Chrystine Brouillet nous amène en balade à Québec, sa ville natale, et partage avec nous son carnet d'adresses rempli de savoureuses surprises.
Pause goûter
Depuis mes 20 ans – j'habitais alors rue d'Aiguillon –, j'ai un faible prononcé pour les pailles au fromage de la pâtisserie Simon. J'avoue à regret qu'elles sont meilleures que les miennes. Tellement fines, légères, que dès que j'en ai goûté une, je ne peux plus m'arrêter; tout le contenu du sac y passe!
Durant des années, j'ai acheté des huiles de pistache ou de noix de pin, des vinaigres à la pêche et de délectables charcuteries italiennes à L'épicerie européenne. Si vous avez envie de piqueniquer, c'est vraiment l'endroit tout indiqué pour s'acheter un sandwich. À l'épicerie J.A. Moisan, fondée en 1871, on s'emballe pour les thés, les nougats, les biscuits fins, les bonbons assortis, les terrines variées, ainsi que pour la beauté même des lieux. Peu importe où on regarde, on est aussitôt attirée par un appétissant saucisson, un pain bien craquant ou une boîte de chocolats impeccablement présentés.
Bras dessus, bras dessous
Qui ne connaît pas la terrasse Dufferin? Inaugurée en 1879, cette structure mesure près de 670 m (2200 pi) et fait le bonheur des enfants l'hiver, avec sa longue glissade. Il faut y admirer le Saint-Laurent au soleil couchant ou à l'aube, sous la bruine. Le fleuve, qui charrie les glaces en janvier, se teinte de bistre à l'automne et de bleu indigo certains jours d'été... Un spectacle éternel. On observe le va-et-vient du traversier, en songeant que, avant sa mise en service, un pont de glace reliait Québec à Lévis l'hiver. À cette époque-là, des débits de boissons étaient dressés près de la berge, et les gens venaient s'y procurer de l'alcool plus facilement que sur la terre ferme, où ce type de commerce était sévèrement réglementé!
On peut aussi prendre le traversier pour le plaisir d'admirer la ville de loin – surtout le Château Frontenac, qui accueille des célébrités depuis 1893, ainsi que les étudiants lors des bals de finissants. En quittant le traversier, on met le cap sur la rue du Petit-Champlain. Au bout de celle-ci, on grimpe la côte de la Montagne, tracée par Samuel de Champlain, et on reprend notre souffle au minuscule parc Montmorency, d'où on aperçoit l'île d'Orléans.
Puis on redescend vers le port, en admirant au passage la gare du Palais magnifiquement rénovée, et on gagne le quartier Saint-Roch qui, tel le phénix, renaît de ses cendres. Plusieurs incendies l'ont ravagé au cours de son histoire, mais c'est surtout la misère ambiante qui était déprimante, voire inquiétante, il y a quelques années. Aujourd'hui, j'aime musarder dans les boutiques de la rue Saint-Joseph Est, bouquiner à la librairie Pantoute, où on est si bien conseillée, et faire bombance dans un des restaurants du quartier, comme L'Utopie et le Café du Clocher Penché.




