Travail

Profession agente de services correctionnels: une question de vocation

Agente de services correctionnels: une question de vocation

Nadine-Laure Ombang Auteur : ELLE Québec

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Profession agente de services correctionnels: une question de vocation

Prison Break, Orange Is the New Black, Unité 9: nombreuses sont les téléséries se déroulant en milieu carcéral, mais rares sont celles qui reflètent la réalité, selon les dires de Nadine-Laure Ombang, agente de services correctionnels au Centre de détention de Rivière-des-Prairies.

- Nadine-Laure Ombang
- Mi-trentaine
- Habite à Longueuil
- Agente de services correctionnels depuis 3 ans

« Les gens ont une idée du métier qui est totalement erronée, car ils se fient à ce qu’ils voient dans les films et les émissions de télévision, qui sont bourrés de stéréotypes. Ça donne une mauvaise image des services correctionnels. Ce n’est vraiment pas le travail que je fais et que j’adore », explique-t-elle, ajoutant que les chicanes et les batailles ne font pas partie de son quotidien.

Ce travail, qu’elle effectue depuis bientôt trois ans, elle l’apprécie tout particulièrement en raison de sa vocation, qui prône la réinsertion sociale. Ayant étudié en Science sociale et ayant travaillé à titre d’enseignante par le passé, Nadine-Laure était à la recherche d’un métier qui épouserait sa façon de voir les choses.

« Au début, j’avais des appréhensions, je ne savais pas trop dans quoi je m’embarquais, mais j’ai passé les entrevues, j’ai côtoyé le métier de près et j’ai compris que j’allais trouver ce que je cherchais dans cette voie », poursuit celle qui est originaire du Cameroun.

Évidemment, l’entourage de Mme Ombang n’était pas chaud à l’idée de la voir s’enligner dans cette direction, en raison de sa personnalité douce et posée, mais aujourd’hui, ils comprennent mieux sa décision et se réjouissent de la voir épanouie.

Tout est dans l’attitude

Selon Nadine-Laure, il n’est pas difficile de se faire respecter dans le milieu carcéral, et ce, que l’on soit une femme ou un homme. En fait, tout est une question d’attitude et de respect.

« Je crois que si tu donnes du respect, tu reçois du respect en retour », explique-t-elle.

« Je suis douce, c’est vrai, mais je sais imposer mon autorité. Par contre, ça n’a pas à être fait dans un climat de confrontation. Les personnes incarcérées sont des gens qui ont une tête sur les épaules et ils sont capables de comprendre quand ils ont dépassé les bornes, alors on n’a pas besoin d’abuser de notre autorité pour s’imposer », poursuit-elle.

Selon les dires de cette dernière, les femmes ont un rôle très important à jouer au sein des services correctionnels, car elles apportent un côté plus « soft » à ce cadre très rigide. Mais elles doivent demeurer alertes, car la manipulation est monnaie courante.

« La prison, c’est un peu comme la société en miniature, donc tout ce qu’on trouve à l’extérieur, on le retrouve à l’intérieur. L’intimidation et la manipulation existent, oui, mais je n’ai jamais vécu d’intimidation directe. C’est très rare de vivre des situations où l'on se sent en danger en fait car, encore une fois, ce n’est pas comme dans les films », réitère Nadine-Laure Ombang.

Éviter les jugements

Le métier d’agente de services correctionnels en est un très enrichissant sur le plan humain, selon Mme Ombang. Mais il faut le prendre sans arrière-pensées, sans idées préconçues, et ce, tant sur le métier que sur les personnes incarcérées.

« Il ne faut pas juger, ça aide à garder les pieds sur terre. Il faut faire ce qu’on a à faire en toute neutralité : c’est la clé de la réussite dans ce métier », conclut-elle.

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