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Succès au féminin: rencontre avec Tamy Emma Pepin

Succès au féminin: rencontre avec Tamy Emma Pepin

Tamy Emma Pepin, présidente et productrice exécutive du studio de contenu Un peu plus loin.  Photographe : Nathalie Madore

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Succès au féminin: rencontre avec Tamy Emma Pepin

Dans le cadre des conférences ELLE A DIT, une initiative de l’hôtel W en partenariat avec C2 MTL, nous avons eu la chance de nous entretenir avec Tamy Emma Pepin, présidente et productrice exécutive du studio de contenu Un peu plus loin. Rencontre avec une femme intègre et inspirante.

Tu es  animatrice, photographe, productrice et aujourd’hui entrepreneure. Au tout début de ta carrière, c’est ce que tu visais?

Depuis que j’étais ado, je savais que je voulais travailler en télévision et avoir une émission de voyage. Ça, c’était clair. Je me souviens d’écrire régulièrement dans un journal mes objectifs. Je me rappelle aussi regarder les crédits à Évasion et prendre en note les noms des producteurs, puis de les appeler.

Quel est le plus gros défi que tu as rencontré jusqu’ici?

Au début de ma carrière, le plus grand défi était de convaincre les gens d’investir en moi. Mais je pense que quand on a confiance en soi et qu’on a quelque chose à offrir, c’est un défi facilement surmontable. Aujourd’hui, l’épreuve à laquelle je fais face est de passer de travailleuse autonome, qui a bâti une marque personnelle, à entrepreneure qui essaye de mettre de l’avant son entreprise en s’effaçant un peu plus. Ça fait environ 10 ans que je suis mise de l’avant dans le contenu que je crée, et maintenant, je souhaite créer quelque chose qui va au-delà de moi. Mon défi est d’être capable d’utiliser mon réseau et les contacts que j’ai créés pour leur communiquer l’idée d’Un peu plus loin.

Dans le milieu dans lequel tu évolues, est-ce que les femmes rencontrent des défis particuliers?

Je ne veux pas faire de généralité… C’est certain qu’il y a des défis que tous les entrepreneurs partagent, peu importe qu’ils soient des hommes ou des femmes. Maintenant, c’est certain qu’en regardant les statistiques, il y a moins de femmes dans des positions décisionnelles, que ce soit dans des entreprises ou en politique… Et puis, il y a aussi la question de la diversité et de l’ethnicité qui se pose. Mon féminisme à moi est vraiment inclusif. Il m’arrive d’entendre des femmes d’affaires, blanches, qui viennent de milieux aisés, et, selon elles, la question de l'égalité a été réglée il y a longtemps. Il reste que pour les femmes noires, arabes ou latina, c’est encore une question pressante. Il y a encore de grands problèmes d’inégalité, ne serait-ce qu’au niveau du taux de chômage, plus élevé pour ces catégories de femmes. Donc oui, je pense qu’il y a encore pas mal de défis à surmonter pour les femmes.

Quel est le meilleur conseil professionnel que tu as reçu?

Ma mère me disait toujours: «Belle un jour, femme toujours ». Je pense que je commence à comprendre ce qu’elle voulait dire. Par rapport à l’industrie de l’image et du contenu — peu importe la plateforme qu’on utilise (télévision, réseaux sociaux…) —, si on cherche juste à vouloir nourrir son égo, ça risque, à un moment donné, de ne plus suffire. Je suis encore jeune et je vis dans un monde qui est très visuel et je réalise que si on n’a rien d’autres à offrir que des photos en bikini sur Instagram, qu’est-ce qui restera dans 5 ou 10 ans?

Si tu avais toi-même un conseil à donner à des femmes qui veulent faire leur chemin dans ton domaine, quel serait-il?

Dans le domaine du contenu et des médias, je pense que c’est important de travailler fort et d’être hyper bien préparée. Par exemple, avant de faire une entrevue, il ne suffit pas seulement d’aller voir le profil LinkedIn d’une personne… Il faut vraiment prendre le temps de faire une recherche approfondie pour connaître la personne à qui l’on s’adresse et de connaître ses sensibilités. Par exemple, je mentionne toujours le thème de la diversité dans mes entrevues. Si quelqu’un m’approche en parlant de ça, je saurai qu’il a fait ses devoirs.

Quelle est ta plus grande réalisation professionnelle?

Je suis fière d’avoir une éthique de travail et de respecter mes valeurs. Je suis fière de mon parcours, de m’être laissée la chance de me découvrir. J’ai déjà travaillé dans une salle de nouvelle et je me suis rendue compte que je n’aimais pas ça. Je ne me suis pas jugée pour autant. J’ai essayé autre chose, jusqu’à ce que je trouve ce qui me rend heureuse aujourd’hui, même si je pense que ça continuera d’évoluer avec le temps.

Où puises-tu ton énergie créative et ton inspiration?

Dans les voyages. Je sais que ça sonne un peu cliché, mais j’aime être en mouvement.. J’écris beaucoup quand je prends le train, en regardant les paysages qui défilent. On dirait que lorsque je suis physiquement en mouvement, mes idées le sont aussi! Même à Montréal, je marche beaucoup, et ça m’inspire beaucoup. Pour moi, la créativité n’est pas nécessairement d’avoir des nouvelles idées, mais de connecter des idées qui existent déjà d’une nouvelle façon.

Lors de moments de découragement, comment fais-tu pour réussir à te remettre dans l’action?

Je suis dans la première année de mon entreprise et je le vis beaucoup car c’est une année critique. Et puis, je suis seule, je n’ai pas de partenaire. C’est sûr qu’il y a des moments où j’ai l’impression de conquérir le monde, et d’autres où je me questionne, où je me demande ce que je suis en train de faire. Dans ces moments-là, c’est important de s’appuyer sur son réseau, sur ses amis et sa famille. J’ai la chance d’avoir des amis qui me soutiennent beaucoup et qui sont là quand j’ai besoin d’un pep talk.

As-tu des mentors ou des gens qui t’inspirent?

Un jour, j’ai décidé de faire le ménage de mes réseaux sociaux et de ne suivre que des personnes qui m’inspirent vraiment. On est tellement sur nos cellulaires et sur nos écrans qu’on ne réalise même plus qu’on est exposé à des messages et à des images qui ne contribuent pas forcément à notre croissance personnelle. Il faut faire le choix de ce qu’on veut garder en tête! Parmi ces personnes qui m’inspirent? Amy Sall (@amy_sall) qui a un parcours qui m’intéresse beaucoup: elle arrive à naviguer autant un monde intellectuel et réfléchi que celui de la culture populaire, comme la mode. C'est correct d'utiliser son cerveau et d'aimer en même temps la mode, le linge et la culture populaire. Par ailleurs, Solange Knowles me rejoint énormément car elle est multidisciplinaire, comme moi qui porte beaucoup de chapeaux, même si je ne prétends pas être Solange! (rires) Le fait qu’elle soit capable d’être aussi sensible à la composition, au story telling visuel, aux couleurs, à la mode, à la danse contemporaine, à la musique ou à la direction photo, c’est quelque chose qui me parle énormément. C’est le fun pour moi de voir qu’on peut être une femme, une entrepreneure et une créatrice, bref, de vouloir faire beaucoup de choses!

Quand tu as besoin d’une pause, quel site web ou quelle application visites-tu?

Je suis quelqu’un qui procrastine énormément! (rires) Je fais juste zapper sur Internet, d’un article à une vidéo à Netflix... Quand je veux vraiment niaiser je vais sur Digg.com, je regarde ce qui s’est dit dans la journée puis je réalise qu’il est temps de me remettre au travail! En ce moment, j’essaye de remplacer Internet par le ménage, dès que l’envie me prend de procrastiner. Je ne sais pas si ça va durer: je déteste faire le ménage même si ça m’aide à déconnecter mentalement. (rires)

 

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