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Sur le divan avec Christina Aguilera

Rencontre à New York avec une chanteuse à la voix d'or qui s'assume jusqu'au bout des ongles.

Par
Judith Ritchie
(2 personnes)
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Je traverse pour jeter un coup d'oeil sur les chaussures du magasin qui se trouve juste en face. Je craque pour une paire de bottillons violets. J'essaie de capter l'attention de la vendeuse, mais sans succès. Elle est hypnotisée par toute l'agitation qui règne dans sa petite rue, normalement tranquille. «Je me demande bien qui se trouve à l'intérieur de l'hôtel?» s'enquiert-elle auprès de moi. «C'est Christina Aguilera. Elle accorde des entrevues pour le lancement de son nouveau parfum.» La voix cassée et les joues subitement cramoisies, la vendeuse me répond: «Christina Aguilera? LA Christina Aguilera? Oh my God!» Quelques minutes plus tard, elle avait déjà appelé toutes ses copines, et moi, j'avais fait une croix sur mes bottillons.

UN CANAPÉ POUR DEUX
18 h. Nous voilà au penthouse du Rivington avec, en arrière-scène, une vue à couper le souffle sur tout Manhattan et le Brooklyn Bridge. La relationniste nous accueille avec un large sourire: «Christina vous attend, vous pouvez vous présenter à elle, lui parler. Vous verrez, elle est très accessible et terre à terre.»

En tout, nous sommes six: cinq autres journalistes, venues principalement d'Europe, et moi, la seule Canadienne. Je me dirige lentement vers le salon et je distingue nettement la silhouette pulpeuse de la chanteuse pop. Elle est là, confortablement assise sur un grand canapé blanc, les yeux rivés sur son BlackBerry rouge. Décontractée mais tenant la situation en main (on sent tout de suite qu'elle est chez elle et que nous sommes ses invitées), elle nous salue l'une après l'autre. Je regarde rapidement la disposition du salon. Il y a trois canapés: le sien, et deux autres, un peu à l'écart, sur lesquels s'entassent timidement les journalistes. Moi, je décide plutôt de m'installer directement à côté de la star, sur le même siège. Après tout, là où il y a de la gêne, il n'y a pas de plaisir! Moins d'un mètre – et un mur de mystère – me sépare de la chanteuse. J'allume mon magnéto pendant que la relationniste nous explique les règles du jeu: «L'entrevue durera 20 minutes. Chacune d'entre vous aura d'abord le droit de poser deux questions. Ensuite, s'il reste du temps, Christina répondra à quelques questions plus personnelles. Vous pourrez vous faire prendre en photo avec elle et lui demander un autographe.»

Pendant ce temps, j'observe le nouveau look de Mme Bratman (la chanteuse a épousé le producteur Jordan Bratman le 19 novembre 2005). Ses cheveux, plus platine que ceux de Marilyn, lui donnent un air de poupée Barbie. Sa robe, griffée Emilio Pucci, est assortie à ses lèvres et à ses ongles laqués de rose fuchsia. On se croirait propulsé dans un tableau d'Andy Warhol. «Le pop art m'inspire, de même que l'énergie vibrante de Tokyo la nuit», admet-elle justement à propos de ses sources d'inspiration. «C'est une ambiance mystérieuse et sexy, mais aussi très excitante à cause du flot de couleurs et de lumière qui en émane. J'aime tout ce qui est visuellement attrayant. Je fais d'ailleurs un genre de collage mosaïque de tout ce qui m'inspire: des photos, des images... Je l'appelle mon moodboard. Lorsque je suis attirée par quelque chose de très beau, je l'intègre dans ma vie, que ce soit par mon look ou dans mon univers musical. Et je suis folle de packaging! Si je vois une jolie boîte dans un magasin, je ne peux pas m'empêcher de l'acheter, même si je ne sais pas ce qu'elle contient.»

Côté visuel justement, Christina sait y faire, pas de doute là-dessus. Son image de diva sexuellement affirmée, elle l'assume totalement. Tellement que j'ai du mal à me concentrer sur autre chose... que son décolleté. «Je suis pour les femmes qui sont fières de leur corps, confiait-elle dans le Elle britannique. La sexualité fait partie intégrante de mon art. D'ailleurs, j'aime beaucoup cette citation: “Les femmes qui se comportent bien ne font pas l'histoire.” La preuve? Prenez Madonna!»

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