Ah, Rome! Ses ruines millénaires, ses palais somptueux, ses cafés animés, ses restos sympas, ses caves à vin bien remplies. La romancière Chrystine Brouillet nous convie à une promenade gastronomique dans la Ville éternelle.
Rome, c’est bien sûr le Colisée, le Vatican, la chapelle Sixtine, la Villa Borghese. C’est aussi la populaire fontaine de Trevi, magnifique, démesurée, réalisée par Niccolò Salvi en 1732 et immortalisée par Federico Fellini dans La Dolce Vita.
Les touristes l’admirent, le souffle coupé, puis se dépêchent de faire un voeu en y jetant une pièce de monnaie. Le mien? Venir souvent à Rome, cité si festive, si gourmande. Entre les auberges, les restaurants, les pizzérias, les pasticceria (pâtisseries) et les enoteca (à la fois boutiques et bars à vin), mes papilles sont ivres de bonheur. Par où commencer cet itinéraire gastronomique sinon par une visite chez le plus célèbre glacier de Rome, Il Gelato di San Crispino (www.ilgelatodisancrispino.it), situé à quelques pas de la fameuse fontaine. Le lieu est à la hauteur de sa réputation.
Malgré le temps frisquet, nous sommes nombreux à faire la queue devant le commerce pour goûter aux glaces d’une onctuosité incroyable. Je conserve un souvenir ému de la mienne, aux figues et au miel, savoureuse... et riche.
Une petite marche s’imposait, bien évidemment, pour faire descendre cette gâterie, d’autant plus que j’allais sans hésitation pécher à la cena (le souper). Je suis partie admirer le Palazzo del Quirinale (palais du Quirinal), l’ancienne résidence d’été des papes, le Palazzo Massimo alle Terme, le musée d’art antique, et la basilique millénaire Santa Maria Maggiore (Sainte- Marie-Majeure), en songeant aux milliards de gens qui ont arpenté ces lieux au fil des siècles. À Rome, peu importe où on va, tout est magnifico! Comme le restaurant Al Ceppo (www.ristorantealceppo.it), situé dans Parioli, le quartier chic du nord de la ville. Le décor est composé de boiseries, de miroirs, de grandes draperies et de toiles anciennes, surtout des portraits de femmes, aussi belles que Marielle, mon amie québécoise qui vit à Rome et qui m’accompagnait ce soir-là. La table était raffinée: elle comprenait des charcuteries accompagnées d’olives frites, du risotto à la courgette et au parmesan vieilli, des gnocchis aux fruits de mer, du lapin à la sauce au chocolat noir et de fines lamelles de boeuf grillées au romarin. L’addition était salée, mais la qualité des plats et la beauté du lieu valaient leur pesant d’or.



