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Chronique de Stéphane Dompierre: la grande évasion

Daniel Cianfarra Photographe : Daniel Cianfarra Auteur : Elle Québec

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Chronique de Stéphane Dompierre: la grande évasion

Je suis allé dans un «tout inclus» une fois. Au Panama. Parce que, comme tout le monde, il m'arrive d'avoir envie de m'évader de mon quotidien. Le site enchanteur était évidemment bondé de touristes, que je tentais d'éviter par souci de tranquillité. Mais, au souper, je n'avais pas d'autre choix que de partager ma «table pour quatre». Il me fallait donc, à un moment ou à un autre, engager la conversation. Des gens sans affinités naturelles qui doivent trouver un sujet de discussion commun, ça finit inévitablement par se plaindre du travail. J'ai pris des vacances pour oublier le boulot et je suis revenu épuisé d'en avoir parlé toute la semaine.

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Étant donné ses milliers d'hectares de forêt, on pourrait croire que le Québec est un meilleur endroit où fuir son quotidien. Mais non. On loue un chalet. Le plus isolé possible. Pour s'y rendre, il faut abandonner la voiture sur un chemin de terre et avancer sur un sentier tortueux couvert d'empreintes d'animaux sauvages. Les ronces nous fouettent le visage. Une machette serait presque utile. On arrive au chalet et on s'imagine enfin loin de tout, mais on reçoit encore des textos, et notre téléphone cellulaire nous informe qu'on capte une connexion Wi-Fi et qu'on est à moins d'un kilomètre d'un Tim Hortons (ouvert 24 heures).

Aussi, dans un chalet, même les tâches en apparence simples se transforment en corvées. On aimait l'aspect rustique et dépouillé des lieux? On se retrouve à préparer une sauce à spaghetti dans un minuscule chaudron et à la touiller avec un vieux tournevis rouillé. Pour ventiler, on sort faire un feu. Quoi de mieux que de se laisser hypnotiser par des flammes rouge et jaune, près d'un lac, quand tombe la nuit? Mais qui trouve ça relaxant d'essayer d'allumer un feu en plein vent, avec du bois humide, pendant que des mouches grosses comme des balles de golf lui arrachent des morceaux de bras et de jambe? Pas moi.

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 La dernière fois que j'ai réussi à débrancher, c'est chez le dentiste. Je lisais un livre en attendant mon tour. Je ne pensais plus à rien. Pour se mettre à off, peut-être faut-il rester chez soi avec de quoi lire? Mais c'est se mettre à la merci des amis qui déménagent. On espérait faire un petit somme sur la terrasse, étourdi par la sangria? On se retrouve dans un escalier en colimaçon avec une sécheuse sur le dos, ou dans une cuisine à nettoyer des tablettes ou à peindre des vignes au pochoir sur les armoires.

Rester à la maison, oui, mais pas n'importe comment. Il faut d'abord détruire tous les appareils électroniques servant à communiquer. Acheter suffisamment de livres et de nourriture pour éviter d'avoir à ressortir pendant ses vacances. Prévenir son entourage qu'on sera parti dans une ville où les communications sont difficiles. Beyrouth, Yaoundé, peu importe. Éviter les réseaux sociaux. Rester éloigné des fenêtres et laisser les lumières éteintes pour éviter de signaler sa présence. Ainsi, avec un peu de chance, on pourra peut-être s'évader. Bonnes vacances!

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