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Les métiers méconnus de la mode: styliste

Les métiers méconnus de la mode: styliste

Sara Bruneau, styliste de mode. Photographe : Charles Briand

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Les métiers méconnus de la mode: styliste

L'univers de la mode évoque souvent des métiers glamours, tels que designer, photographe ou mannequin. Pourtant, une myriade de professions moins connues contribuent, elles aussi, à son essor. Rencontre avec Sara Bruneau, styliste de mode.

Quelles études avez-vous faites?

J’ai étudié le design de mode au Collège LaSalle.

En quoi consiste votre profession?

Quand je dis que je suis styliste, les gens pensent souvent que je conçois des vêtements. Or, mon rôle est de mettre en valeur les créations de designers ou, quand je travaille avec des marques, les collections de mes clients. Tout réside dans l’esthétique et l’agencement des vêtements en fonction des tendances actuelles et à venir.

Quelles sont les qualités humaines et les aptitudes nécessaires pour exercer votre métier?

Il faut vraiment être passionné et travailler fort, car c’est un tout petit milieu au sein duquel il n’est pas évident de se tailler une place. Mais la qualité première d’un bon styliste est d’avoir l’œil. Ensuite, je crois qu’il faut être un peu visionnaire et capable d’identifier les tendances actuelles et à venir. Avoir du «pif». Je m’informe et m’inspire sans cesse pour le cultiver, mais, ayant grandi dans cet univers (sa mère et sa tante étaient stylistes pour des magazines), j’ai la chance de l’avoir un peu naturellement. J’y vais donc beaucoup au feeling tout en étant très à l’écoute de mes clients.

À quoi ressemble une journée ou une semaine type?

Pour une séance photo, qui se prépare généralement sur une semaine, il y a tout d’abord une rencontre de préproduction avec le client. C’est là que je découvre la collection de vêtements ou d’accessoires et que je peux cerner sa vision du projet. On discute, on échange des idées, je fais part de mes suggestions. Une fois chez moi, je pars en quête d’inspiration visuelle, sur internet ou ailleurs. J’envoie parfois le résultat au client ou je le présente à mes assistants. S’amorce ensuite la phase de recherche, qui permet, selon nos besoins, de cibler les boutiques où on va acheter ou emprunter des pièces. Le jour de la séance photo, on arrive très tôt le matin, on se réunit pour une dernière rencontre de production avec le photographe et le client, que ce soit un designer, une marque ou un directeur artistique, et on révise le déroulement de la journée. Cette courte réunion sert à valider une dernière fois le concept ainsi que mes idées. Au terme du shooting, on remballe le tout et on s’attelle au retour des marchandises en boutique. 

Quelle facette de votre métier vous plaît le plus?

Je suis une vraie passionnée de mode, de tissus et de textures, depuis toute petite, alors gagner ma vie en jouant avec des vêtements, c’est le bonheur. Avec le temps et l’expérience, j’explore aussi davantage la direction artistique. Partir de zéro pour créer une image, une atmosphère, une histoire, j’adore ça!

Et si vous pouviez en changer un aspect?

On travaille beaucoup dans le rush, sur de courtes périodes. Si on avait un peu plus de temps pour nous préparer, je pense qu’on irait plus loin en imaginant des images encore plus exceptionnelles.

Quel conseil donneriez-vous à une jeune personne qui aspire à devenir styliste de mode?

Je lui dirais d’être patiente et persévérante, et que le meilleur moyen de se lancer dans ce métier est de commencer par assister un ou une styliste qu’on aime beaucoup. C’est comme ça que j’ai mis un pied dans cet univers, et c’est la clé. Mes études m’ont donné la base technique nécessaire, mais il n’y a rien de tel qu’apprendre d’un pro qui a du métier. L’assistant-styliste idéal connaît la mode et comprend le vêtement; il est à la fois discret, vif, observateur et il anticipe les besoins du styliste sans que ce dernier ait besoin de lui en faire part.

 

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