Livres
13 nov. 2014

Trois questions à l'écrivain Martin Michaud

Par Danielle Laurin

Mathieu Rivard Auteur : Elle Québec Crédits : Mathieu Rivard

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13 nov. 2014

Trois questions à l'écrivain Martin Michaud

Par Danielle Laurin

Considéré comme un maître du thriller au Québec, Martin Michaud fait d'une pierre deux coups cet automne. Alors qu'il s'apprête à publier Violence à l'origine (Goélette), quatrième volet des enquêtes du sergent-détective Victor Lessard, l'écrivain et ancien avocat de 44 ans nous offre S.A.S.H.A. (VLB). Ce livre fait partie d'un projet auquel ont aussi participé trois autres auteurs québécois. Chacun a écrit un roman qui met en scène le même écrasement d'avion. Sans laisser de côté son redoutable talent pour le suspense, Martin Michaud en a profité pour écrire son ouvrage le plus intimiste.

1. On se retrouve à l'aéroport Trudeau, en compagnie d'un enfant surdoué et d'un tueur repenti poursuivi par une organisation secrète pour laquelle il a déjà travaillé. Comment ces personnages sont-ils nés dans votre esprit? J'ai été très marqué par la fuite de renseignements survenue aux États-Unis: les révélations du soldat Manning sur WikiLeaks et celles d'Edward Snowden concernant les programmes de surveillance de la NSA. C'est Big Brother! Les documents rendus publics montrent que l'État espionne carrément les chefs d'autres pays aussi bien que les simples citoyens. Je voulais parler de ce que je considère comme une dérive de notre civilisation occidentale et montrer comment un petit garçon aux facultés hors du commun pourrait devenir quelqu'un de fort intéressant pour une organisation comme la NSA.

2. Vous livrez les informations sur vos personnages au compte-goutte. Aviez-vous déjà tout prévu au départ? Oui. Je savais exactement où je m'en allais, mais je ne souhaitais pas m'en tenir rigoureusement aux codes du polar, avec un effet coup-de-poing à la fin des chapitres. J'ai préféré élaborer une approche introspective et privilégier l'émotion.

3. On sent un lien très fort entre Sasha, le jeune garçon, et Elias, le tueur. Ça pourrait s'apparenter à un rapport père-fils. C'est un sujet qui vous tient à coeur? Absolument. J'ai dédié ce livre à mon père très malade, qui est atteint de la maladie de Lou Gehrig, et à mon fils adolescent. J'ai à coeur de transmettre à mon fils ce que mon père m'a lui-même transmis. Et c'est aussi la principale préoccupation d'Elias dans cette histoire, mis à part le fait qu'il veut protéger Sasha. Il se dit que le garçon a le droit de faire du vélo dans un quartier tranquille, de jouer dans un champ avec son cerf-volant, d'assister à un match de baseball... toutes ces choses qui semblent normales dans nos sociétés occidentales, où on vit dans un confort relatif. Le danger, avec des agences comme la NSA qui nous surveillent, c'est de sombrer dans une espèce d'État totalitaire qui pourrait remettre en cause notre capacité à poser des gestes aussi simples que ceux-là...  

À DÉCOUVRIR:
Lecture: Comment s'en mettre plein les poches en Asie mutante, de Mohsin Hamid
La vie sur Mars: rencontre avec l'auteure Marie-Sissi Labrèche
Lecture: La fête de l'insignifiance de l'auteur Milan Kundera 

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