ( www.gusto.it), à la fois bar à vin, restaurant, pizzéria, oenotèque, boutique et librairie. l’éclairage chaleureux et à l’ambiance conviviale. J’ajouterais aussi grâce aux jeunes, souriants et enthousiastes serveurs et au proprio, Roberto, l’incarnation parfaite de l’élégance masculine décontract. À l’apéro – très couru par les Romaines, tout comme le brunch –, il y a un buffet très sympa, dont on peut profiter gratuitement si on prend une consommation. J’ai goûté des supplis (boulettes de riz et de fromage frites), une frittata (omelette ferme), des brochettes de poulet et un sandwich à la purée d’artichauts tout en me régalant d’un Prosecco de Borgo Molino, choisi parmi les 24 variétés de vin au verre. Gusto récolte tant de succès à Rome que des restos ayant pour nom Busto, Fusto et Rusto ont poussé un peu partout dans la ville. On dirait qu’ils n’existent que pour confondre les touristes. Méfiez-vous!


Entre la Piazza Augusto Imperator et la Piazza di Spagna (place d’Espagne) – spectaculaire avec ses grands escaliers où, paraît-il, se croisent les vedettes et les paparazzis –, des rues toutes plus excitantes les unes que les autres attirent les fashionistas du monde entier. Sur la via dei Condotti se succèdent les boutiques de luxe: Prada, Gucci, Salvatore Ferragamo, Valentino, Giorgio Armani, Bulgari... De quoi rêver!

Je me suis arrêtée chez Furla, aux prix un peu plus abordables. Les sacs en cuir y sont déclinés en plusieurs teintes, comme les porte-monnaies et les ceintures. Pas donnés, mais tout à fait somptueux, «sublimissimes», d’un raffinement inouï, les sacs de la signora Senora Dotti ( www.dotti.biz). Imaginez les plus magnifiques peaux de lézard, d’autruche ou de croco, travaillées par les meilleurs artisans, cousues à la main et offertes dans des couleurs aussi variées que celles de l’arc-en-ciel. Imaginez un sac qui se métamorphose en quatre autres sacs pour faire plus sport, plus classique, plus glamour ou plus fou. Imaginez des fermoirs impeccables, des motifs de papillons, des éventails de pierreries... et voilà, c’est 3000 euros (env. 4900 $) pièce! Cher? Absolument! Mais totalement romain!

DES TRÉSORS À DÉCOUVRIR

Pour me remettre de mes émotions, je me suis attablée au joli restaurant Le Sorelle (www.lesorelle.it), où officient deux filles et leur maman. Ma copine Maria, qui m’accompagnait, s’est délectée de moules, sapides, charnues, servies dans un pot Mason; et moi, d’aubergines aux tomates confites et à la mozzarella di bufala. C’était aérien, suave, à l’instar des vins qu’on nous a conseillés avec beaucoup de compétence. J’ai bu un Fiano di Avellino 2007 de Béchar et un chianti classico 2006 Fèlsina Berardenga, aux tanins souples, en me régalant aussi d’un délectable carpaccio, fait à la seconde (j’entendais le chef battre la viande, la cuisine étant toute proche). Le service de l’adorable et rieuse Cristina ajoutait à ce moment parfait.

Après avoir terminé mon cappuccino, je suis partie en direction de la via del Corso, où je me suis arrêtée chez Naka (www.nakaonline.com). La boutique ressemble à un capharnaüm, mais, en fouillant un peu, on déniche des sous-plats marrants, des moulins classiques ou rigolos, des cafetières à bec double, des tasses offertes en plusieurs coloris, des petits coeurs en verre de Murano et plusieurs modèles de moules à gâteau en silicone. C’est tout mini, tout mimi, et le café servi est délicieux.

On a besoin d’un jean, d’un pull ou d’un imper subito presto? La Rinascente (www.rinascente.it), toujours sur la via del Corso, recèle plusieurs griffes  vendues au Québec, mais certains articles sont moins chers que chez nous et peuvent dépanner en cas de mauvais temps. Et puisqu’on y est, il faut savoir que, lorsqu’il pleut à Rome, tout fonctionne de travers. Les taxis sont pris d’assaut et les bus sont bondés, car la cité ne compte que deux lignes de métro. Et il faut faire preuve de patience (ce qui n’est pas ma vertu principale), surtout quand on déambule sur les petits pavés devenus glissants. Mais comment les Italiennes chaussées de talons aiguilles peuvent-elles s’aventurer dans ces rues?

Après la pluie, le beau temps. Au 101 de la via del Plebiscito, j’ai craqué pour les pulls en coton amusants et à prix doux de Calamo. De retour sur la via del Corso, je me suis arrêtée à la boutique Sephora, où deux vendeuses très gentilles, Jamila et Roberta, ont vraiment pris leur temps pour me faire essayer des parfums italiens. J’ai boudé Roma, de Laura Biagiotti, trop poudré pour moi, mais je me suis laissé séduire par Omnia Crystalline, de Bulgari, très léger, à porter dès l’aube.

À une demi-heure de marche, au 29 de la via dei Giubbonari, je me suis drapée d’étoles en velours, de châles en mérinos, de foulards en soie et d’écharpes diaphanes chez Les Challes, en me demandant comment j’allais arriver à choisir parmi toutes ces merveilles. C’est l’endroit parfait où acheter un souvenir à sa meilleure copine, car les paquets-cadeaux, décorés de multiples rubans, sont absolument féminins.

 

 

PHOTOS: Studio André Doyon

SIMPLE ET SANS PRÉTENTION

Paradis du shopping... et de la cuisine! En Italie, il faut goûter aux artichauts à la juive (frits) ou à la romaine (cuits à la vapeur et arrosés d’huile d’olive), et à de vrais spaghettis alla carbonara.

Je vous propose celui, bien riche en parmesan, de La Carbonara ( www.lacarbonara.it), qui porte si bien son nom. Le cadre est rustique, sans prétention, et le service, pronto. Quant aux pâtes, elles sont superbement al dente.

Un des quartiers les plus chouettes de la ville est Trastevere, sur l’autre rive du Tibre. Ce labyrinthe de ruelles, où alternent les boutiques et les restaurants animés, est le repaire de nombreux artistes et de gourmets qui ne jurent que par la cuisine du Mani in pasta ( www.lemaniinpasta.com). Je n’ai que de bons mots pour le carpaccio de bar à la truffe, les divins raviolis à la sauge, les penne all’arrabbiata (ail grillé et tomates fraîches), relevés mais sans exagération, et le classique et copieux duo prosciutto-mozzarella, que j’ai goûté. Juste pour les fines galettes à l’huile d’olive et aux herbes, je me suis juré d’y retourner!

L’hôtel Santa Maria ( www.hotelsantamaria.info), situé dans le même quartier, au fond d’une rue tranquille, est certainement un des établissements hôteliers que j’ai le plus aimés de ma vie! Cet ancien cloître, décoré avec goût, offre le confort d’un palace sans en avoir le côté tapageur. De plus, l’accueil est charmant. Je me rappellerai longtemps le très coquet jardin où poussent des orangers. L’été, on y prend le petit-déjeuner et, en fin d’après-midi, le goûter, après avoir fait une randonnée sur une bicyclette prêtée par l’hôtel. Une nuit, dans le jardin, j’ai aperçu une belle grosse chatte d’Espagne qui toisait d’un regard altier un jeune siamois. Il fallait vraiment que la cité romaine soit bellissima pour que j’arrive à quitter ce havre de paix. C’est le proprio, le beau Stefano, qui m’a parlé de la Residenza Santa Maria ( www.residenzasantamaria.com), tenue par sa soeur. On peut y louer des chambres pour quatre ou cinq personnes. Idéal pour une famille.


À 500 mètres de l’hôtel Santa Maria, le modeste resto familial Osteria der Belli (10, Piazza Sant’ Apollonia) pratique des prix infiniment doux. J’y ai savouré une salade de crevettes et de pieuvre, à la cuisson impeccable et d’une fraîcheur époustouflante, suivie de délicieux spaghettis alla vongole, tout en lorgnant le saltimbocca (veau à la milanaise) de mes voisins. Avec une demi-bouteille de blanc et une eau minérale, l’addition ne dépassait pas 35 euros (env. 57 $)!

Pour celles qui aiment se régaler dans une ambiance musicale, la Cisterna ( www.lacisterna.com) est incontournable. C’est un des plus vieux restos de Rome. On y sert des viandes parfaitement grillées dans un lieu ancestral décoré de fresques et aux plafonds très hauts. Au sous-sol trône une citerne où, au 17e siècle, les chevaux s’abreuvaient. Aujourd’hui les touristes y lancent une pièce en faisant un voeu, comme à la fontaine de Trevi.

Et pour une dernière soirée dans la Ville éternelle, rien de mieux que le tout nouveau Quattrobicchieri ai 4 venti ( www.quattrobicchieri.com), un des meilleurs bars à vin de la cité, où on peut voir la cave, qui reflète bien la passion des proprios. Leur carte contient plus de 250 étiquettes et est divisée par affinités et selon les catégories suivantes: cépages autochtones, cultures biodynamiques, vins effervescents, territoires extrêmes; en tout, 40 pages d’explications!

J’ai grignoté là des bouchées exquises avant de succomber à un vin de méditation si soyeux, si extraordinaire que j’en suis encore émue en y repensant: le Barolo Chinato, au parfum de cerise, d’épices, de cardamome. Un bonheur rare, inoubliable, précieux, que je dois à mia carissima amica Daniela. Qu’elle soit remerciée de toutes ses gentillesses!

En attendant d’aller à Rome...

rome-5-1.jpgOn regarde La série Rome, décoiffante de violence, quoique j’ai fini par m’habituer à tant de sang...). J’ai craqué pour les deux légionnaires très virils, les personnages de César, de Marc-Antoine et de Cléopâtre, les histoires d’amour et de trahison, et les fabuleux décors, si chers qu’il n’y a pas eu de troisième saison. Hélas, trois fois hélas!

 

 

 

 

on dévore

rome-5-3.jpgLes romans de Giorgio Scerbanenco, qui mettent en scène le détective Duca Lamberti. Cet ancien médecin, radié pour avoir aidé une femme à mourir, mène ses enquêtes comme il le peut, le coeur blessé.

 

 

 

 

on écoute

Gianmaria Testa, pour sa voix rauque, ses textes superbes et son engagement social.


on déguste

rome-5-4.jpgLes marrons à la grappa, de Perrotta, délicieux à la fin d’un repas, et moelleux comme tout! Pour réaliser un dessert original.
(12 $ dans les épiceries fines et chez Milano, 6862, boul. Saint-Laurent, Montréal)

 

 

 

 

Une fois en Italie



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Un goût d’Italie Le resto, boutique et bar à vin
L’Enoteca Ferrara (www.enotecaferrara.it) est l’endroit par excellence où se procurer de la grappa, la fameuse eau-de-vie de marc de raisin, et les sublimes vins de la Toscane, du Piedmont ou des autres régions de l’Italie. À rapporter aussi chez soi: les délectables saucissons en chocolat, les nougats, les caramels et les pâtisseries de la vénérable chocolaterie Valzani (www.valzani.it).

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