Vous vous êtes impliqué dans The lone ranger très tôt. Êtes-vous l’instigateur du projet?

On discutait de cette production bien avant que j’y participe, mais j’ai contribué à donner vie au personnage de Tonto. Tandis que je tournais Rhum express avec Bruce (Robinson) à Porto Rico, j’ai trouvé une peinture d’un Amérindien qui avait des rayures sur le visage. Avec l’aide de mon maquilleur, Joel Harlow, un magicien, j’ai tenté de recréer le look. Nous sommes allés à l’extérieur en compagnie du photographe Peter Mountain et avons pris quelques clichés dans l’herbe sauvage. Lorsque j’ai vu le résultat, j’ai dit: «Oui! Je crois que nous l’avons trouvé!» Le personnage pouvait prendre vie.

D’où vient l’idée de l’oiseau sur la tête de Tonto?

Dans la peinture, derrière le guerrier, apparaissait une corneille en vol. À première vue, j’ai cru qu’elle se trouvait sur sa tête. Même si ce n’était pas le cas, j’ai choisi de coiffer mon personnage d’un oiseau mort. Celui-ci lui tiendrait lieu de guide spirituel.

Combien de temps la réalisation de votre maquillage nécessitait-elle sur le plateau de tournage?

J’ai passé plusieurs heures par jour sur la chaise de maquillage! Parfois, je décidais même de ne pas me démaquiller le soir pour gagner du temps le lendemain matin. (rires) 

Regardiez-vous l’émission The lone ranger quand vous étiez jeune?

Oui, et je me suis toujours identifié à Tonto. Enfant, j’aurais préféré qu’il soit plus qu’un personnage secondaire. Je me demandais pourquoi on n’en avait pas fait le héros et pour quelle raison le lone ranger se montrait si irrespectueux avec lui. Il faut dire qu’il y a du sang autochtone dans ma famille. Avec ses longues tresses, mon arrière-grand-mère maternelle ressemblait vraiment à une Amérindienne. C’était une femme formidable qui a vécu jusqu’à l’âge de 102 ans et qui a mâché du tabac jusqu’au jour de sa mort!

 
the-lone-ranger-johnny-depp.jpgEst-ce elle qui vous a sensibilisé à votre héritage amérindien?

Oui. Je désirais en apprendre davantage sur les Indiens d’Amérique, et en connaître le plus possible sur notre héritage et nos ancêtres. Depuis les débuts du cinéma, les Amérindiens ont été maltraités par l’industrie hollywoodienne. Je voulais donc jouer Tonto non pas en tant que personnage secondaire, mais en tant que guerrier et homme intègre et digne. Je vois ça comme ma petite contribution pour réparer les erreurs du passé.

Plusieurs scènes du film se passent à dos de cheval. Avez-vous dû suivre une formation spéciale pour ce rôle?

Une petite, oui. Je suis déjà monté à cheval auparavant pour quelques films et je m’en suis toujours bien tiré. Je ne suis pas un mauvais cavalier. Mais bon, des accidents, ça peut arriver…

Que s’est-il passé?

Je dis «accident», mais je ne suis pas certain que c’en était vraiment un… Scout, mon cheval, semblait m’en vouloir pour je ne sais quelle raison. (rires) Soudain, il a sauté par-dessus des obstacles et m’a fait tomber par terre. Ça ne s’est pas passé comme on peut le croire; on s’attendrait à se trouver aveuglé par la peur ou l’adrénaline, mais je me rappelle que tout était très clair. Les pattes avant de ma monture bougeaient à une grande vitesse, et moi, comme un idiot, je serrais très fort sa crinière et j’essayais de regrimper sur son dos. Quand j’ai lâché prise, le cheval s’est cambré et a failli me piétiner.

Votre interprétation de Tonto vous a valu d’être adopté par la nation comanche. Qu’est-ce que ça signifie pour vous?

Je n’aurais jamais pu rêver d’une telle chose! Les membres de cette nation ont été si merveilleux. Maintenant, je les considère comme une nouvelle famille. Cette femme, LaDonna, c’est une deuxième mère pour moi, et je suis comme un fils pour elle. Quand les Comanches vous accueillent, ils le font véritablement. C’est le plus grand honneur qu’on m’ait accordé de toute ma vie.

 

À LIRE

Les dix scènes les plus hot de Johnny Depp

Tendances printemps-été 2013: les franges

Vanessa Paradis: rencontre avec une star mystère