Ah, Rome! Ses ruines millénaires, ses palais somptueux, ses cafés animés, ses restos sympas, ses caves à vin bien remplies. La romancière Chrystine Brouillet nous convie à une promenade gastronomique dans la Ville éternelle.
SIMPLE ET SANS PRÉTENTION
Paradis du shopping... et de la cuisine! En Italie, il faut goûter aux artichauts à la juive (frits) ou à la romaine (cuits à la vapeur et arrosés d’huile d’olive), et à de vrais spaghettis alla carbonara.
Je vous propose celui, bien riche en parmesan, de La Carbonara (www.lacarbonara.it), qui porte si bien son nom. Le cadre est rustique, sans prétention, et le service, pronto. Quant aux pâtes, elles sont superbement al dente.
Un des quartiers les plus chouettes de la ville est Trastevere, sur l’autre rive du Tibre. Ce labyrinthe de ruelles, où alternent les boutiques et les restaurants animés, est le repaire de nombreux artistes et de gourmets qui ne jurent que par la cuisine du Mani in pasta (www.lemaniinpasta.com). Je n’ai que de bons mots pour le carpaccio de bar à la truffe, les divins raviolis à la sauge, les penne all’arrabbiata (ail grillé et tomates fraîches), relevés mais sans exagération, et le classique et copieux duo prosciutto-mozzarella, que j’ai goûté. Juste pour les fines galettes à l’huile d’olive et aux herbes, je me suis juré d’y retourner!
L’hôtel Santa Maria (www.hotelsantamaria.info), situé dans le même quartier, au fond d’une rue tranquille, est certainement un des établissements hôteliers que j’ai le plus aimés de ma vie! Cet ancien cloître, décoré avec goût, offre le confort d’un palace sans en avoir le côté tapageur. De plus, l’accueil est charmant. Je me rappellerai longtemps le très coquet jardin où poussent des orangers. L’été, on y prend le petit-déjeuner et, en fin d’après-midi, le goûter, après avoir fait une randonnée sur une bicyclette prêtée par l’hôtel. Une nuit, dans le jardin, j’ai aperçu une belle grosse chatte d’Espagne qui toisait d’un regard altier un jeune siamois. Il fallait vraiment que la cité romaine soit bellissima pour que j’arrive à quitter ce havre de paix. C’est le proprio, le beau Stefano, qui m’a parlé de la Residenza Santa Maria (www.residenzasantamaria.com), tenue par sa soeur. On peut y louer des chambres pour quatre ou cinq personnes. Idéal pour une famille.
À 500 mètres de l’hôtel Santa Maria, le modeste resto familial Osteria der Belli (10, Piazza Sant’ Apollonia) pratique des prix infiniment doux. J’y ai savouré une salade de crevettes et de pieuvre, à la cuisson impeccable et d’une fraîcheur époustouflante, suivie de délicieux spaghettis alla vongole, tout en lorgnant le saltimbocca (veau à la milanaise) de mes voisins. Avec une demi-bouteille de blanc et une eau minérale, l’addition ne dépassait pas 35 euros (env. 57 $)!
Pour celles qui aiment se régaler dans une ambiance musicale, la Cisterna (www.lacisterna.com) est incontournable. C’est un des plus vieux restos de Rome. On y sert des viandes parfaitement grillées dans un lieu ancestral décoré de fresques et aux plafonds très hauts. Au sous-sol trône une citerne où, au 17e siècle, les chevaux s’abreuvaient. Aujourd’hui les touristes y lancent une pièce en faisant un voeu, comme à la fontaine de Trevi.
Et pour une dernière soirée dans la Ville éternelle, rien de mieux que le tout nouveau Quattrobicchieri ai 4 venti (www.quattrobicchieri.com), un des meilleurs bars à vin de la cité, où on peut voir la cave, qui reflète bien la passion des proprios. Leur carte contient plus de 250 étiquettes et est divisée par affinités et selon les catégories suivantes: cépages autochtones, cultures biodynamiques, vins effervescents, territoires extrêmes; en tout, 40 pages d’explications!
J’ai grignoté là des bouchées exquises avant de succomber à un vin de méditation si soyeux, si extraordinaire que j’en suis encore émue en y repensant: le Barolo Chinato, au parfum de cerise, d’épices, de cardamome. Un bonheur rare, inoubliable, précieux, que je dois à mia carissima amica Daniela. Qu’elle soit remerciée de toutes ses gentillesses!




