Cinéma et Télé
2 mai 2016

Ma Ma: rencontre avec Penélope Cruz

Par Martin Bilodeau
Ma Ma: rencontre avec Penélope Cruz

Getty Images Auteur : Elle Québec Crédits : Getty Images

Cinéma et Télé
2 mai 2016

Ma Ma: rencontre avec Penélope Cruz

Par Martin Bilodeau

Pénélope Cruz fait rugir son registre tragique dans le mélo Ma Ma. Rencontre avec une ancienne ballerine encore capable du grand écart.

«Quand une robe est belle, on ne voit que la robe. Quand une robe est parfaite, on ne voit que la femme», disait Coco Chanel. Pénélope Cruz a fait la brillante démonstration de cette théorie lors du dernier Festival international du film de Toronto.

Commençons par la robe. Spectaculaire dans sa simplicité. Éblouissante dans sa blancheur immaculée. Un monument en crêpe, sans manches ni bretelles, signé Roland Mouret. La toilette encore sous cellophane a flotté devant moi tel un cerf-volant tiré par une «petite main». Direction: la suite occupée par l'égérie de Lancôme, l'épouse de Javier Bardem, la muse de Pedro Almodóvar, et toutes ces autres métaphores par lesquelles on désigne aujourd'hui celle que ses proches appellent tout simplement Pe.

Nous sommes dans un grand hôtel de Toronto, à moins d'une heure de la première mondiale de Ma Ma, un mélo extrême et assumé (préparez vos mouchoirs) sur la résilience obstinée d'une maman madrilène atteinte d'un cancer du sein. Dans le couloir, je fais le pied de grue en attendant mon entretien chronométré, qui tarde à se matérialiser. On me dit que la star de 41 ans, oscarisée pour son rôle de peintre névrosée dans Vicky Cristina Barcelona de Woody Allen, est à la bourre.

Lorsqu'enfin on m'invite à pénétrer dans la suite, Penélope est déjà coiffée (chevelure brun-cuivre en cascade), maquillée (avec des cils longs comme ça), bijoutée (deux grands anneaux d'or ceinturent son visage délicat) et sobrement vêtue d'un pantalon noir surmonté d'une veste ajustée de la même couleur. La robe? Elle est encore sur le cintre. Son heure viendra.
D'ici là, parlons avec elle. De Ma Ma. Et de son héroïne, Magda. Enseignante au chômage, celle-ci apprend qu'elle est atteinte d'un cancer particulièrement agressif. Sa réaction: redoubler d'ardeur vitale afin de bâtir une famille pour son fils, qu'elle élève seule depuis le départ de son mari, avec le nouvel élu de son cœur (Luis Tosar). «C'est un film sur les épreuves des mères, et sur l'épreuve le plus extrême qu'une femme puisse subir. Ce n'est pas un film sur la maladie, mais sur sa façon à elle de composer avec la maladie. Tout en étant consciente et responsable face à son état, Magda fait fléchir le destin.»

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Réalisé par Julio Medem (Les amants du cercle polaire), dans la pure tradition des mélos latins ayant comme centre moelleux une mama dolores courageuse, Ma Ma (qui signifie lolos, mamelles, seins) marque la toute première expérience de Penélope Cruz à titre de productrice. L'ex-ballerine issue d'un milieu modeste voit cette nouvelle corde à son arc comme une activité complémentaire, qu'elle compte poursuivre en parallèle, sans renoncer à tout ce qui la comble déjà. «J'ai plein de projets en tant qu'actrice, dit-elle. Sans oublier mes deux enfants à la maison [Luna, 2 ans et Leo, 4 ans], auxquels j'accorde ma priorité», dit-elle.

Avec 55 longs métrages au compteur, dont cinq sous la direction d'Almodóvar (En chair et en os, Tout sur ma mère, Volver, Étreintes brisées et Les amants passagers), la carrière de Penélope Cruz ne semble pas près de s'essouffler. Et cela même si le cap de la quarantaine, qu'elle a franchi récemment, marque souvent la fin des années fastes pour les actrices. «Je n'ai pas eu à me plaindre jusqu'ici. J'ai même été très chanceuse de pouvoir travailler avec les réalisateurs que j'admire le plus. Mais la question se pose : pour tout un contingent d'actrices, combien y a-t-il de beaux rôles de femmes? Tant de rôles féminins sont créés uniquement pour aider à définir le personnage masculin principal. Petit à petit, ça change. Mais j'aimerais que la cadence s'accélère.» Son salut: elle parle quatre langues et tourne autant en Europe qu'aux États-Unis. «D'avoir la possibilité de travailler dans tous ces pays, avec tous ces gens, c'est comme gagner à la loto», dit-elle.

Le temps file et voilà qu'on me chasse pour permettre à Penélope d'enfiler la robe parfaite qui, sur le tapis rouge mitraillé par les photographes, révélera la femme. Juste la femme. Coco disait vrai.

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