Culture

Cours, Sarah, cours?

Cours, Sarah, cours?

Cours, Sarah, cours? Auteur : Elle Québec

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Cours, Sarah, cours?

«Vous avez entendu parler des 200 oiseaux qui sont tous tombés du ciel d’un coup? … Quitte à mourir, autant mourir en gang, hein?»

C’est Richard (Benoit Gouin), le beau-père de Sarah (Sophie Desmarais), qui lui tient ce discours, dans les premières minutes de Sarah préfère la course, de la jeune cinéaste Chloé Robichaud, 25 ans (qui, on le sait, a présenté ce long métrage au Festival de Cannes, le mois dernier). Il pourrait tout autant lui parler latin: Sarah est solitaire jusqu’à la moelle. Sur sensiblement tous les fronts, la jeune fille de 20 ans fait cavalier seul. Point de relations amoureuses ni même d’amitiés réelles dans sa vie. Elle est enfant unique et, comme coureuse de demi-fond, elle a depuis longtemps intégré le réflexe de mener ses propres batailles de la même façon qu’elle parvient à remporter systématiquement chacune de ses courses: avec sa volonté et son acharnement pour seuls moteurs. Quasi étrangère à elle-même, elle n’a dans la vie qu’une seule conviction: elle veut courir. Le titre le dit: Sarah préfère la course. À quiconque et à quoi que ce soit d’autre. Or lorsqu’elle est appelée à quitter sa banlieue de Québec pour joindre les rangs de l’équipe d’athlétisme de l’Université McGill, un projet aussi emballant qu’onéreux, elle n’a d’autre choix que de se tourner vers autrui pour concrétiser ses ambitions. Elle épouse entre autres son nouveau coloc Antoine (Jean-Sébastien Courchesne) afin de toucher des prêts et bourses plus généreux. Puis quand la vie, avec ses plans injustes, menace sérieusement de mettre un terme à l’idylle intense qu’elle entretient avec son sport (souvent au détriment de son entourage), Sarah est désemparée. Que fait-on quand on nous demande de renoncer à sa plus grande passion après avoir fait maints sacrifices? Peut-on seulement y renoncer? C’est ce que semble se demander la jeune Chloé Robichaud, en signant ce film sobre, d’une belle profondeur et au souffle constant. Desmarais brille dans ce rôle tout en retenue et parvient même à nous rendre attachante cette énigmatique Sarah, pourtant si détachée du monde. Une fresque intimiste, qui nous fait de bien belles promesses quant à la carrière à venir de ces deux prodigieuses artistes. En salle dès le 7 juin.  
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