Pas de doute, les voyages gastronomiques ont la cote ces temps-ci. Danielle Stanton nous raconte celui qu'elle a fait dans la région de Lyon.
Je rêve, c'est certain. Et pourtant non. Je suis bel et bien à l'École du Grand Chocolat Valrhona, dans la ville de Tain-l'Hermitage. Depuis que je sais que ce stage intitulé Poudre aux yeux est au programme de mon périple en France, la petite fille en moi - celle qui bricole des gâteaux depuis l'âge de sept ans - trépigne d'impatience.
Pensez-y! Une journée entière avec huit autres fous de desserts à apprendre à confectionner des entremets au chocolat... Avec moult conseils en prime: une crème se fouette à vitesse moyenne et constante (non, pas de sprint final!), une ganache parfaite résulte d'une émulsion, on ajoute donc la crème au chocolat pro-gres-sive- ment (surtout pas d'un seul coup), etc. Bref, des heures de plaisir pur.
Valrhona, c'est le nom de l'illustre chocolaterie connue de tous les maniaques de cacao. Val-Rhona pour la vallée du Rhône, au coeur du pays lyonnais. Voilà où je suis: dans la région Rhône-Alpes, au départ d'un délicieux itinéraire gourmand assaisonné d'un zeste de culture et arrosé de crus du Rhône et du Beaujolais. Pas triste comme programme.
Le goût de Lyon
Terroir de la volaille de Bresse, des olives noires de Nyons et d'une cinquantaine d'autres régals d'appellation d'origine contrôlée (AOC): la région Rhône-Alpes, c'est tout cela. Ajoutez que ce coin de France abrite 63 chefs qui comptent plusieurs étoiles au guide Michelin (Paul Bocuse, Georges Blanc, Michel Chabran...) et vous avez le topo: que du bonheur!
En guise d'apéro, un mot sur la capitale régionale. Lyon, c'est deux cours d'eau, le Rhône et la Saône - enjambés par une kyrielle de ponts et de passerelles - qui enserrent une presqu'île où bat le centre-ville. C'est aussi deux collines visibles de partout: la colline de la Croix-Rousse, «celle qui travaille», et la colline de Fourvière, «celle qui prie», dit-on ici. Les pentes de la Croix-Rousse sont effectivement couvertes des anciens ateliers des ouvriers de la soie, les canuts; un rappel du temps où le chatoyant tissu faisait la gloire de Lyon. La colline de Fourvière, elle, est couronnée par la colossale basilique Notre-Dame. Du sommet, Lyon se déroule à perte de vue. En bas se love le ravissant Vieux- Lyon, d'inspiration italienne, avec ses escaliers à vis, ses loggias, et ses murs roses et ocre qui flambent au soleil.
Bien joli tout cela. Mais puisque le prince des gastronomes, Curnonsky, a un jour décrété cette ville «capitale française de la gastronomie», qu'est-ce qu'on attend pour se mettre à table?
Photos:Marie Perrin-Office de Tourisme de Lyon (rue de Lyon); Magali Grevaud- Office de Tourisme de Lyon (Lyon en soirée)




