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La culture du sexe

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La culture du sexe Auteur : Elle Québec

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La culture du sexe

L’image d’une fille en bikini nous ferait le même genre d’effet qu’un sundae dégoulinant de chocolat fondant.

Cette analogie un peu poussée m’est inspirée des propos de Nancy Huston. Lors d’une récente entrevue au sujet de son essai Reflet dans un œil d’homme, cette auteure m’a entretenue sur le pouvoir qu’exerce la beauté féminine sur nous tous, hommes et femmes. Selon elle, les industries des cosmétiques et de la pornographie font des profits mirobolants en misant sur notre vulnérabilité face au corps de la femme, de la même manière que McDo capitalise sur notre penchant pour les aliments riches et sucrés. Cette idée m’est revenue à l’esprit en voyant le film Spring Breakers, qui raconte les frasques de quatre collégiennes prêtes à tout pour faire la fête sur les plages de Miami. Non, il ne s’agit pas d’un énième film dans la lignée de American Pie, mais plutôt du dernier opus de Harmony Korine. Oui, celui-là même qui a accédé au statut de réalisateur-culte après avoir signé, en 1995, le scénario de l’irrévérencieux Kids de Larry Clark et réalisé l’inclassable Gummo deux ans plus tard tout ça, avant même d’avoir célébré son 25 e anniversaire. Bien que Spring Breakers soit son œuvre la plus commerciale – avec en tête d’affiche les nymphettes disneyennes Selena Gomez et Vanessa Hudgens –, Harmony Korine n’a pas perdu son goût pour la subversion. Sa principale visée semble d’ailleurs être d'émoustiller et de confronter ses spectateurs. Et, pour en arriver à cette fin, quoi de mieux que de mettre en scène des lolitas en bikini qui, tour à tour, jouent d’innocence et de perversion? Esthétiquement, on peut dire que Spring Breakers est du bonbon avec ses images teintées de couleurs acidulées qui, aux dires de Harmony Korine, ont été inspirées par les friandises Skittles. Sauf que voir des filles se tortiller en bikini pendant 90 minutes ça finit par donner la nausée. Sans doute qu’engouffrer trois sundaes au chocolat fondant procure le même effet. Depuis les débuts du cinéma, on n’a cessé de montrer, de sublimer, de déshabiller le corps de la femme au grand écran. Parce que comme le sucre, la beauté féminine crée une attirance viscérale. Elle attise nos instincts primitifs de la même manière que le fait la violence – aussi très présente au cinéma. Pas surprenant que de nombreux réalisateurs aient recours à l’un ou à l’autre – ou aux deux, dans le cas de Korine – pour captiver leurs spectateurs… au risque parfois de perdre de vue le véritable propos de leur film. Et c'est sans parler des conséquences que peuvent avoir ces images sur l'estime de soi des filles et sur leurs relations avec les hommes...  
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