C'est pendant son adolescence qu'Anne a rencontré Philippe, un aumônier qu'elle épousera 12 ans plus tard.
À 14 ans, j'ai rencontré celui qui allait devenir mon mari. Il était prêtre. À l'époque, c'était l'aumônier de la maison de repos savoyarde où je reprenais des forces. Ma mère m'avait envoyée là pendant quelques mois afin que je me refasse une santé, et pour cause. Comme bien des enfants de la guerre, je souffrais d'anémie.
J'étais la plus âgée de l'établissement. Ne fréquentant pas les autres enfants, je me sentais un peu seule. L'aumônier, lui – il s'appelait Philippe –, se trouvait souvent en leur compagnie. Ce n'était pas forcément son rôle de passer autant de temps avec eux, mais il semblait beaucoup les aimer et il leur racontait des histoires. J'ai encore en mémoire un de ses récits sur les Amérindiens, ceux qu'il avait vus au Québec quand il avait rendu visite à sa famille qui y était installée. Des récits d'Indiens dans les années 50, ce n'était vraiment pas commun! Nous étions tous suspendus à ses lèvres.
Mon séjour s'est déroulé sans que rien de spécial se produise entre Philippe et moi. Je l'aimais bien. Ses manières, son attitude, son côté chaleureux me plaisaient, mais j'appréciais tout autant les autres moniteurs. Je l'ai rencontré une deuxième fois, alors que je passais dans la région. Mais là encore, rien de spécial. On a discuté ensemble, c'est tout.
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