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Un corps parfait d'Eve Ensler

Après le succès des Monologues du vagin, la comédienne et auteure américaine Eve Ensler continue d'explorer le regard des femmes sur elles-mêmes dans son one woman show Un corps parfait.

Par
Pascale Navarro
(3 personnes)
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Éloge de la responsabilité
Cet aspect de la responsabilité individuelle est central dans Un corps parfait: fini, les critiques acerbes à l'égard des grands patrons de la presse et de la mode. Si nous sommes complexées, c'est aussi de notre faute. «On a des choix à faire, observe l'auteure. Avec tout ce qu'on sait, après des décennies de féminisme, des tonnes de livres publiés sur la question du corps, de la féminité, etc., je me dis que nous ne devons nous en prendre qu'à nous-mêmes si nous subissons encore la dictature de la beauté. C'est en grande partie à cause de nous que les magazines présentent encore des adolescentes pour représenter LA femme, et que la mode valorise la minceur, pour ne pas dire la maigreur.»

À ce propos, d'ailleurs, Eve Ensler explique avoir interviewé plusieurs directrices de magazines féminins, et elles sont unanimes: «“Si on met en couverture des femmes plus rondes ou moins jeunes, les magazines ne se vendent pas!” affirment-elles. Vous vous rendez compte? Et après, on se plaint? C'est à nous de faire quelque chose au lieu d'incriminer les autres.»

Ces propos sont durs à entendre, avouons-le. Mais Eve Ensler comprend qu'on ne change pas les mentalités en quelques années. «Je sais que ce sont de grands mots, mais il faut admettre que l'imagerie occidentale, capitaliste, patriarcale et religieuse est extrêmement pesante. C'est ce qui fait qu'il est très difficile pour une femme, même si elle est féministe, de changer les choses d'un coup. Parce que nous sommes “construites” sur ces valeurs, notamment sur celle de la jeunesse.»

Penser par soi-même Comment changer cela? Selon Eve Ensler, on peut commencer par imposer notre différence – notre physique et nos goûts, entre autres. «Aujourd'hui, nous avons le choix de devenir femme sans nécessairement coller aux stéréotypes de la bonne ou de la mauvaise fille.» Par exemple, on peut proposer une image moins commune et convenue que celle de la fille belle, mince, douce et soumise. «Nous avons conquis une liberté de choix: on ne doit donc pas avoir peur d'être indépendante d'esprit, quitte à mettre plus de temps à trouver l'âme sœur! Car parfois, être une femme sûre de ses choix peut inspirer la crainte, mais c'est le prix à payer.»

Eve Ensler dit avoir écrit ce livre pour nous réconcilier avec nous-mêmes. «Notre propension à faire des choix qui nous rendent malheureuses – comme s'évertuer à être maigre quand on est constituée autrement, ou à s'imposer une image qui ne nous correspond pas – est dommageable pour notre estime personnelle. Selon moi, cela relève aussi d'un certain masochisme car nous consacrons encore trop de temps, d'argent et d'énergie à plaire aux autres. Et nous passons trop souvent outre à notre bonheur, à notre plaisir, à notre bien-être. Je sais que le masochisme est un thème tabou, mais il faudra bien qu'on s'y intéresse un jour.»

COMMENTAIRES.

  • Jeanne
    Published:
    2009-06-30 2:18 PM

    Un miroir magique.
    Il y a 10 ans j'ai appuyé contre le mur un long miroir vertical. Avec les années, il a courbé un peu et toutes les images qu'il réflète sont légèrement plus longues. Mon miroir triche et je triche avec lui.

    Chaque matin, nue dans ce miroir je me plais et sciemment je ne me regarde pas dans aucun autre miroir.

    Notre image est intérieure ...

    Miroir, miroir, dis moi que je suis belle !!
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