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L’Antarctique : l’ultime bout du monde

C’est l’endroit le plus inhospitalier de la planète et un des plus fascinants. Avec sa faune unique et incroyablement accessible, et ses paysages irréels, l’Antarctique est une destination coup-de-poing.

Par
Gary Lawrence
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L’Antarctique : l’ultime bout du monde

Si certains navires passent par les îles Macquarie, d'autres par l'île de la Géorgie du Sud (pour observer les manchots royaux) et par les mers de Weddell et de Ross (pour voir ces superstars que sont les manchots empereurs), la plupart privilégient les mêmes sites. Au programme des croisières types d'une semaine: le chenal Lemaire aux allures de fjord époustouflant, l'île du Roi-George et ses stations scientifiques (dont certaines, comme la polonaise Arctowski, peuvent être visitées), l'île Petermann et ses colonies de manchots papous et Adélie, ainsi que le resplendissant canal Neumeyer, dont les fabuleuses murailles naturelles seraient dignes de figurer dans Le seigneur des anneaux.

C'est en empruntant ce canal renversant de beauté qu'on débouche sur Port Lockroy, une ancienne station scientifique britannique devenue musée. Ici, l'impact de la distance s'atténue: on peut se procurer des souvenirs, faire orner son passeport d'un tampon antarctique et même envoyer une carte postale à ses proches.

On déchante aussi un peu lorsque, en apprenant que les commandants des navires communiquent entre eux pour ne pas tomber l'un sur l'autre et obstruer la vue aux voyageurs, on comprend qu'on n'est pas vraiment les seuls à allonger 5000 $ pour toucher du doigt le bout du monde.

Cela dit, on rencontre rarement d'autres bateaux, même si le Septième continent reçoit de plus en plus de touristes. De 8 000 il y a 15 ans, ils sont aujourd'hui près de 50 000 par année, en dépit du coût élevé du périple, des eaux souvent agitées et des imprévus de cette région, où le temps change du tout au tout en moins d'une heure. Ainsi, un crachin persistant m'a empêché d'apprécier à sa juste mesure le cratère du volcan de l'île de la Déception, et une brume épaisse, d'embrasser du regard la ravissante baie du Paradis, qui, dit-on, porte son nom à merveille.

Évidemment, j'étais irrité, déçu, mais les paroles de Ian Shaw ont vite fait de tempérer ma déconvenue. «Si vous voulez vraiment découvrir l'Antarctique, vous devez vous frotter à toutes ses humeurs; alors, je vous souhaite à la fois du beau temps, une annulation de débarquement à terre, une journée glaciale, une autre de pluie et une autre où il ventera tellement fort qu'on ne pourra plus ouvrir les portes des cabines», de dire ce Montréalais d'origine.

C'était entendu: je ne me plaindrais plus jusqu'à la fin du voyage. D'ailleurs, pourquoi l'aurais-je fait? Ma semaine de croisière était à peine entamée que je savais déjà qu'elle figurerait parmi les moments les plus
mémorables de ma vie.

 Lire la suite:  Carnet de voyage 

 

PHOTO: Gracieuseté de United Kingdom Antarctic Heritage Trust

DATE DE PUBLICATION: 2009-12-01 , Tiré du magazine Elle Québec, décembre 2009

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