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Succès au féminin : rencontre avec BEYRIES, auteure-compositrice-interprète

Succès au féminin : rencontre avec BEYRIES, auteure-compositrice-interprète

BEYRIES, auteure-compositrice-interprète.
 
Photographe : Fany Ducharme

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Succès au féminin : rencontre avec BEYRIES, auteure-compositrice-interprète

Nous avons rencontré BEYRIES, de son vrai nom Amélie Beyries, auteure, compositrice et interprète, dans le cadre des conférences ELLE A DIT, une initiative des hôtels W en partenariat avec C2 MTL. Entretien avec une artiste touchante et authentique qui a récemment fait une entrée remarquée sur la scène musicale québécoise.  
 

Tu es auteur, compositrice, interprète. Au tout début de ta carrière, est-ce c’est ce que tu visais?

Comme profession, non je ne visais pas ça du tout!

Quel est le plus gros défi que tu as rencontré?

La recherche constante d’équilibre entre le fait d’avoir beaucoup d’attention (pendant les spectacles, notamment) et puis plus du tout par la suite. Apprendre tes chansons rapidement, te faire filmer, interviewer... Ce métier est vraiment particulier! Il faut savoir tout balancer. Je pense qu’on finit par se créer une zone de confort. Je suis en apprentissage constant.

Dans le milieu dans lequel tu évolues, est-ce que les femmes rencontrent des défis particuliers?

Les femmes prennent leur place de plus en plus dans le monde de la musique, mais je pense qu’il y a encore un manque en ce moment quant à la réalisation. Il y a beaucoup de chanteuses, d’auteures-compositrices interprètes, mais il n’y a pas beaucoup de femmes qui vont se lancer et dire: «Je vais t’aider à réaliser ton album». Je crois que c’est une question de confiance, d’expérience, d’intérêt. Le défi, c’est de se faire confiance et de faire sa place… peu importe le domaine! Je crois que si les femmes ont envie de réaliser, elles devraient foncer. Les femmes souffrent souvent du syndrome de l’imposteur, et se limitent plus facilement que les hommes. On a peut-être plus peur de l’échec…

Quel est le meilleur conseil professionnel que tu as reçu?

À mes premiers spectacles, alors que je faisais les premières parties de Louis-Jean Cormier, il m’a dit : «Il y a une différence entre le stress et le trac.» Le trac, c’est une bonne nervosité. C’est la joie et l’excitation d’aller rencontrer ton public. Chaque fois que je vais à la rencontre d’une salle remplie de gens, je me répète que ce que je ressens, c’est une belle nervosité.

Quelle est ta plus grande réalisation professionnelle?

Je suis fière d’avoir eu finalement le courage de me lancer en musique, malgré mon âge, malgré les gens qui m’entouraient qui m’ont beaucoup jugé. Si on regarde ça d’un point de vue rationnel, c’est vrai qu’il y a beaucoup d’appelés et très peu d’élus. Mais ma démarche était très personnelle, tout comme mes chansons. J’ai décidé de faire confiance aux gens. Je me dis que si j’étais humble, sincère et vraiment moi-même, les gens ne me lapideraient pas. Je pense que d’arriver dans cet état d’esprit a fait en sorte que les gens m’ont accueillie avec compassion.

Où puises-tu ton énergie créative ou ton inspiration?

Dans ma vie personnelle, évidemment. Je suis aussi une fanatique de documentaire. J’adore le cinéma, j’aime me faire raconter des histoires. Une chanson c’est une histoire, d’ailleurs! Je m’inspire aussi d’autres artistes, d’ici ou d’ailleurs. La musique du monde peut autant éveiller ma créativité que la musique folklorique ou classique. Une de mes pièces est inspirée à 100% par un documentaire. Un homme dans l’armée américaine qui a décidé de devenir une femme et qui a fait preuve de courage sans nom. J’avais vraiment envie de raconter son histoire. Moi, quand j’étais jeune, j’étais vraiment tom boy. Je pense que j’avais un certain fantasme d’être un gars, donc ce docu est venu chercher quelque chose de fort chez moi. Ça m’a beaucoup touché. Donc oui, on peut dire que je m’inspire vraiment de tout ce qui m’entoure!

Lors de moments de découragement ou de démotivation, comment fais-tu pour réussir à te remettre dans l’action?

C’est simple, je me dis : «T’as vraiment beaucoup de chance, t’es payée pour faire de la musique. Ferme ta yeule pis avance!» (rires) Je me dis que j’ai tellement de chance de faire ça dans la vie, d’être en santé et d’être entourée de gens bienveillants. On doit honorer les gens qui nous supportent et nous encouragent. Je crois qu’on a la responsabilité d’aller chercher le meilleur de nous-mêmes. En fait ce qui m’aide beaucoup c’est de passer quotidiennement du temps avec ma sœur, qui est mère de famille et illustratrice. C’est justement elle qui a fait le dessin de la pochette de mon album! C’est quelqu’un de très groundé, elle me permet de me laisser aller et elle me ramène à l’essentiel. Elle est très enracinée.

As-tu des mentors ou des gens qui t’inspirent?

Mon réalisateur Alex McMahon. C’est une inspiration pour moi. Elton John, Cat Stevens, Sarah McLachlan… Ce sont des artistes que j’adore. Sarah McLachlan c’est une artiste qui m’a beaucoup inspirée, pour son œuvre, mais aussi pour la femme qu’elle est. C’est une femme qui est très impliquée dans la communauté, elle a fondé des écoles de musique. Elle semble être très saine et prendre soin des gens qu’elle aime. Ça me rejoint.

Quand tu as besoin d’une pause procrastination, quel site web ou quelle application visites-tu?

C’est clairement Netflix! Je suis une adepte des séries et des documentaires. Sinon, je me suis mis à lire plus de livres. Je trouve que Netflix, c’est facile et ça peut devenir un peu aliénant à la longue. Je trouve que ça me ramollit le cerveau! (rires)

 

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